Les entreprises de la Haute-Yamaska invitées à embaucher plus d'immigrants

Mathieu Majeau mathieu.majeau@tc.tc
Publié le 6 octobre 2016

De gauche à droite sur la photo: Céline Gagnon, conseillère en emploi au SERY; Derek Tremblay, directeur général de la Chambre de commerce Haute-Yamaska et région; Katleen Taylor, responsable de la régionalisation au SERY; Johanne Ouellet, directrice générale SERY et Lisette Richard, conseillère en emploi pour le SERY.

©TC Media - Mathieu Majeau

IMMIGRATION. La Chambre de commerce de la Haute-Yamaska et région (CCHYR) et Solidarité ethnique régionale de la Yamaska (SERY) lancent un cri du cœur afin de sensibiliser les employeurs de la région à embaucher beaucoup plus d'immigrants.

Cette sortie médiatique des deux organismes fait suite à une situation vécue récemment par une quinzaine d'immigrants qui travaillaient pour un sous-traitant au sein d'une entreprise de pommes de la région. «Les travailleurs étrangers et l'entreprise avaient convenu de trois jours de formation afin qu'ils puissent s'acclimater à ramasser des pommes. Après la première journée, l'employeur aurait dit aux travailleurs que la qualité du produit était très bonne, mais qu'ils n'étaient pas assez rapides. Après la deuxième journée, ils ont été remerciés. Par contre, ils avançaient  dans les objectifs fixés de jour en jour», a mentionné lors du point de presse la conseillère en emploi au SERY Lisette Richard.

La CCHYR et l'organisme SERY s'unissent pour changer les perceptions et les préjugés auprès des commerces, industries et entreprises agricoles de la région. «Non seulement la situation doit changer, mais nous devons intervenir et donner l'opportunité à chacun», estime le directeur général de la Chambre de commerce de la Haute-Yamaska et région Derek Tremblay.

De son côté, le SERY offre des formations sur l'employabilité. L'organisme indique recevoir annuellement 300 CV de personnes immigrantes qui viennent s'installer. L'an dernier, 229 CV ont été acheminés à des entreprises de la région pour des postes qui étaient affichés et qui demandaient une certaine qualification. De ce nombre, 20 personnes ont été convoquées pour une entrevue et 15 ont obtenu un poste.

Pour le SERY, le fait que les entreprises se tournent vers l'employabilité des immigrants est bon pour l'économie de la région. «Granby est une ville d'accueil reconnue dans la province. C'est même un exemple au Québec. Par contre, ce qui nous reste, c'est de développer le côté de l'employabilité. Un immigrant qui ne travaille pas, c'est quelqu'un qui ne s'intègre pas», souligne la directrice générale de Solidarité ethnique régionale de la Yamaska Johanne Ouellette. Selon des données de l'organisme SERY, 70% des entreprises du Québec n'ont pas d'immigrants au sein de leur personnel. Une statistique qui désole la Chambre de commerce Haute-Yamaska et région et Solidarité ethnique régionale de la Yamaska. «Le message que l'on veut envoyer aux entreprises, c'est de ne pas avoir peur des employés immigrants. Et pour les employeurs qui pensent qu'ils sont lents, ça se peut, mais ils vont travailler au même rythme et ils sont constants. C'est comme si vous adoptiez ces gens-là. Après le premier, vous allez en vouloir d'autres», ajoute Mme Ouellette.

Le SERY collabore aussi avec Emploi-Québec pour des subventions salariales aux employeurs à hauteur de 50% du salaire minimum. «On est toujours à la recherche de financement pour l'intégration des immigrants. C'est un défi quotidien. Qui serait prêt à nous aider au développement de stage?», se questionne Johanne Ouellette.