Une robe de mariée mortelle?

Une robe de mariée mortelle?
Malgré la perte de son épouse Guylaine Delisle dans des circonstances tragiques

Une Granbyenne de 48 ans a connu une fin tragique le 27 juin dernier. Détachant une robe de mariée au Nettoyeur Saint-Jacques, son lieu de travail depuis 12 ans, Guylaine Delisle a été prise d’un malaise qui lui a été fatal a appris GranbyExpress.com. La CSST et le bureau du coroner ont ouvert une enquête. L’inhalation de vapeur d’un produit chimique pourrait avoir joué un rôle.

Guylaine Delisle détachait une robe de mariée lorsqu’elle a ressenti un malaise, vers 10h15, le 27 juin dernier. «Elle est sortie à l’extérieur et s’est écrasée. Ils ont commencé le massage cardiaque et sont allés chercher les ambulanciers qui sont juste à côté. Ils ont réussi à la réanimer avec un choc, mais pu rien après», raconte Sylvain Bernier, le mari de Guylaine Delisle.

Cette dernière a été transportée au Centre hospitalier de Granby. «Ils ont essayé de la réanimer, mais les bronches n’ouvraient pas. Il n’y avait pas d’oxygène qui rentrait. Les bronches se seraient collées et il n’y a pas aucun médicament qui a réussi à les faire décoller. Un poumon s’est aussi affaissé. Ils se demandent quel type de produit a fait ça», poursuit le veuf.

Vu son jeune âge, les équipes médicales du CHG ont tout tenté pour sauver Guylaine Delisle, la faisant respirer manuellement pendant six heures avant de la maintenir en vie sous respirateur artificiel. Ils sont aussi parvenus à la réanimer trois fois. «Trois jours après l’accident, ils lui ont passé un scan. Elle a manqué d’air au cerveau et il commençait à enfler. Les dommages étaient irréparables», enchaîne M. Bernier.

Devant ce pronostic, Guylaine Delisle, qui était toujours sous respirateur, a été transférée au Centre hospitalier universitaire de l’Université de Sherbrooke (CHUS) dans la soirée du 30 juin. Les spécialistes ont confirmé son état végétatif le 1er juillet. La famille de la dame a choisi de la débrancher cette journée-là, la veille de ses 49 ans.

Le coroner enquête

La coroner Dre Jocelyne Messier a été chargée du dossier. «Ce décès est survenu sur le lieu de travail, dans un nettoyeur et il est considéré comme un décès de nature accidentelle, de sorte qu’il a été signalé au coroner comme tout décès de nature accidentelle. On ne connaît pas la cause probable du décès», indique Geneviève Guilbault, responsable des communications au bureau du coroner.

De son côté, Sylvain Bernier a reçu un papier signé du coroner sur lequel il est indiqué que son épouse est décédée d’un «bronchospasme aigu» survenu par l’«inhalation de vapeur et produit chimique au travail». «Il n’y a pas eu d’autopsie parce qu’ils savaient les séquelles qu’elle avait. La cause, c’est exactement ça. Il n’y a aucun doute sur la cause de l’accident. C’est bien désolant», enchaîne-t-il.

Une visite de la CSST

La Commission de la santé et de la sécurité au travail (CSST) a fait une intervention au Nettoyeur St-Jacques, le 11 juillet dernier. «Il n’y a pas de lacune évidente majeure. Les inspecteurs ont vérifié l’environnement de travail, la ventilation et les produits utilisés. Ils y ont été en collaboration avec l’Agence de santé de la Montérégie», indique Héloïse Bernier-Leduc, porte-parole de la CSST. La gestion du  SIMDUT, le Système d’information sur les matières dangereuses utilisées au travail, qui oblige, entre autres, les employeurs à identifier les produits, de bien fournir les méthodes de travail, d’évacuer les produits de façon sécuritaire et d’avoir des fiches signalétiques, sera vérifiée. «Une analyse plus approfondie sera à faire au cours des prochains jours, des prochaines semaines», poursuit Mme Bernier-Leduc.

De son côté, le propriétaire du Nettoyeur St-Jacques, Jean-Luc St-Hilaire, a référé GranbyExpress.com à sa secrétaire, Jacqueline Giard. «Ce n’est pas un accident de travail. C’est simplement une attaque cardiaque qu’elle a eue. Dans un nettoyeur, il y a toujours des odeurs de produits. Elle a manqué de souffle. Elle a étouffé par la maladie. Elle portait un masque et elle est sortie dehors. C’est ce qu’il faut faire lorsque ça sent fort», dit cette dernière.

Pas d’asthme

Guylaine Delisle fumait, mais elle n’était pas asthmatique au dire de son mari. Mais certains inconforts au travail commençaient à se faire sentir. «Elle commençait tranquillement à avoir des problèmes. Elle a commencé à passer des tests. C’était de plus en plus difficile pour elle les produits. Elle trouvait que les fameux produits, quand elle détachait, ça lui pognait souvent à la gorge, que c’était plus difficile à respirer. Son docteur ne comprend pas. Est-ce une erreur là-bas? Je ne sais pas. Est-ce que ça aurait pu être évité?»

Ce qui conforte Sylvain Bernier, c’est que la femme avec qui il était marié depuis 24 ans a eu tous les soins requis en temps et lieu, même s’il sait que cette pensée ne la ramènera pas. «Le matin, on s’est embrassé et on s’est dit bye. C’est toute une leçon de vie.»

 

 

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