Marché locatif: le taux d’inoccupation demeure stationnaire à Granby

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Par Eric Patenaude
Marché locatif: le taux d’inoccupation demeure stationnaire à Granby
Selon la SCHL, le coût mensuel d'un loyer moyen (avec deux chambres) se chiffre à 666 $ à Granby par rapport à 761 $ à l'échelle provinciale. (Photo : GranbyExpress-Éric Patenaude)

HABITATION. Les appartements à louer disponibles sont une denrée rare à Granby, selon le rapport sur le marché locatif au Québec publié récemment par la Société canadienne d’hypothèque et de logements (SCHL). Alors que la moyenne provinciale se situait à 2,3 % en octobre, ce pourcentage atteignait 1,4 % dans la ville-centre de la Haute-Yamaska.

«C’est un taux relativement plus bas que la moyenne et ça s’explique par différents facteurs. La région de Granby a notamment une croissance de la population plus rapide qu’ailleurs au Québec. La demande est en croissance, mais le marché demeure stable», explique Mbea Bell, analyste de marché à la SCHL.

La vivacité du marché du travail et l’immigration ont également contribué à la formation de ménages locataires, soutient la SCHL.

Avec un taux d’inoccupation si faible depuis deux ans (1,5 % en octobre 2017), des promoteurs pourraient être tentés d’ajouter des unités au parc immobilier déjà existant, estime le porte-parole de la SCHL. «Avec un taux d’inoccupation bas, ça laisse une marge à ce qui est une offre supplémentaire. Le marché de Granby a la possibilité d’accepter un certain nombre de logements», mentionne M. Bell.

Granby ne fait pas cavalière seule. Le mouvement à la baisse dans le marché locatif entre octobre 2017 et octobre 2018 se fait également ressentir ailleurs en Montérégie, entre autres, à Sorel (de 7,7 % à 5,3 %), à Saint-Hyacinthe (3,8 % à 1,4 %) et à Marieville (de 3,6 % à 2,2 %).

Quant au coût mensuel d’un loyer moyen (avec deux chambres), il se chiffre à 666 $ à Granby (641 $ en octobre 2017)) par rapport à 761 $ à l’échelle provinciale.

Dans un marché comptant un peu plus de 8400 appartements, le taux de roulement, incluant tous les types de logements, se chiffre à 16,3 % à Granby. Alors qu’en province, la SCHL estime qu’il est de 18,6 %.

«Le locataire a tendance à rester dans le même logement un peu plus longtemps parce qu’il a de la difficulté à se trouver un autre logement. Dans ce contexte-là, on observe souvent un taux de roulement sous la moyenne. Comme l’offre est relativement basse, ça peut rendre difficile le changement d’adresse», affirme l’analyste de la SCHL.

Besoins de logements abordables

Le taux d’inoccupation faible à Granby ne signifie pas que tout est rose sur le marché locatif. À l’ACEF Montérégie-est, on répond régulièrement à des locataires en quête d’un toit.

«Oui, il y a des loyers, mais parfois le coût est trop cher et dans un bâtiment en mauvais état. Quand on a un taux d’inoccupation très bas, ça n’encourage pas les propriétaires à les rénover, car ils savent qu’ils vont les louer quand même», laisse entendre Roger Lafrance, conseiller budgétaire à l’ACEF Montérégie-est.

Selon le porte-parole de l’ACEF, l’engouement pour la construction de nouveaux logements plus abordables n’est pas là chez les promoteurs immobiliers.

«Ce qui se construit actuellement, c’est beaucoup de résidences pour personnes âgées et des condos. Une fois que le condo est vendu, le promoteur développe ailleurs. Mais on le dira jamais assez: il y a des besoins pour des logements abordables», indique M. Lafrance.

 

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