Silence dans la salle, on s’amuse au mini-goalball

Photo de Eric Patenaude
Par Eric Patenaude
Silence dans la salle, on s’amuse au mini-goalball
Le mini-goalball est assez simple: les participants font rouler le ballon vers le filet de leurs opposants en se fiant à leur sens d'orientation et ainsi espérer percer la défensive adverse. À l'autre bout du terrain, les joueurs de l'autre camp doivent faire appel au toucher et à leurs facultés auditives pour stopper le ballon. (Photo : GranbyExpress-Éric Patenaude)

DISCIPLINE. Une surface délimitée par des bandes de ruban adhésif, deux buts, deux équipes de trois joueurs étendues au sol , un ballon contenant des clochettes et un environnement de jeu sans bruit. Le temps d’une série deux de trois, les Griffons de Montréal et les Phurax de Granby s’en sont donnés à cœur joie, dimanche dernier, en pratiquant le mini-goalball; un sport destiné aux personnes malvoyantes et non voyantes.

Réunies à la salle l’Escale, les deux formations ont profité du rendez-vous sportif pour présenter la discipline à l’auditoire. Développé après la Seconde Guerre mondiale, le mini-goalball est assez simple: les participants, qui ont les yeux bandés, font rouler le ballon vers le filet de leurs opposants en se fiant à leur sens d’orientation et ainsi espérer percer la défensive adverse. À l’autre bout du terrain, les joueurs de l’autre camp doivent faire appel au toucher et à leurs facultés auditives pour stopper le ballon.

Au moment du passage du GranbyExpress, les Phurax de Granby venaient de remporter la première manche (11-10 en prolongation) de la 4e compétition amicale de mini-goalball.

«Après la troisième édition de notre compétition amicale, Granby nous a dit: ça serait le fun de faire ça chez nous. Et nous voilà maintenant», mentionne d’emblée Chantal Chartrand,  directrice générale à l’Association sportive des aveugles du Québec (ASAQ). Peu connu à l’extérieur des grands centres, le mini-goalball gagne lentement, mais sûrement de nouveaux adeptes. C’est d’ailleurs le mandat que se donne l’ASAQ de mousser ce sport inclusif auprès des jeunes non-voyants et voyants.

«Avec notre programme de sport inclusif, on se rend à l’école où il y a un enfant avec un handicap visuel et on initie son professeur et toute sa classe au mini-goalball. C’est l’inclusion à l’envers. Les jeunes voyants découvrent ce que c’est d’être non voyant. Ils se rendent compte qu’ils peuvent attraper un ballon en écoutant, se repérer en touchant le sol et s’orienter en ne voyant pas. Ça crée un lien entre les voyants et le non-voyant. Et pour une fois, un enfant aveugle peut faire un sport», explique Mme Chartrand.

À Granby, l’école Les Jeunes Explorateurs expérimente le mini-goalball dans le cadre de ses activités parascolaires. Une idée lancée par l’enseignante Anne Campeau afin de soutenir l’un de ses élèves, Julien, aux prises avec une déficience visuelle.

«Pour sa confiance en soi, c’est sûr que c’est très positif.» «Les enfants choisissent toujours les plus performants et en dernier (…). Mais au mini-goalball, Julien ne sera jamais le dernier choisi. Au contraire, c’est lui qui va être choisi en premier. Et ça fait du bien pour un enfant d’être premier parfois», déclare l’enseignante.

Partager cet article