Premier débat à Granby: les idées fusent

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Par Roxanne Langlois
Premier débat à Granby: les idées fusent
Les six candidats, photographiés à l'issue du débat. (Photo : (Photo: GranbyExpress-Roxanne Langlois))

POLITIQUE PROVINCIALE. Le député sortant et parlementaire aguerri François Bonnardel possède sans contredit, comme atout, sa grande expérience. Or, les cinq autres candidats dans Granby, néophytes en politique, sont tout de même parvenus à faire valoir leurs idées de belle façon, mardi soir, lors du débat électoral organisé par la Chambre de commerce Haute-Yamaska (CCHY).

Chantal Beauchemin (Parti québécois), Pierre Bélanger (Parti conservateur du Québec), Lyne Laverdure (Parti libéral), Anne-Sophie Legault (Québec solidaire) et Daphné Poulin (Parti vert du Québec) avaient aussi accepté de croiser le fer pour la toute première fois de la campagne.

Une centaine de personnes étaient d’ailleurs rassemblées dans le foyer du Palace de Granby afin d’assister aux échanges, retransmis en direct sur les ondes de la radio M105. Mis au parfum des thématiques, mais pas des questions, les aspirants élus, bien préparés, ont débattu dans le plus grand respect pendant un peu plus d’une heure.

Ceux et celles appréciant l’humour et la répartie auront sans doute apprécié la performance de la péquiste Chantal Beauchemin. Cette dernière n’a d’ailleurs pas hésité à décocher quelques flèches en direction de ses acolytes; c’est le caquiste Bonnardel qui en a été principalement la cible. «Le slogan de la CAQ, c’est ”maintenant”, mais on dirait que les projets sont pour plus tard», lui a-t-elle lancé relativement au projet d’une unité mère-enfant à l’hôpital de Granby.

M. Bonnardel, n’a pas rétorqué; tout à fait en contrôle de ses moyens, il a plutôt, de son côté, fait remarquer au candidat conservateur l’absence de propositions locales dans son discours, notamment en santé, lui demandant comment il pouvait être «connecté sur le milieu». «Honnêtement, je ne serais pas capable de vous dire à Granby qu’on va faire quelque chose de particulier dans notre programme pour l’hôpital de Granby ou pour les CLSC», a admis M. Bélanger, pour qui la campagne est provinciale avant tout.

Mentionnons que ce dernier s’est surtout concentré sur la livraison des grandes lignes de son parti, qui vont dans le sens d’un «grand coup de barre à droite» et d’une privatisation à différents niveaux.

Alors que plusieurs se seraient certainement attendus à ce que des critiques, nombreuses lors des points de presse de ses rivaux, soient adressées à Lyne Laverdure relativement au bilan du Parti libéral du Québec (PLQ), celle-ci n’a pas particulièrement eu à en découdre en débat. Elle a toutefois peiné à répondre clairement à Mme Legault, qui lui a demandé ce que son parti ferait pour «rembourser la dette environnementale».

Il y a fort à parier que les performances des deux plus jeunes candidates, âgées de 21 ans,  en auront convaincu plusieurs de leur tendre l’oreille. Si Anne-Sophie Legault a su démontrer qu’elle maîtrisait très bien les positions des solidaires à différents égards, Daphné Poulin, elle, aura surpris par son éloquence.

L’étudiante en philosophie s’est notamment démarquée lorsque, lors de conclusion de la joute électorale, elle a appelé les électeurs à faire un choix judicieux le 1 er octobre: «Peu importe le parti que vous allez choisir, j’espère juste que dans votre tête, vous allez avoir une réflexion à propos de l’environnement […]».

Emploi, transport et santé au programme

Trois enjeux ont trouvé une place de choix dans le débat de mardi soir. Celui de l’emploi et de l’économie a majoritairement glissé vers l’immigration, une alternative que tous voient d’un bon œil pour remédier à l’actuelle pénurie de main-d’œuvre; ce sont surtout les modalités de cette alternative qui différaient d’un débatteur à l’autre.

Le thème des transports et de la mobilité a quant à lui mis l’accent sur le projet d’élargissement de la 139, préconisé par M. Bonnardel afin de contrer la congestion monstre dans le secteur du zoo. «Ça ne plus de sens», a-t-il plaidé. Or, l’élu sortant semblait le seul à voir une véritable solution dans cette initiative.

«On ne trouve pas qu’en ajoutant de l’asphalte et en encourageant à ce qu’il y ait plus de voitures sur la route, on s’en va vers du développement durable», a tout de suite après envoyé Mme Legault. Lyne Laverdure en a ajouté une couche, plaidant que privilégier comme seul remède l’élargissement était «un manque total de vision».

Les différents points de vue des partis relativement aux voitures électriques ont également été dévoilés. La candidate du Parti vert du Québec a certainement causé la surprise lorsqu’elle a expliqué ne pas être nécessairement en faveur de ces véhicules: «On fait autant, voire même plus de dommages à l’environnement, dans le moment, avec la capacité qu’on a de faire une voiture électrique».

Le segment portant sur la santé aura été le moment d’aborder la situation l’accès aux soins de santé à Granby, qui pose problème à différents niveaux, selon les candidats. M. Bonnardel a ramené le cas médiatisé de François Choquette, cet homme en récidive d’un cancer en attente d’un médecin de famille, et a défendu l’idée d’attirer trois de ces professionnels de plus à Granby.  Lyne Laverdure, elle, a fait valoir son désir d’en attirer quatre à cinq.

Madame Beauchemin a, pour sa part, plaidé en faveur d’un CLSC ouvert de 9h à 21h, sept jours sur sept à Granby, tandis que Québec solidaire désire voir ces cliniques accessibles 24 heures sur 24.

 

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