En point de presse, mercredi après-midi, le directeur du CSSS de la Haute-Yamaska, Yves Fortin, a précisé que «la situation est toujours sérieuse, mais qu’elle est stable. À certains égards, elle s’est même améliorée.»
Depuis le début de l’éclosion, le 18 mai dernier, 22 personnes ont contracté le C. difficile. Au cours des cinq derniers jours, trois nouveaux cas ont été diagnostiqués. «On remarque un certain ralentissement», dit le Dr Michel Poirier, directeur des services professionnels au CSSSHY.
Quatre patients sont toujours hospitalisés et deux d’entre eux sont maintenant asymptomatiques. Ils demeurent toutefois en isolation.
«S’ils n’ont plus de critère d’hospitalisation, ils retournent à la maison, sinon ils restent isoler. La totalité des cas de C. difficile, ce sont des gens qui ont pris des antibiotiques dans les dernières semaines. La prise d’antibiotique déséquilibre la flore intestinale», indique M. Poirier.
Depuis la mi-mai, trois personnes sont mortes du C. difficile. Sans minimiser les décès, Yves Fortin et Michel Poirier précisent que les personnes infectées sont généralement des gens très hypothéqués, très vulnérables. «On ne minimalise pas. Ça explique la situation», précise le Dr Poirier.
Mesures prises
Malgré tout, la direction du CSSS demeure vigilante et une panoplie de mesures ont été mises en place, dont le traditionnel lavage des mains. À l’entrée de l’hôpital, les visiteurs doivent se désinfecter les mains à l’aide d’un gel à base d’alcool. Au troisième étage est et au cinquième étage ouest, des agents de sécurité sont postés à l’entrée des étages afin de contrôler les allées et venues des visiteurs.
«Il y a aussi l’isolement des patients. Il y a trois chambres dédiées à l’isolement et les chambres qui suivent sont libres afin de créer un espace tampon. Le personnel est aussi dédié à ces patients. Une grande désinfection a eu lieu la semaine passée. On a du personnel dédié au lavage», explique Michel Poirier. Un lavabo mobile a aussi été installé à l’entrée du troisième étage puisque le lavage des mains à l’eau et au savon demeure la meilleure solution préventive. «Au laboratoire, la capacité d’analyse a été augmentée. Les analyses sont plus fréquentes», ajoute le docteur Poirier.
«Il n’y a rien qui a été ménagé. Mon message au personnel, c’est faites-en plus que pas assez», poursuit Yves Fortin.
La fin?
Pour décréter la fin de l’éclosion, il faut que le nombre de cas de C. difficile redevienne «normal». «Par période de quatre semaines, on a entre zéro et deux cas. On doit avoir deux périodes de suite, soit deux mois de suite avec un niveau normal avant de dire que c’est la fin de l’éclosion», explique le directeur des services professionnels.
Ce dernier tient à rassurer les gens qui sont inquiets à l’idée de venir à l’hôpital pour des examens. «Dans notre plateau de services externes, il n’y a pas eu de cas. Les personnes qui n’ont pas pris d’antibiotique ont un risque quasi nul de contracter le C. Difficile», dit-il.
Il précise aussi que la bactérie ne se contracte pas par la voie des airs ou via des gouttelettes projetées, par exemple, par un éternuement. Elle s’attrape plutôt par contact direct. «Le lieu le plus propice, ce sont les toilettes. Le C. Difficile se trouve dans l’intestin», signale le Dr Poirier.

