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Airbnb: «l'injustice» loin d'être rectifiée, selon des aubergistes


Publié le 6 septembre 2017

Camil Duchesne fait valoir que les locateurs Airbnb devraient, comme les opérateurs de gîtes, défrayer des taxes commerciales. M. Duchesne rappelle que le taux de taxation résidentielle à Granby est fixé à 0,82$ du 100$ d'évaluation, contre 1,82$ pour le commercial.

©(Photo: TC Media-Éric Patenaude)

TOURISME. Le fait que les hôtes Airbnb devront dorénavant défrayer la taxe sur l'hébergement (TSH) est bien loin de sceller le débat. Des aubergistes poursuivent en effet leur croisade contre ce qu'ils estiment être «une injustice».

Par Roxanne Langlois

Camil Duchesne est propriétaire avec sa femme Ginette Canuel du gîte À La Maison DuClas de Granby. Le retraité fait valoir que les locateurs Airbnb devraient, comme les opérateurs de gîtes, défrayer des taxes commerciales. M. Duchesne rappelle que le taux de taxation résidentielle à Granby est fixé à 0,82$ du 100$ d'évaluation, contre 1,82$ pour le commercial. Ayant informellement interpellé le maire Pascal Bonin à ce sujet, il raconte que ce dernier lui a répondu d'adresser une plainte à la Ville à l'encontre des fautifs.

«Pour me plaindre officiellement, je dois avoir l'adresse exacte. Et pour avoir l'adresse, il faudrait que je réserve au moins une nuit sur Airbnb. Je ne vais quand même pas payer 100$ pour faire une plainte», fait valoir celui qui présidait jusqu'à récemment le Regroupement des gîtes Granby Bromont et région, qui a cessé ses activités.

Ce dernier attend l'issue des élections municipales de novembre pour reprendre ses représentations auprès du conseil, mais compte définitivement poursuivre son combat contre ceux qu'il juge «hors la loi». Un autre propriétaire de gîte dans Magog-Orford, Richard Grenier, décrie lui aussi cette situation. L'excédent de taxes qu'il verse à la Ville de Magog varie entre 1500 à 2000$ chaque année.

Des clients «brûlés»

M. Grenier rappelle que ces lieux d'hébergement dépourvus de classification n'offrent aucun sceau de qualité aux clients. Pire: selon lui, certains d'entre eux font de l'ombre aux «vrais» aubergistes. À son avis, de mauvaises expériences vécues par des clients via Airbnb peuvent les pousser à tourner le dos aux réels Bed and Breakfast. «Ils nous brûlent des clients», défend le propriétaire du gîte Au coq du Bonheur, situé à Magog.

Quant à M. Duchesne, il doute sérieusement que la nouvelle brigade de 25 inspecteurs prévue par Québec change réellement la donne. «D'après moi, ils vont d'abord se concentrer sur Montréal et Québec bien avant d'aller dans des régions, par exemple dans des endroits comme Granby, Bromont, Waterloo ou Saint-Hyacinthe», soutient-il.

À Granby seulement, 46 possibilités d'hébergement sont affichées sur le site Airbnb.