Une troisième naissance applaudie au Zoo de Granby

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Par Roxanne Langlois
Une troisième naissance applaudie au Zoo de Granby
Le bébé arbore déjà une crête; c'est grâce à celle-ci que l'équipe du Zoo de Granby a pu confirmer qu'il s'agit d'un petit mâle. (Photo : (Photo: gracieuseté-Zoo de Granby))

CONSERVATION ANIMALE. Le Zoo de Granby est une véritable pouponnière cet été. Après les naissances d’un léopardeau puis d’un colobe, voilà qu’un troisième nouveau venu fait son entrée parmi les pensionnaires du parc animalier: un bébé condor des Andes, qui pourrait être le tout premier de l’histoire à voir le jour dans une institution zoologique canadienne.

Le petit mâle, le résultat de plusieurs années de tentatives de reproduction, est officiellement sorti de son œuf le 30 juillet dernier après une cinquantaine de jours de couvaison. Ses parents, Son (29 ans) et Adélaïde (18 ans), proviennent du San Diego Zoo-Safari Park, où ils formaient déjà un couple depuis 2002. Ils ont fait leur nid au jardin zoologique de Granby en 2010. S’il s’agit d’un tout premier poussin pour les deux rapaces, «tissés serrées», qui se reproduisaient depuis déjà plusieurs mois. Le duo forme d’ailleurs une excellente équipe.

Alors que chacun des parents couvait à son tour le précieux œuf, les deux prennent à ce jour grand soin de leur premier rejeton. Ils se relaient en effet pour nourrir, via leurs régurgitations, leur nouveau-né. «Ça se passe très bien. Les deux sont tellement attachés au petit que parfois, on dirait même qu’il y a des prises de bec entre le mâle et la femelle. Ils participent tous les deux activement à l’élevage du bébé […]», se réjouit Chantal Routhier, conservatrice au Zoo. Bonne nouvelle: les deux tourtereaux auront le loisir d’élargir davantage leur famille, cette race d’oiseaux pouvant se reproduire jusqu’à environ 50 ans.

Si le bébé condor, qui ne porte toujours pas de nom officiel, se trouve dans la niche aménagée par l’équipe du Zoo et y restera pour une période d’environ six mois, les curieux pourront tout de même l’admirer. Une caméra a en effet été insérée dans le nid et capte des images du petit. Un écran retransmettant ces images est d’ailleurs installé dans le pavillon du Temple.

En mode conservation

Le condor des Andes, un charognard qui peut atteindre pas moins de 15 kilos et une envergure d’ailes de plus de trois mètres, est menacé de disparition dans son milieu naturel. La femelle ne produit en effet qu’un seul œuf tous les deux ans, généralement pondu de façon précaire sur le flanc d’une falaise.

Qui plus est, la population de ces spécimens est en déclin en raison de l’ingestion de proies intoxiquées par les pesticides et la perte de leur habitat naturel. Cette troisième naissance estivale est donc une grande source de fierté pour le Zoo, qui poursuit  avec énergie la mission de conservation animale dont il  est investi.

«On est vraiment chanceux. C’est sûr qu’on a fait tout ce qu’il fallait, mais parfois, même si on fait tout ce que l’on peut, il est possible qu’il n’y ait pas de compatibilité entre les deux individus pour différentes raisons. Cette année, c’est vraiment une bonne année», commente Mme Routhier.

Avec celui de Granby,  celui de Magnetic Hill, situé à Moncton, Nouveau-Brunswick, est le seul autre jardin animalier canadien à compter des condors des Andes dans ses installations. Les trois rapaces sont par ailleurs les seuls à représenter leur espèce sur le site granbyen.

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