«10 ans déjà. Ça passé extrêmement vite!»_François Bonnardel


Publié le 22 mars 2017

De son propre aveu, François Bonnardel, confirme que dix ans en politique, c'est énorme. La moyenne en politique provinciale est de six ans et demi.

©TC Media - Nicolas Racine

POLITIQUE. Le 26 mars prochain marquera un tournant important dans la carrière politique de François Bonnardel. Il y a dix ans, le député caquiste de Granby faisait son entrée à l'Assemblée nationale. Granby Express est allé à sa rencontre afin de revivre certains événements marquants de cette décennie politique.

«C'était comme un retour à l'école et que tu commençais le primaire ou le secondaire. Il y avait beaucoup de fébrilité et de nervosité qui m'habitait. En politique, il n'y a pas de mode d'emploi pour arriver dans la maison du peuple. Évidemment, le désir de vouloir bien faire était présent puisque je voulais que les citoyens qui m'ont élu soient fiers», raconte le député de Granby.

De son propre chef, François Bonnardel estime avoir vécu un début de carrière politique en cinquième vitesse. À ses débuts, il avait hérité du poste de whip, ce qui représentait une charge de travail supplémentaire.

«À cette époque, je m'étais lié d'amitié avec Norm McMillan qui occupait le poste de whip chez les libéraux. Je peux dire qu'il a été un bon coach pour moi en 2007. J'avais posé plusieurs questions afin qu'il puisse m'aider», se remémore le politicien.

Aux yeux du député de la Coalition avenir Québec, l'assermentation au Salon rouge de Québec a été un autre moment marquant.

«Être assermenté, c'est quelque chose de spécial. Tu es avec la famille et les amis. C'est là que tu mesures jusqu'à quel point tu es privilégié de faire partie des 125 députés. C'était un moment inoubliable», indique-t-il.

Même s'il n'est pas un politicien de carrière, François Bonnardel a toujours été attiré par la politique. Au fil des années, il a lu différentes biographies sur différentes personnalités ayant marqué la politique québécoise, dont Mario Dumont, Jacques Parizeau, René Lévesque et Brian Mulroney. Natif de Verdun, François Bonnardel a évalué ses options avant de se lancer.

«J'attendais le bon moment. Je me disais que Granby serait un bel endroit pour faire de la politique. J'adorais la ville et la région. Je me suis fait une tête politique. Avec mon entreprise de l'époque, je questionnais les clients sur différents sujets politiques. À la fin de ma réflexion, je me retrouvais beaucoup avec Mario Dumont. C'est le choix que j'ai fait. Les libéraux étaient présents dans le comté de Shefford et je sentais que les électeurs avaient soif d'un changement», commente-t-il.  

Des bons coups

Au cours des dix dernières années, François Bonnardel souligne que plusieurs bons coups ont caractérisé sa vie politique. À son avis, l'un des moments forts a eu lieu lorsque le Parti québécois lui a demandé d'écrire un projet de loi sur les mines.

«Quand on était sous le gouvernement péquiste en 2013, les libéraux n'étaient pas capables de faire adopter une loi sur les mines. À l'époque, le président du Conseil du trésor, Stéphane Bédard, était venu me voir pour que j'écrive cette loi. Ce fut un moment très valorisant», ajoute le député de Granby.

Sur la scène locale, François Bonnardel ne peut passer sous silence l'immense travail entourant le programme de génie mécanique au Cégep de Granby.

«Il y a eu quatre ministres et deux directeurs généraux. Les autorités municipales ont aussi travaillé très fort. Nous avons amené ce dossier tout le monde ensemble. Il y a eu des embûches et il a fallu recommencer à quelques reprises», rappelle-t-il fièrement.

Un dossier inachevé

Pendant ses dix ans à l'Assemblée nationale, François Bonnardel, aurait aimé que l'hôpital de Granby devienne un centre intégré de santé et de services sociaux local. Selon lui, la transformation des agences de santé par le gouvernement a fait mal à Granby.

«J'aurais voulu que Granby, Saint-Jean et Sorel puissent avoir son propre regroupement. Je ne dis pas que les décisions se prennent loin de chez nous, mais de voir notre hôpital sans direction spécifique, c'est difficile», affirme-t-il.

Le cynisme toujours présent

Depuis ses débuts en politique active, François Bonnardel, estime que le cynisme de la population envers les politiciens n'a cessé de croître au fil des ans.

«Avec les années, on n'a pas gagné nos lettres de noblesse en dix ans. Le cynisme est toujours aussi important. On n'a qu'à regarder ce qui s'est passé en Europe, aux États-Unis, en Alberta avec les conservateurs et plus récemment avec le Brexit. Les gens ont une écoeurantite des promesses rompues par les politiciens», note-t-il.

Selon le député de Granby, le rôle de l'opposition dans un parlement est de trouver un équilibre entre les propositions et l'opposition.

«C'est bien beau chialer, mais si tu ne proposes rien, tu sers à quoi? L'authenticité est une qualité importante tout comme l'écoute et le franc-parler. Il faut que les gens sentent que tu es là pour les bonnes raisons», conclut-il.

Les rendez-vous électoraux de François Bonnardel

Élections du 7 avril 2014

Plus de 18 000 électeurs votent pour lui (53,04%). Il l'emporte avec une majorité de plus de 10 000 voix.

Élections du 4 septembre 2012

Près de 20 000 électeurs optent pour le candidat de la CAQ (52.14%). Le député sortant de Granby gagne avec une majorité de plus de 11 000 voix.

Élections du 8 décembre 2008

Plus de 11 000 électeurs choisissent le représentant de l'ADQ, à l'époque (34,63%). Il triomphe avec une mince majorité de 70 voix.

Élections du 26 mars 2007

François Bonnardel fait son entrée à l'Assemblée nationale en défaisant le libéral Bernard Brodeur en vertu de la confiance de plus de 16 000 électeurs (42,11%). Il obtient son premier mandat avec une majorité de plus 5700 voix.