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Sur les traces du métal et du paternel

Marilyne Doucet


Publié le 19 avril 2017

2017 sera une année de consolidation pour Marilyne Doucet, nouvellement directrice générale d'Acier et Métaux Doucet, à Granby.

©TC Media - Mathieu Majeau

PERSONNALITÉ. Marilyne Doucet connaît le monde du métal et de la ferraille comme le fond de sa poche et elle n'a pas peur de se salir les mains. Âgée de 38 ans, elle baigne dans l'entreprise familiale depuis l'âge de 16 ans et depuis quelques semaines, elle a racheté les parts de son père et occupe le poste de directrice générale. Une décision qu'elle n'est pas prête de regretter.  

Acier et Métaux Doucet est située sur la rue Saint-Charles-Sud à Granby. L'entreprise a célébré ses 25 ans d'existence février dernier et compte plus d'une vingtaine d'employés. Celle-ci recycle des métaux depuis ses tout débuts. Elle offre notamment un service de conteneurs aux industries de la région de Granby qui ont des rebus de métaux à se débarrasser.

Je venais faire des jobines. J'ai monté tous les échelons. J'ai réussi à faire mon chemin. Bien que j'aie été tentée par d'autres métiers, je revenais toujours dans l'entreprise familiale. Au début, je faisais le ménage et maintenant, je suis à la direction générale

Marilyne Doucet, directrice générale chez Acier et Métaux Doucet

Acier et Métaux Doucet offre également un service aux particuliers qui peuvent aller porter du matériel directement sur place. «Les gens qui ont une laveuse ou une sécheuse qui est finie peuvent être acheminés chez nous plutôt qu'à l'écocentre. En plus, je vous paie. Tous les métaux ont une valeur», mentionne la femme d'affaires âgée de 38 ans.

Le domaine de la ferraille connaît un certain regain de vie puisque les prix ont doublé en l'espace d'un an. Afin de traverser la crise des métaux, l'entreprise a dû diminuer certaines dépenses, renégocier divers contrats et optimisé les méthodes de travail. «De nombreux facteurs peuvent influencer le marché, dont la force du dollar, la demande sur le marché de l'exportation de même que le besoin des aciéries de l'Amérique du Nord», concède Mme Doucet.

Le passage du flambeau

En plus du rachat de l'entreprise familiale, Marilyne Doucet, a fait l'acquisition d'une entreprise de Sherbrooke Olympique Métal. L'entrepreneure estime qu'il s'agit d'une décision stratégique. «Nous desservions déjà des industries de cette région et en plus, nous avons un manque d'espace à Granby. Ainsi, on pourra répartir les transports vers le site le plus près. Il y a plusieurs atouts à cette transaction soit la position géographique, la superficie du site et l'expertise des employés», lance-t-elle.

Quant au projet de relève, celui-ci s'est étalé sur trois ans. «Nous avons regardé plusieurs scénarios. Nous avons reçu une offre intéressante de l'entreprise Fer et Métaux Américains (entreprise de Montréal) qui a su plaire aux deux parties», mentionne Marilyne Doucet.

Aujourd'hui âgée de 38 ans, Marilyne Doucet beigne dans l'entreprise familiale depuis l'âge de 16 ans. Se considérant comme une fille d'action, elle a un fort désir pour la prise de décision. «J'ai suivi des formations qui m'ont beaucoup aidée à devenir une entrepreneure. Mais avant tout, j'avais ça dans le sang. J'ai vu mon père aller et j'ai suivi ses traces. Si mon père n'avait pas eu son entreprise, je me serais parti quelque chose», confie-t-elle.

Mme Doucet reconnaît que le transfert d'entreprise entre deux générations n'est pas une chose toute simple. «Malheureusement, c'est plus rentable de vendre aux autres qu'à sa propre famille. C'est l'une des raisons pour laquelle notre décision a été réfléchie et mûrie», affirme-t-elle.

Implication sociale

La nouvelle directrice générale d'Acier et Métaux Doucet trouve important le fait d'être impliquée au niveau social. En plus de donner du temps dans le réseau des femmes d'affaires, elle s'implique dans différentes activités. «J'aime bien participer aux activités de la Fondation du Centre hospitalier de Granby. Par exemple, les courses de bateaux-dragons», note-t-elle au passage.

Un milieu masculin

Marilyne Doucet est consciente qu'elle évolue dans un milieu typiquement masculin et elle vit très bien avec tout ça. «Ce ne fut pas facile au début. J'ai été étiquetée comme étant la fille à papa pendant un petit bout. Après un certain temps, ça s'est arrêté. Les gens ont vu que j'étais capable de parler de mon domaine», affirme la femme d'affaires.

Cette dernière encourage  les filles à foncer dans et à se lancer dans le monde des affaires. «Elles doivent essayer des métiers non traditionnels. Nous avons notre place. Il ne faut pas avoir peur d'essayer de nouvelles choses», ajoute-t-elle.

Les projets de l'entreprise

L'entrepreneure compte bien savourer chaque instant de l'année 2017, qui en sera une de consolidation. À plus long terme, elle souhaite uniformiser les pratiques des deux sites (Granby et Sherbrooke). «Il va y avoir de l'apprentissage et du partage de connaissance. Nous avons une année d'adaptation à réaliser. Il faut aussi trouver des solutions pour que ce soit rentable», indique Marilyne Doucet.

Parmi les autres projets qui retiendront son attention, il y a l'installation d'un nouveau bâtiment sur la rue Laurent à Granby.