Huit ans de prison en Équateur pour Éric Ferland

Par Ugo Giguere

Il y a un an, GranbyExpress.com révélait en exclusivité l’arrestation du Granbyen Éric Ferland, intercepté dans un aéroport en Équateur avec 2,6kg de cocaïne dans ses bagages. Toujours détenu à la prison de Guayaquil, le jeune homme vient d’être condamné à une peine de huit ans de prison. Sa famille et l’organisme Cœur à l’écoute travaillent maintenant à rapatrier le détenu au pays.

Incarcéré depuis juillet 2011, Éric Ferland n’a finalement été jugé qu’en juin 2012. «Son dossier a été remis sept fois en cour. Le 7 juin, il a réussi à passer et il a eu sa sentence le 28 juin», rapporte sa mère Jeanne-Mance Champagne. Le verdict: coupable et une condamnation de huit ans de détention.

Madame Champagne et l’organisme Cœur à l’écoute ont depuis entamé des démarches avec le ministère des Affaires étrangères pour rapatrier le jeune homme de 26 ans qui souffre, selon eux, de troubles bipolaires et qui a besoin de soins médicaux. Une information que refuse de confirmer Ottawa.

Une porte-parole du ministère a répondu à la demande de GranbyExpress.com par un bref courriel, affirmant que le Canada «fournit de l’assistance consulaire à un citoyen» et que l’ambassade effectue «un suivi régulier avec les autorités locales».

Jeanne-Mance Champagne n’a pas parlé à son fils depuis janvier. «Ils (les gardiens) ont coupé le signal, dit-elle. Si Éric veut appeler, il doit payer le gardien et payer les minutes.» La mère et le fils réussissent tout de même à entretenir une correspondance écrite grâce à l’organisme Cœur à l’écoute.

Cadeau de Noël

Après avoir dépensé de bonnes sommes d’argent pour aider son fils, Jeanne-Mance Champagne s’est retrouvée à bout de ressources en décembre dernier. «Le 16 décembre, je suis allée à l’émission de Denis Lévesque pour chercher de l’aide», raconte la mère de famille qui s’inquiète pour la santé de son fils.

Son souhait a été exaucé, l’appel de Roberte Leblanc, fondatrice de l’organisme Cœur à l’écoute, est arrivé quelques jours plus tard, la veille de Noël. «Je me suis dit il faut absolument que je la rejoigne. Je sais ce qu’elle est en train de vivre», se souvient Mme Leblanc. Elle-même a un fils atteint de troubles bipolaires.

Cœur à l’écoute vient en aide un peu partout dans le monde à des gens dans le besoin. Il peut s’agir de gens malades, démunis ou victimes de coups durs. Dans le cas d’Éric Ferland, Roberte Leblanc avait justement un contact établi en Équateur, tout près de Guayaquil.

Dès le 25 décembre, Pablo Brborich a rendu visite au prisonnier québécois. «La première fois que je l’ai vu, il m’a paru relativement bien, mais il n’avait pas de soins pour sa maladie», décrit M. Brborich rejoint en Équateur par GranbyExpress.com.

Celui que tous appellent simplement «Pablo» a alors pris le cas d’Éric en main. Avec le soutien de Cœur à l’écoute, il a payé les frais d’avocat et les dettes contractées par Éric en prison.

«Plus que la moitié de l’argent a servi à payer les avocats, le reste c’est surtout pour la nourriture», précise-t-il. Le détenu avait également cumulé d’importantes dettes envers d’autres prisonniers. «Quand il veut avoir de l’eau, des fruits ou du savon pour se laver, il faut qu’il paye, alors il emprunte», révèle sa mère, qui dénonce l’extrême corruption qui règne à l’intérieur des murs de la prison de Guayaquil.

Selon Roberte Leblanc, près de 6 000$ auraient déjà été versés par son organisme pour aider Éric Ferland. Ce serait même «un peu plus», d’après la version de Pablo Brborich qui se contente de parler d’un «bon montant».

Question de vie ou de mort

Au-delà de l’aide monétaire, Jeanne-Mance Champagne est convaincue que Cœur à l’écoute a «sauvé la vie d’Éric». «Si eux (Roberte et Pablo) n’avaient pas été là, je n’aurais jamais revu mon fils», soutient la dame.

D’après les lettres qu’elle a reçues de son fils, il aurait «mangé des coups» à plusieurs reprises. Les agressions seraient presque toujours liées à des dettes.

Une situation qui devrait être maintenant réglée selon Pablo Brborich. «Dernièrement il est mieux. Il est dans un nouveau pavillon où il y a plus d’installations et plus de commodités», mentionne celui qui rend visite au Granbyen toutes les semaines.

Remise de peine

En entrevue, Jeanne-Mance Champagne a évoqué une possible remise de peine qui ferait en sorte que les huit ans de prison pourraient être réduits de moitié. «Comme il a déjà fait un an, il lui en reste trois», a-t-elle soutenu.

Toutefois, les explications fournies par Pablo Brborich à ce sujet sont différentes. D’après celui qui habite Guayaquil, la réduction de peine ne s’applique aux prisonniers étrangers que s’ils purgent leur peine en Équateur et qu’ils conservent une bonne conduite.

Selon la version de M. Brborich, Éric Ferland doit donc demeurer à Guayaquil pour voir sa peine réduite à quatre ans. S’il était rapatrié dans une prison canadienne, il devrait donc purger huit ans.

Demande d’aide

Devant la générosité de l’organisme Cœur à l’écoute, Jeanne-Mance Champagne souhaite lancer un appel à la population pour demander aux gens de faire des dons. À la suite de l’aide fournie à Éric Ferland, l’organisme est «dans le rouge», admet sa fondatrice Roberte Leblanc.

L’organisme vient aussi en aide à des communautés en Afrique, ainsi qu’à des gens de Hamilton en Ontario où réside madame Leblanc. Pour en savoir plus: http://www.abritation.org/index-x.html.

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