Familles immigrantes: un nouvel outil pour favoriser la littératie

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Par Roxanne Langlois
Familles immigrantes: un nouvel outil pour favoriser la littératie
La famille Faizi, arrivée du Congo il y a environ huit mois, s'est prêtée au jeu devant les caméras, lundi, en lisant L'ours brun qui voulait être blanc, traduit dans sa langue maternelle, le swahili. (Photo : (Photo: GranbyExpress-Roxanne Langlois))

LITTÉRATIE. Imaginez une famille immigrante nouvellement débarquée chez nous, apprivoisant sa langue d’accueil tout en gardant bien vivante sa langue maternelle, le temps d’un récit lu aux bambins. C’est précisément ce que permet le Sac d’histoires interculturel, lancé lundi après-midi par Solidarité ethnique régionale de la Yamaska (SERY).

L’initiative, qui a bénéficié d’une aide financière du concours «Moi j’coop» de la Caisse Desjardins l’année dernière, a officiellement été présentée à l’école primaire Ave-Maria de Granby. Elle consiste en onze sacs contenant chacun un livre jeunesse, accompagné d’un enregistrement audio et de matériel ludique, dont des jeux d’association. Chacun des bouquins, rédigés en français, a été traduit dans cinq autres langues (espagnol, arabe, swahili, dari et kirundi). Enfin, un dernier ne possède pas le moindre mot, question de laisser libre cours à l’imagination.

L’initiative, adaptée à plusieurs endroits dont à Montréal, a été développée par Karen Alvarez, du SERY, pour les familles immigrantes de Granby et des environs.

Grâce à ce coup de pouce, des familles nouvellement établies chez nous pourront se réunir autour d’un livre comme c’était le cas dans leur pays d’origine. En plus de promouvoir et de soutenir des activités agréables et l’éveil à la lecture chez les tout-petits, l’outil permettra également de valoriser l’apport des parents qui doivent eux aussi s’approprier une nouvelle langue.

«Quand on change de pays, parfois on ne trouve pas nos repères. Les parents vont pouvoir trouver de nouveau leur place et leur rôle en pouvant accompagner leurs enfants dans les activités de littératie. Les enfants vont voir, aussi, que leurs parents ont des compétences», explique la coordonnatrice à l’intégration scolaire pour le SERY, Karen Alvarez. Elle précise aussi que grâce au projet, qu’elle a développé en s’inspirant des Storysacks répandus en Grande-Bretagne, le papa et la maman seront à même de se positionner comme des modèles lecteurs pour leurs jeunes et du coup, leur donner envie de lire.

Notons que les sacs pourront également être utilisés dans les classes des différents établissements scolaires, et ce, à différents niveaux. «Les enseignants vont pouvoir faire écouter les histoires pour faire entendre la sonorité, construire le sens de l’histoire en utilisant les indices linguistiques, aller chercher des mots qui se ressemblent dans les deux langues, chercher les caractéristiques de l’écriture […], la présence de déterminants, d’accents particuliers», énumère Mme Alvarez. Ceux-ci pourraient aussi mener à la création de bricolages relatifs aux histoires, par exemple.
Notons que les sacs sont déjà à la disposition de la clientèle immigrante ainsi que des classes d’accueil de la Commission scolaire du Val-des-Cerfs via le SERY.

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