Sections

«Le CHSLD est un coin paisible. On doit protéger l'endroit»_Annie Gaudreau

Fermeture d'un CHSLD à Waterloo


Publié le 12 juillet 2017

Accompagné de son frère, Annie Gaudreau se questionne sérieusement sur le volet humaniste du CIUSSS depuis l'annonce de la fermeture du CHSLD de Waterloo. «Le code d'éthique du CIUSSS parle d'humanisme. Je n'ai pas vu beaucoup d'humanisme dans ce dossier-là», affirme la résidente de Shefford.

©TC Media - Mathieu Majeau

SANTÉ. L'annonce de la fermeture du CHSLD Horace-Boivin à Waterloo continue de susciter les réactions. Plusieurs résidents de Waterloo et des municipalités environnantes se disent interpellés par la récente décision du CIUSSS de l'Estrie-CHUS. C'est le cas d'Annie Gaudreau, une résidente de Shefford et sœur d'un résident de l'endroit depuis plus de trois ans.
 

La nouvelle s'est répandue comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux. Lancé sur Facebook par une employée du centre, le groupe Sauvons notre CHSLD de Waterloo compte déjà sur le soutien de plus de 1 600 personnes.

Annie Gaudreau a décidé de s'impliquer afin de faire renverser la décision. «Le but d'être présent sur Facebook était en premier lieu pour informer la population que quelque chose se passait. J'ai appris la fermeture du CHSLD dans les médias. C'est très frustrant», explique-t-elle.

Après avoir appris la mauvaise nouvelle par la bouche des médias, la Sheffordoise soutient avoir reçu une lettre de la part du CIUSSS abordant le projet de bonification des places en CHSLD en Haute-Yamaska. «J'ai aussi eu un coup de téléphone de la part de la coordonnatrice de l'établissement pour une rencontre familiale», souligne celle qui est bénévole à l'établissement où réside son frère.

Bien qu'elle ne blâme pas la direction du centre, Annie Gaudreau se questionne sur les raisons d'une rencontre à laquelle elle a assisté, il y a quelques années et qui portait sur l'état de l'établissement. «À l'époque, on nous avait dit qu'il y avait des plans et devis et qu'ils étaient en préparation afin de rénover le bâtiment. Que s'est-il passé? Là, on se fait annoncer que le bâtiment est vieux. Je me demande pourquoi, ils ont attendu si longtemps avant de nous en parler», laisse-t-elle entendre.

L'aidante reconnaît tout de même que l'immeuble est quelque peu désuet. «Je n'ai jamais vu des moisissures. Il n'y a pas de galets de plafond qui sont tombés. Les coins des planchers ne relèvent pas. On aurait aimé avoir plus de détails sur le niveau de désuétude. Lorsque la famille a rencontré une responsable, elle a parlé de la largeur des portes intérieures et de l'ascenseur», note-t-elle.

Mme Gaudreau se questionne sérieusement sur le volet humaniste du CIUSSS. «Le code d'éthique du CIUSSS parle d'humanisme. Je n'ai pas vu beaucoup d'humanisme dans ce dossier-là».  

La citoyenne a assisté à la séance du conseil municipal de Shefford qui avait lieu le 4 juillet dernier. Les élus ont notamment approuvé par voie de résolution les démarches entreprises par Waterloo. «L'immeuble est situé à Shefford. Comme ça touche la municipalité, j'étais heureuse de cet appui», s'exprime-t-elle.

Un coin paisible

Le frère d'Annie Gaudreau réside au CHSLD de Waterloo depuis trois ans et demi. Âgé de 49 ans, celui-ci est atteint d'Épilepsie et de divers problèmes physiques. «Nous avions décidé d'envoyer Stéphane à Waterloo. Nous sommes de Lac-Brome. Auparavant, il était dans un établissement de Laval au sixième étage. C'était du béton mur à mur. À Waterloo, il y a un esprit de calme et de nature. Il s'agit d'un endroit où l'on accepte des bénéficiaires plus jeunes que 60 ou 65 ans. C'est quand même récent que ces établissements acceptent ces gens-là», poursuit-elle.

Suites des choses

Le regroupement de citoyens qui souhaite sauver le CHSLD de Waterloo donnera la chance au CIUSSS de l'Estrie-CHUS de revoir sa position dans le dossier. «On va être sage. Nous n'allons pas descendre à Québec. Oui, il y a un mouvement avec les municipalités environnantes et on est capable de montrer aux instances qu'on se tient debout et que nous voulons trouver une solution», assure Mme Gaudreau.

«Je suis allée cogner au bureau de mon député. S'il n'y a pas d'ouverture, l'idée d'une pétition pourrait faire son chemin. Certaines personnes nous ont demandé de mettre en place un tel document. Par contre, on va laisser les élus travailler et ultimement, une marche citoyenne pourrait avoir lieu si rien ne débloque.», conclut Annie Gaudreau.