L'agrile du frêne surveillé de près à Granby


Publié le 18 avril 2017

Le pic de l'agrile du frêne pourrait survenir en 2020 selon le coordonnateur de la division de l'environnement de la Ville de Granby, Serge Drolet.

©TC Media -Archives

ENVIRONNEMENT. Afin de lutter contre la propagation de l'agrile du frêne, la Ville de Granby a réalisé un inventaire en 2016 de tous les frênes présents sur son territoire. Plus de 2 300 ont été répertoriés tant dans le domaine privé que public. De ce nombre, près de 185 frênes ont été traités grâce à un pesticide utilisé par les employés municipaux.      

«Les frênes sont traités aux deux ans par un pesticide nommé le TreeAzin. Nous sommes rendus à 149 arbres abattus depuis 2013 sur le territoire de Granby. On s'attend à un pic de l'agrile du frêne en 2020. Ça va toucher les arbres publics et privés», affirme Serge Drolet, le coordonnateur de la division de l'environnement à la Ville de Granby.  

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Serge Drolet, coordonnateur de la division de l'environnement à la Ville de Granby

Selon M. Drolet, le développement de l'agrile du frêne suit une courbe bien précise. «Ça prend trois ans à cet insecte pour tuer un arbre. L'agrile est arrivé chez nous vers 2006 ou 2007 et le tout a été découvert en 2008», ajoute-t-il.

De nouveaux insectes sur le point d'arriver

Le coordonnateur de la division de l'environnement de la Ville de Granby revient d'ailleurs d'un colloque qui se penchait sur cette question. Une rencontre très enrichissante à ses yeux. «D'autres sortes d'agrile pourraient arriver au Canada en raison de la mondialisation des marchés. C'est souvent dans les palettes de bois qu'on retrouve ces insectes et c'est l'agence d'inspection des aliments qui surveille le tout», confie M. Drolet.

L'un des insectes qui sera particulièrement observé au cours des prochaines années est le longicorne asiatique, un insecte particulièrement dangereux avec les érables et les bouleaux. «Il a été trouvé à Toronto en 2013. Il n'y a pas d'infestation, mais il est présent au pays. Pour le moment, nous ne l'avons pas vu au Québec. Ça pourrait être la menace la plus sérieuse au cours des dix prochaines années», avance Serge Drolet.

Des recherches en cours

Dans sa lutte contre l'agrile du frêne, la Ville de Granby souhaite laisser le temps aux entreprises et aux universités de développer des techniques efficaces jumelées à des mesures intégrées. «À Montréal par exemple, ils travaillent avec une guêpe. C'est le prédateur naturel de l'agrile du frêne. Il y a des tests à ce sujet. À d'autres endroits, ils utilisent des champignons microscopiques», indique M. Drolet.

La division de l'environnement de la Ville de Granby planche sur de nouvelles idées afin de conserver les arbres abattus. «En raison de la présence de l'agrile, est-ce que ça pourrait  être un moyen de donner une deuxième vie au bois? On aimerait trouver des acteurs locaux ayant besoin de frêne afin que ceux-ci trouvent une seconde vie au bois d'abattage. Un mandat en ce sens sera donné au Conseil québécois des espèces envahissantes», conclut M. Drolet.   

Pour plus d'information sur l'agrile du frêne, vous pouvez consulter le site web de la Ville de Granby au www.ville.granby.qc.ca

Le frêne à Granby

2 313 frênes sur le territoire

1 053 frênes publics

1 260 frênes privés

183 frênes traités au TreeAzin (pesticide)