Roger Lapalme sculpteur et globe-trotter

Par Ugo Giguere

PORTRAIT. Rares sont ceux qui ont la chance de parcourir le monde et encore plus rares sont ceux qui le font grâce à leur métier. Le sculpteur granbyen Roger Lapalme laisse sa trace et ses œuvres partout sur la planète.

Roger Lapalme est né et a grandi à Granby. À l’exception de ses années de beaux-arts et de ses nombreux voyages, il n’a jamais quitté son patelin. Enfant, il a fait ses premiers pas artistiques sur les napperons du restaurant familial.

«Pour voir mes parents, il fallait que j’aille au restaurant. Mon père me réservait toujours une table et je dessinais», raconte l’homme aujourd’hui dans la soixantaine. «C’est là que j’ai appris à dessiner et ça m’a servi toute ma vie dans ce métier-là», ajoute-t-il.

À l’école Sacré-Cœur, rue Landsdowne, le jeune Roger Lapalme découvre deux passions qui vont se lier l’une à l’autre. D’abord, les travaux pratiques où il a aimé «travailler avec les matériaux et les outils». Puis, les cours d’arts plastiques, où il apprend à s’exprimer grâce à l’enseignant George-Aimé Tétreault.

Sa passion pour la sculpture le mène alors à l’École des Beaux-Arts de Montréal. «Ça avait un peu mauvaise réputation. Les gens pensaient que c’était le free for all, mais c’était très rigoureux. Heureusement, j’ai eu d’excellents parents qui m’ont encouragé. Ils voyaient que c’était ma branche», se souvient celui qui a obtenu son diplôme en 1972.

Début de carrière

Quoi faire quand un artiste sort de l’école dans l’anonymat complet? Roger Lapalme revient à Granby et ouvre sa propre galerie La Toison d’Art avec un collègue. Elle se trouvait tout juste à côté du Théâtre Palace, rue Principale.

«Quand tu fais ce métier-là, il faut avoir une tête de cochon, il faut être persistant. La galerie demandait excessivement de travail de gestion. On s’est rendu compte que ce serait plus rentable de se donner plus de temps pour la production», explique M. Lapalme.

S’en suivent des expositions dans les galeries, des commandes pour les particuliers et quelques œuvres d’intégration à l’architecture. Les fameux «1 %» intégrés aux projets de construction publics.

«C’est très long se faire un nom. Il faut être acharné. C’est un métier avec des hauts et des bas, très reliés à l’économie», observe l’artiste.

Mexico!

La carrière de Roger Lapalme prend véritablement son envol grâce à un échange Québec-Mexique. Au milieu des années ’90, le Québec veut offrir une œuvre au Mexique. «Ils ont fait un appel de dossiers et j’ai remporté le concours», relate-t-il. Ce projet va tout déclencher.

Il se rend à Mexico pour réaliser «Enfant au murmure de pierre». L’œuvre de béton, pierre, brique et acier se retrouve au Musée d’art contemporain de Mexico. «Je suis très porté sur la situation mondiale. Sur le manque de communication qui dégénère en conflits armés», partage l’artiste.

Cette première œuvre lui ouvre la porte pour une exposition complète au musée l’année suivante. Suivront alors une série d’invitations en Amérique Centrale et en Amérique du Sud. Il ira à Cuba, au Chili, au Costa Rica et à de nombreuses reprises au Mexique.

Ailleurs dans le monde, il sera notamment invité en Thaïlande et au Portugal.

Embellir Granby

Ici, chez lui, on lui doit Vision commune (1999) devant l’Hôtel de Ville; À la croisée des chemins l’œuvre hommage à Paul-O. Trépanier et une troisième sculpture installée sur la pointe de la rue St-Jacques.

Outre celles qui portent son nom, de nombreuses autres sculptures garnissent le legs de Roger Lapalme. À la fin des années ’90, avec trois confrères, il crée le symposium de sculpture de Granby. En quatre éditions, une bonne trentaine d’œuvres viennent garnir le paysage d’une ville qui en a bien besoin.

L’événement disparu depuis 15 ans fait un grand retour cette année.

Symposium international de sculpture jusqu’à dimanche

Sept artistes en provenance de six pays travaillent sans relâche depuis le 10 août. Ils ont jusqu’à dimanche 17h pour compléter leur œuvre qui sera par la suite installée dans les galeries à ciel ouvert le long de la piste cyclable. Le public est invité à venir voir les artistes au travail sous le chapiteau de la Place Johnson de 8h à 18h.

Saviez-vous que?

Saviez-vous que le sculpteur Roger Lapalme a été portraitiste pour payer ses études aux beaux-arts? Si vous vous êtes fait tirer le portrait par un dessinateur dans le vieux Montréal au début des années ’70 (et que vous l’avez conservé), vous avez peut-être une œuvre de Roger Lapalme chez vous!

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