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«Un début», estime l'industrie touristique

Entente entre Airbnb et Québec sur la taxe sur l'hébergement


Publié le 6 septembre 2017

Les aubergistes voulant accueillir des clients doivent être certifiés par la Corporation de l'industrie touristique du Québec (CITQ), ce qui n'est pas le cas des hôtes Airbnb, même s'ils devront désormais payer la taxe sur l'hébergement (TSH) du provincial.

TOURISME. La récente entente intervenue entre le provincial et Airbnb quant au versement de la taxe sur l'hébergement (TSH) est un pas dans la bonne direction, estime l'industrie touristique régionale.

Par Roxanne Langlois

À compter du premier octobre, les personnes louant par l'entremise de la plate-forme Web devront, à l'instar des hébergements dits traditionnels, percevoir la TSH de 3,5% dès la première nuitée et la reverser à Québec. Les associations touristiques régionales (ATR) reçoivent ensuite ces montants à des fins de promotion et de développement.

Pour Tourisme Cantons de l'Est, on estime à 150 000$ le revenu supplémentaire qui sera généré grâce à l'apport d'Airbnb, sur un budget annuel de deux millions $. Sa directrice générale, Francine Patenaude, salue l'entente, mais rappelle que la TSH n'en est pas le seul enjeu.

En effet, Tourisme Québec a également transféré à Revenu Québec le droit de percevoir la taxe, ainsi que le mandat de mener de la sensibilisation auprès des gens opérant dans l'illégalité. «C'est vraiment un début. Ça a beaucoup plus de mordant que quand c'était à la charge du ministère du Tourisme», défend Mme Patenaude. Revenu Québec travaille d'ailleurs à mettre sur pied une brigade de 25 inspecteurs affectés à ces tâches. Mme Patenaude accueille cette nouvelle avec optimisme, mais aurait voulu qu'ils soient encore plus nombreux au sein de cette équipe, voire «une centaine».

Confusion pour les clients?

Saluant cette nouveauté, le président de l'Association des gîtes touristiques Magog-Orford (AGTMO), Richard Grenier, craint néanmoins une certaine confusion. «Beaucoup de gens vont s'imaginer que ces lieux d'hébergement-là sont conformes parce qu'ils payent une taxe d'hébergement. […]En réalité, il n'y a rien de légal à part que le gouvernement leur arrache une taxe», défend-il. M. Grenier croit d'ailleurs que plusieurs parviendront à déjouer cette nouvelle directive.

Le regroupement, qui rassemble 22 propriétaires, milite auprès de la Ville de Magog depuis déjà deux ans pour qu'elle contre activement l'hébergement illégal sur son territoire. La mairesse Vicki May Hamm a même été mise en demeure par l'AGTMO en septembre 2016, qui jugeait que l'élue faisait preuve de laxisme dans ce dossier.

Un employé a finalement été mandaté par l'administration municipale d'inspecter et de sensibiliser les fautifs en février. L'Association estimait, l'an dernier, que quelques 300 personnes louaient via d'Airbnb dans le secteur Magog-Orford.

Un dossier complexe

Tourisme Cantons de l'Est revendique toujours auprès de Québec une réelle obligation de classification des locateurs d'Airbnb, afin que la concurrence déloyale décriée par de nombreux acteurs de l'industrie soit reléguée aux oubliettes. Francine Patenaude concède néanmoins que ce dossier, auquel s'intéresse l'association touristique depuis quatre ans déjà, arbore une certaine complexité.

«Ce nouveau type de commerce-là, il est nouveau à travers la planète, pas juste au Québec. Et pour un gouvernement, c'est sûr que ce n'est pas évident de se tourner de bord rapidement», admet-elle. Cette dernière ajoute qu'il est désormais impossible d'ignorer l'économie collaborative, qui a aussi gagné les transports et la restauration.

Tourisme Cantons de l'Est compte 1000 inscriptions. De ce nombre, 307 sont reliées à des institutions d'hébergement, dont 67 sont des Bed and Breakfast, plus directement touchés par l'essor de la plate-forme de réservation. En date du premier juillet dernier, 22 300 hôtes québécois étaient actifs sur Airbnb.