Le «vroum-vroum» de sa moto dérange

Une simple randonnée à moto à Granby a pris une tournure inattendue pour Claude Brodeur le mois dernier. Intercepté par un policier du service de police de Granby, le motocycliste de Saint-Paul-d’Abbotsford s’est vu remettre une contravention de 156$ pour un silencieux non conforme. Un excès de zèle au dire du motocycliste.

 

La mésaventure du motocycliste est survenue le 21 mars dernier aux environs de 9h15 à la hauteur du 947, rue Principale. En route vers son domicile, Claude Brodeur se fait accoster par une autopatrouille du Service de police de Granby. Une fois les vérifications d’usage complétées, l’homme s’attend à reprendre la voie, mais en vain. Le policier poursuit son travail et s’attarde au silencieux. Lampe de poche et tige de métal à la main, le patrouilleur inspecte le tuyau d’échappement de la Honda. Conclusion de la vérification: silencieux inadéquat selon l’article 258 du Code de la sécurité routière qui stipule «tout véhicule doit être muni d’un système d’échappement conforme aux normes établies par règlement». Un verdict qui a étonné le vétéran motocycliste.

 

«Durant mon arrestation, le moteur de ma moto n’a jamais été en opération et le policier ne m’a jamais demandé de le faire fonctionner. Je ne comprends pas.»

 


En 2005, Claude Brodeur avoue avoir fait installer des réducteurs (baffle) à l’intérieur du silencieux de sa moto pour réduire les décibels. Un ajout qui ne lui a valu aucune infraction jusqu’à tout récemment.

 


«Je suis allé à Laconia, aux États-Unis et j’ai parcouru le Québec dans son ensemble avec ma moto. Je me suis fait vérifier à deux reprises par la Sûreté du Québec et par la Police de la ville de Québec (à une occasion) et on ne m’a jamais importuné pour mon installation. À Granby soudainement, je suis non conforme», peste-t-il.

 


Le 13 avril dernier, le motocycliste de 75 ans a tenté d’obtenir réponse à ses questions en se présentant au poste de police avec sa moto pour valider la conformité du silencieux.  Selon M. Brodeur, l’agent de service présent sur les lieux n’aurait pas voulu garantir la conformité du tuyau d’échappement, car ce dernier n’était pas relié au moteur de la moto. Le policier aurait affirmé au motocycliste que c’est le bruit du moteur (décibels) qui fait foi de tout dans des histoires de silencieux non conformes.
«Je voulais le contester ce ticket. Mais quand j’ai vu le nombre de cas de jurisprudence défavorable aux motocyclistes, j’ai décidé de le payer. Ça m’a écoeuré pas à peu près.»

 

Originaire de Granby, le septuagénaire en a gros sur le cœur contre la Ville à la suite des événements.

 

«C’était ma ville, Granby. Il n’est plus question pour moi d’y retourner à moto. J’y allais cinq fois par semaine en moto et je suis passé des centaines de fois devant des policiers de Granby et on ne m’a jamais écœuré. Pour m’éviter des problèmes, je vais remettre l’original (silencieux)…je n’ai pas le choix.»

 


Respect du Code
À la Police de Granby, on se défend de faire la chasse aux motocyclistes sur son territoire. L’application du Code de la sécurité routière s’applique de la même façon ici qu’ailleurs en province au dire de Guy Rousseau, porte-parole du Service de police de la Ville de Granby.


«Les gens ont tendance à s’imaginer que l’on vérifie les décibels. Le son, c’est seulement une indication pour un policier. S’il entend un véhicule (auto, moto) venir de loin, c’est qu’il y a probablement un manquement ou une modification au système d’échappement. Et la vérification effectuée par les policiers, c’est en lien avec le Code de la route et c’est provincial. Et ce que le Code dit, c’est que le système d’échappement doit contenir toutes ces pièces. Dès qu’il y a un manque ou une modification, il y a infraction», explique l’agent Rousseau.


Lors d’une inspection d’un silencieux, les policiers ont souvent recours à une tige métallique afin de valider sa conformité. «La broche, c’est l’un des outils. Ça nous permet de confirmer si certaines composantes sont présentes dans le système d’échappement», indique le porte-parole de la Police de Granby.


«Je suis allé à Laconia, aux États-Unis et j’ai parcouru le Québec dans son ensemble avec ma moto. Je me suis fait vérifier à deux reprises par la Sûreté du Québec et par la Police de la ville de Québec (à une occasion) et on ne m’a jamais importuné pour mon installation. À Granby soudainement, je suis non conforme», déclare Claude Brodeur.

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