Benoit Parent: quand le chasse-neige n’a plus de secrets

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Par Eric Patenaude
Benoit Parent: quand le chasse-neige n’a plus de secrets
Benoit Parent parcourt les rues de Granby en hiver au volant d'un chasse-neige depuis plus de 30 ans. (Photo : GranbyExpress-Éric Patenaude)

MUNICIPAL. À l’emploi des Travaux publics de Granby, Benoit Parent sillonne les rues au volant de son poids lourd équipé pour affronter l’hiver. Se frayer un chemin en ville avec un bolide aussi imposant, c’est un art que maîtrise le col bleu.

Pour le constater, votre hebdomadaire a accompagné l’expérimenté opérateur durant une sortie sur le réseau routier. Notre direction: le secteur du Centre sportif Léonard-Grondin et ses artères avoisinantes. Concentré sur son travail, Benoit Parent doit conjuguer avec une horde de distractions: les voitures garées, le flot de circulation, les piétons, les bacs, les bancs de neige, etc.

«Tantôt, je suis rentré sur la rue Breton et j’ai été obligé de reculer jusqu’à la rue Principale. À cette place-là, il y a de bons bancs de neige et les gens stationnent leur véhicule de chaque bord. Avec ma gratte et mon aile de côté, je ne peux pas commencer à zigzaguer entre les voitures», relate M. Parent.

Toujours les yeux rivés sur la route, le déneigeur cède le passage à la dernière fraction de seconde à un automobiliste visiblement peu impressionné par l’arrivée de la «charrue de la Ville». Résultat: un poteau bien ancré dans la chaussée, qui délimite une traverse piétonnière sur la rue Robinson, est heurté de plein fouet par l’aile de côté du chasse-neige.

«J’étais trop proche (du poteau). Le véhicule ne voulait pas se tasser. C’est ça qui est le plus dur dans mon travail. Parfois, on ne nous donne pas beaucoup de chances»,  raconte le col bleu.

Filant à 30 km/h, Benoit Parent y va d’une confidence sur la relation automobiliste-chasse-neige. «C’est mieux qu’avant. Mais il y a encore des gens qui sont pressés d’aller travailler.»

L’amour du déneigement

Si certains d’entre nous fuient le froid pour se prélasser sous les palmiers, Benoit Parent avoue aimer l’hiver de son côté. «La passion est toujours là.» «Notre travail est très varié. On peut être dans les stationnements en train de ramasser de la neige (…). Tantôt, ça va être la saison des nids-de-poule et d’après moi, elle devrait commencer de bonne heure cette année parce qu’il y en a beaucoup», confie M. Parent.

En trois décennies, le col bleu a parcouru la ville du nord au sud et d’est en ouest. L’arrondissement le plus complexe à déneiger? «Le centre-ville», répond le chauffeur sans hésiter. «Sur la rue Court, il a fallu que je recule de l’avenue du Parc jusqu’à la rue Principale parce que je n’étais pas capable de passer.»

D’une rue à l’autre, Benoit Parent partage son vécu au volant d’un chasse-neige. Son livre d’histoires en compte plusieurs. «Tu devrais voir le matin d’une tempête. On croise les «ouvreux» de cour (déneigeurs privés). C’est quelque chose à voir. Ça se «garroche» partout. Quand on les a dans nos pattes, c’est plus difficile.»

Avec le temps vient la modernisation des équipements et des méthodes de travail. Selon Benoit Parent, les Granbyens comptent sur un excellent département de déneigement. «On a les bons outils entre les mains et l’ouvrage se fait. Les investissements sont là et le service se donne. Sinon ça ne prend pas de temps; les plaintes rentrent», dit-il en rigolant.

Parlant de doléances de citoyens, dans la seule journée du 24 janvier, pas moins de 140 plaintes ont été signalées à la direction des Travaux publics.

 

 

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