Un Granbyen passe à «une aiguille» de mourir

Un Granbyen passe à «une aiguille» de mourir
La technicienne de laboratoire Isabelle Grondin (à droite) et le pharmacien Alain Tremblay (au centre) ont porté secours à Allen Gi-Kwong. Le propriétaire du Brunet

Un Granbyen qui souffre de nombreuses allergies a bien failli ne pas se remettre d’un vaccin de désensibilisation. Foudroyé par de nombreux symptômes et incapable de respirer après sa visite chez le médecin, le patient est accouru dans une pharmacie Brunet de la rue Conrad, où le personnel l’a pris en charge et sauvé sa vie.

Allergique, entre autres, aux acariens, à la poussière et aux graminées, le Granbyen Allen Gi-Kwong suit un traitement de désensibilisation depuis environ sept mois avec le Dr Luc Lasnier, au Centre médical de la Haute-Rive. «Habituellement, lorsqu’il augmente la dose, il me garde en observation pendant 15 minutes», explique M. Gi-Kwong. Le 25 juillet dernier, le patient a cependant pu partir quelques instants après son injection. «Cinq minutes plus tard dans l’auto, j’ai commencé à réagir. J’avais des démangeaisons sévères partout, raconte le Granbyen. Je n’ai jamais eu de réaction aussi forte.»

Sachant qu’une pharmacie se trouvait dans le secteur, l’enseignant de 40 ans a filé vers l’endroit pour trouver de l’aide. «Je voulais arrêter à la pharmacie pour acheter des pilules. À l’intérieur, je les cherchais. En dedans de dix à quinze secondes, mon état s’est empiré. J’avais de la misère à respirer. J’avais des boutons, de l’urticaire, des démangeaisons. J’ai demandé de l’aide», se souvient-il. Son fils de 12 ans. Ioan, a assistait quant à lui, impuissant, aux douleurs de son père. «J’essayais de garder mon sang-froid. Je ne pouvais rien faire d’autre», dit le garçon.

Rapidement, le pharmacien Alain Lamoureux et la technicienne de laboratoire Isabelle Grondin sont venus à son secours. «Il est arrivé au comptoir et il était en détresse respiratoire», témoigne Mme Grondin. Tandis qu’elle allait chercher une dose d’épinephrine, un produit connu sous la marque de commerce Epipen, son collègue pharmacien évaluait la situation et l’a amené dans un bureau de consultation, à l’abri des regards. «Il disait qu’il enflait, mais c’est difficile à dire lorsqu’on ne connait pas la personne. Il faut voir la nécessité d’urgence. J’ai pris entre 30 et 60 secondes pour évaluer la situation», explique celui qui est pharmacien depuis 1996.

«Son visage a dégonflé»

Allen Gi-Kwong s’est injecté lui-même la dose d’Epipen. «On lui a dit comment le faire et il l’a bien fait», enchaîne M. Lamoureux.

La dose d’adrénaline a fait son travail en ralentissant le processus du choc anaphylactique. «Son visage a dégonflé», mentionne Mme Grondin. Entretemps, les ambulanciers ont été appelés et le pharmacien a contacté le Dr Lasnier avant de communiquer avec le Centre hospitalier de Granby. Du Benadryl et du Ventolin ont aussi été administrés à Allen Gi-Kwong. «On lui a donné le support pharmaceutique. On s’assurait que la situation ne se dégradait pas», dit Alain Lamoureux. À leur arrivée, les paramédics ont administré une autre dose d’épinephrine à M. Gi-Kwong avant de le transporter à l’hôpital où il a passé neuf heures. «Au CHG, une équipe m’attendait. Ils m’ont administré des solutés et fait des injections. Cinq minutes après mon arrivée, mes éruptions cutanées étaient finies», témoigne le miraculé.

S’il n’était pas là au moment des événements, le pharmacien Jean-Philippe Robert, le propriétaire de la pharmacie où s’est déroulé le sauvetage, avoue de son côté être «pas mal fier de ses employés».

Chanceux dans sa malchance

Allen Gi-Kwong est d’avis que deux choses lui ont sauvé la vie. «Le pharmacien qui m’a aidé et le fait que je me sois arrêté là. Je m’en allais au cinéma. Un peu plus et on allait à Brossard. Avoir été sur l’autoroute, c’était fini, croit-il. Quand je suis rentré à la pharmacie, je n’étais plus capable de conduire. J’ai été chanceux dans ma malchance. Je l’ai réalisé à l’hôpital.»

Sauver une vie avec un Epipen

Allen Gi-Kwong garde maintenant un Epipen en permanence sur lui. «J’ai été chanceux parce que je n’avais pas d’Epipen. Je crois que les gens devraient savoir quoi faire pour l’administrer.»

Le pharmacien Jean-Philippe Robert abonde dans le même sens. «Même les gens qui n’ont pas d’allergie devraient savoir comment l’utiliser. Cinq minutes peuvent faire une différence. Ce qui bloque les gens, c’est la peur d’utiliser un appareil avec une aiguille», explique le pharmacien.

En outre, son collègue Alain Lamoureux estime qu’il est important de rester au bureau du médecin quand on reçoit des traitements de désensibilisation. «Il est plus sage de rester (sur place)», croit-il.

Allen Gi-Kwong doit recevoir une nouvelle dose de désensibilisation dans deux semaines. Il avoue être légèrement craintif. «J’ai une petite crainte. Ma blonde va venir avec moi. C’était vraiment intense comme réaction. Je ne m’étais jamais rendu là dans mes réactions. J’ai eu la clairvoyance de voir que c’était ça.»

Au moment de mettre sous presse, le Dr Luc Lasnier, qui a administré le traitement de désensibilisation à Allen Gi-Kwong, n’avait pas retourné nos appels.

 

 

 

 

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