«So-so-so, solidarité !» Ce classique des manifestations a retenti plus que jamais alors qu’une cinquantaine de représentants d’organismes communautaires ont remis, mardi après-midi, un «carré rouge» grand format au bureau cowansvillois du député provincial Pierre Paradis.
Des membres d’organismes de la région, dont Action Plus Brome-Missisquoi et Entrée chez Soi, ont tenu – alors que débutait une importante manifestation à Montréal – à souligner à leur manière le 100e jour de grève étudiante au Québec. Ils en ont profité pour exprimer leur colère face à l’adoption de la loi 78, qui encadre entre autres le droit de manifester.
«Ce n’est pas tout le monde qui pouvait partir pour aller manifester à Montréal. On a donc voulu, à notre manière, souligner que nous sommes en désaccord avec l’attitude des Libéraux. Au-delà des manifestations étudiantes, c’est un véritable problème de société que nous vivons. Le gouvernement nous enlève le droit à la libre expression avec cette loi spéciale. Et le droit à l’éducation, c’est primordial», atteste Jacynthe Tremblay, d’Action Plus Brome-Missisquoi.
Nancy Di Vincenzo, de L’Éveil, croit que les organismes communautaires doivent faire entendre leur opposition aux actions du gouvernement libéral.
«Nous représentons, par nos actions sur le terrain, la voix du peuple. Et on a le droit se faire entendre, même si ça ne fait pas nécessairement l’affaire du gouvernement», dit-elle.
Richard Leclerc, candidat péquiste dans Brome-Missisquoi, a appuyé les revendications des organismes communautaires.
«Depuis 100 jours, on continue tous de se battre pour des valeurs qui nous tiennent à cœur, alors que le premier ministre Jean Charest n’assiste même pas aux négociations entre Québec et les étudiants», soutient-il.
M. Leclerc n’a par ailleurs pas été surpris d’apprendre que le député Paradis s’est absenté, peu avant la tenue du vote sur la loi spéciale.
«C’est du Pierre Paradis tout craché. Ce n’est pas la première fois qu’il agit contre son chef», mentionne-t-il en souriant.
Christelle Bogosta, d’Entrée chez soi – et vice-présidente de l’Association du Bloc québécois dans Brome-Missisquoi – en veut au Parti libéral pour, selon elle, «avoir bafoué la Charte québécoise des droits de la personne».
«C’est mon beau-père, Maurice Champagne, qui est l’artisan de cette charte. Les Libéraux ne respectent pas l’essence de ce document, qui se fonde sur des valeurs de justice, de liberté et de paix», allègue-t-elle.
Le député Paradis était absent. Son attachée politique, Louisette Hébert, a cependant confirmé aux représentants d’organismes communautaires, qu’elle lui transmettra leur message.
