François Bonnardel: quand le tant espéré survient enfin

Photo de Roxanne Langlois
Par Roxanne Langlois
François Bonnardel: quand le tant espéré survient enfin
(Photo : GranbyExpress-Roxanne Langlois)

PERSONNALITÉ DE L’ANNÉE. Après onze ans dans les rangs de l’opposition, le politicien a vu la Coalition avenir Québec (CAQ) être élue gouvernement majoritaire; il aura aussi été, de surcroît, choisi ministre des Transports et ministre responsable de l’Estrie. Parce que 2018 aura littéralement  été le moment de sa consécration, ce choix était incontournable: François Bonnardel est notre personnalité masculine de l’année.

Le député de Granby reçoit le GranbyExpress sans connaître le but de la rencontre; habitué à connaître son horaire (réglé au quart de tour!), son équipe de comté lui avait gardé la surprise de sa nomination. Entre un affaissement partiel de la chaussée et les déboires d’un traversier,  M. Bonnardel prend un très court temps d’arrêt; il avoue en avoir de moins en moins depuis son assermentation ministérielle du 18 octobre. «Avant, j’étais en cinquième vitesse. Là, je suis en sixième et des fois, je cherche la septième. Il n’y en a pas!», blague-t-il.

François Bonnardel vous le dira: il a traversé une multitude de vagues depuis sa première élection, en 2007, sous l’égide de l’Action démocratique du Québec (ADQ), «traversée du désert» et «hécatombes» comprises. Il a finalement remporté son pari, qu’il qualifie «de combat d’une vie».

S’il n’est pas du genre à s’émouvoir sur la place publique, l’ex-homme d’affaires le concède: la date des dernières élections provinciales demeurera parmi les plus marquantes de sa vie. «Je le dis bien humblement. Je pense que dans les livres d’histoire, on va se souvenir du 1er octobre 2018, où une nouvelle formation  politique est arrivée et a mis fin à la dualité politique. Ça, personne ne va pouvoir nous l’enlever», ajoute-t-il.

S’il a désormais plus d’outils en main pour faire une différence dans le quotidien des gens, son ascension au pouvoir aura aussi amené son lot de pression. Les attentes nourries envers l’élu ont explosé; il  est encore plus sollicité qu’auparavant, notamment par ses compatriotes de l’Assemblée qui revendiquent, à ses trousses, des solutions et des changements. «J’ai fait ça longtemps. À quelque part, je les comprends très, très bien», lance-t-il en riant.

Celui qui se sent plus que jamais chez lui à Granby s’évertue également à être aussi présent qu’avant dans son comté, en dépit des impératifs ministériels qui le mènent aux quatre coins de la province. «Oui, je suis partagé entre Québec, Montréal et Granby, […] mais ma présence à Granby est aussi forte qu’avant ou presque», plaide-t-il.

Ça ne change pas le monde, sauf que…

L’homme de 51 ans est désormais flanqué d’un garde du corps en tout temps, qu’il fasse l’épicerie ou qu’il aille se chercher un café au Tim Hortons. Il était même accompagné d’un agent lors du récent défilé de Noël de Granby, alors qu’il donnait des bonbons aux enfants. «Il m’a dit qu’il fallait mettre la van dans la parade», lâche-t-il avant de s’esclaffer, précisant que le tout visait à «l’évacuer» en cas de pépin.

S’il conjugue désormais beaucoup mieux avec cette réalité, le ministre avoue avoir eu du mal à s’y faire. «J’haïs me faire conduire, ce n’est pas compliqué! J’ai travaillé dans l’automobile toute ma vie, donc c’est pas du tout une habitude», confie-t-il, disant néanmoins apprécier le temps que cela lui laisse pour consulter ses dossiers.

À travers ses innombrables tâches et responsabilités, le politicien veille à ce que son quotidien demeure équilibré. Alors qu’il est père d’un jeune homme de 24 ans, Niko, la conjointe de François Bonnardel, Joannie, a également trois enfants âgés de sept à 14 ans. Si le rythme effréné de la politique active peut s’avérer difficile à suivre, l’homme originaire de Verdun s’assure de garder du temps pour ce qui importe le plus: «La famille, c’est important et les amis aussi. C’est trop facile d’oublier qui t’accompagne depuis tant d’années».

L’élu tente aussi de trouver des moments dédiés à l’activité physique. Dur à croire, finalement, que François Bonnardel s’est vu octroyer, au quotidien, le même nombre d’heures que le reste des mortels. «Je me couche tôt», glisse-t-il, tout sourire.

Une grande perte

Si l’année 2018 aura été source d’immenses joies pour M. Bonnardel, elle aura aussi été marquée par une grande peine. Son amie et complice de la première heure, Catherine Demers, est décédée le 24 juin. Si la Waterloise, qui agissait comme conseillère politique auprès de M. Bonnardel, a traversé une foule de tempêtes à ses côtés en plus de savourer différentes victoires, elle n’aura pas assisté à celle tant espérée.

L’élu ne s’en cache pas: la perte de cette grande dame, qu’il qualifie de «monument», en a été une très dure à encaisser. C’est d’abord pour celle qu’il considérait comme sa sœur qu’il a eu une pensée lors de l’issue du plus récent scrutin.

«Elle m’a accompagnée pendant toutes ces années et elle n’a pas vu le fruit…, se désole-t-il, profondément ému. […]C’est sûr qu’une tragédie comme celle de Catherine, ça démolit. C’était un chêne dans la forêt que l’on avait bâtie».

François Bonnardel se sent aujourd’hui reconnaissant envers Mme Demers et envers ceux et celles qui  l’on soutenu dès la case départ. «Il y a des gens  à Granby qui y ont cru. Le combat, je l’ai mené, mais je l’ai mené avec eux», conclut le ministre.

D’ailleurs, son équipe le présente toujours, sur le terrain, comme le député de Granby bien avant de faire allusion à quelconque ministère: une façon de rappeler à qui il doit «ce rôle incroyable» qu’il joue désormais au sein de l’État québécois.

Partager cet article

Laisser un commentaire

avatar
  S'inscrire  
Me notifier des