Accident mortel sur la 10: un régulateur de vitesse en cause?

Accident mortel sur la 10: un régulateur de vitesse en cause?
Étant donné que l'accident résulte

INVESTIGATION. L’accident mortel qui a causé la mort d’un Gatinois, sur l’autoroute 10, à la hauteur de Saint-Césaire en avril 2013, est dû à l’utilisation d’un régulateur de vitesse, combinée à un malaise. Le coroner chargé de faire la lumière sur l’incident recommande d’ailleurs à la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) de mettre en place des campagnes publicitaires préventives.

Jean-Yves Moquin, un Gatinois âgé de 80 ans, s’était rendu à Magog, avec son épouse le 1er avril 2013, pour visiter de la famille. Le lendemain matin, le couple a repris la route vers leur domicile, via l’autoroute 10 Ouest. M. Moquin était le conducteur.

Peu avant 9h30, «un autre conducteur [de 64 ans] circulait sur l’autoroute 10 en direction est à une vitesse de 110 km/h avec le régulateur de vitesse actionné. […] En effectuant une manœuvre de dépassement, il aurait été victime d’une toux violente qui lui aurait temporairement fait perdre conscience. Le véhicule a traversé le terre-plein central pour se retrouver en sens inverse sur l’autoroute 10 en direction ouest. Au même moment, Jean-Yves Moquin circulait sur l’autoroute 10 Ouest et a été impliqué dans une collision frontale à haute vélocité et son véhicule a fait deux tonneaux pour terminer sa course sur le côté passager dans le fossé droit», écrit, dans son rapport d’investigation, le coroner André H. Dandavino.

Malgré la force de l’impact, les quatre personnes qui prenaient place dans les deux voitures ont été évacuées de la scène sans l’aide des pinces de désincarcération.

Elles ont été transportées à l’hôpital du Haut-Richelieu, à Saint-Jean-sur-Richelieu. Si au départ, Jean-Yves Moquin, qui est conscient, ne semble souffrir que de blessures mineures, divers examens plus approfondis démontrent qu’il souffre de fractures aux côtes et d’un léger pneumothorax. À plusieurs reprises, son état de santé se détériore et un massage cardiaque lui est prodigué. Il revient à lui, mais une heure plus tard, les autorités médicales doivent à nouveau le masser. Ces manœuvres de réanimation sont vaines et son décès est constaté.

Recommandation

Étant donné que l’accident résulte, entre autres, de l’utilisation d’un régulateur de vitesse, combinée à un malaise, le coroner André Dandavino émet une recommandation qu’il adresse à la SAAQ. Il recommande à l’organisation «de faire des campagnes publicitaires sur le fait que les régulateurs de vitesse peuvent avoir des effets néfastes en permettant que le véhicule circule à une certaine vitesse indépendamment du contrôle du conducteur.»

Du côté de la SAAQ, le porte-parole Gino Desrosiers précise, qu’à ce jour, aucune campagne publicitaire à proprement dit n’a été faite sur les régulateurs de vitesse. «Toutefois, nous faisons de la sensibilisation via notre présence dans divers salons et congrès. Aussi, nous avons des conseillers régionaux en sécurité routière qui se rendent, entre autres, en entreprise, pour faire de la sensibilisation», indique-t-il.

Il explique que chaque année, la SAAQ choisit d’aborder quatre à cinq thèmes dans ses messages publicitaires, dont l’alcool, la vitesse, le cellulaire, la fatigue, le port de la ceinture de sécurité et la courtoisie au volant. «Ces thèmes sont basés sur l’analyse du bilan routier. On regarde aussi l’ensemble des causes rapportées dans les rapports du coroner et on analyse aussi des sondages», poursuit-il. «Chaque rapport que l’on reçoit est analysé», conclut-il.

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