De jeunes auteurs pas comme les autres

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Par Eric Patenaude
De jeunes auteurs pas comme les autres
Au cours des dernières semaines, ces élèves de la classe INDIGO de l'école de la Moisson-d'Or se sont immiscés dans la peau d'un romancier jeunesse le temps d'écrire leur ouvrage «Chester contre le yéti». (Photo : GranbyExpress-Éric Patenaude)

ÉDUCATION. Qu’ont en commun les Xavier, Alexis, Nataniel, Samy, Damien, William, Nathaniel et Méven? Ces élèves de l’école de la Moissond’Or, de Saint-Alphonse-de Granby, publient leur premier livre écrit en groupe: Chester contre le yéti. Une aventure littéraire et scolaire des plus stimulantes pour ces jeunes auteurs de 6 à 11 ans ayant un diagnostic du spectre de l’autisme.

Écrire le 4e livre d’une collection jeunesse éditée par une maison d’édition à partir des idées de romanciers en herbe à l’imagination débordante en moins d’un mois. Les élèves de la classe INDIGO de la professeure Caroline Van Winden ont vécu tout un périple éducatif en compagnie de Geneviève Pilon, stagiaire en adaptation scolaire et sociale au primaire. Avec le soutien de leur professeure et de madame Geneviève, les huit grands fans de la série Chester de l’écrivaine Mélanie Watt tiennent aujourd’hui leur premier ouvrage entre leurs mains.

«Quand je suis arrivée ici, les garçons avaient déjà lu les trois livres de Chester. Ils sont tombés en amour avec ce personnage-là, mais ils étaient déçus de savoir qu’il y en avait juste trois dans la collection. C’est là que Damien a proposé à madame Caroline d’écrire le quatrième livre et j’ai décidé d’embarquer dans ce projet», raconte l’étudiante de l’UQAM.

Après avoir obtenu l’autorisation de l’écrivaine Mélanie Watt et de l’éditeur Scholastic Canada, les auteurs de la Moisson-d’Or ont travaillé à temps plein sur leur livre: rédaction de l’histoire, correction du texte, coloriage des images, envoi de l’œuvre à l’impression, préparation du lancement du livre. Une aventure éducative enrichissante pour ces élèves de la classe INDIGO.

«Tu as un trouble du spectre de l’autisme, mais ça ne va pas t’empêcher de percer dans la vie. C’est ce qu’on a voulu faire comprendre aux élèves à travers ce projet de livre (…). On leur a démontré qu’on peut tout faire dans la vie. Vous avez une idée et bien, on y va à fond», explique Geneviève Pilon.

L’exercice semble avoir porté fruit chez ces élèves. Parmi le groupe, certains d’entre eux ont développé leurs aptitudes pour le dessin et l’écriture. «Damien, c’est un très bon dessinateur. Nathaniel…quand il fait la lecture du livre, il met des intonations sans qu’on lui demande.» «Et il y a tout le travail d’équipe. C’est pas facile pour eux d’accepter les idées des autres. Pourquoi mon idée n’a pas été prise? On a travaillé cet aspect avec eux et ils nous ont étonnés. Même entre eux, ils se sont entraidés. Oui, il y a eu parfois des crises, mais dans l’ensemble, tout le monde a vu le potentiel de chacun», confie Mme Pilon

Fiers d’eux

Pour illustrer l’histoire de Chester contre le yéti, les romanciers ont fait appel à Jonathan Proulx; un dessinateur au grand de talent atteint d’autisme et d’une déficience intellectuelle légère. L’homme de 34 ans avoue s’être amusé à crayonner les images du livre produit par les enfants.

«J’aime beaucoup dessiner. C’est ma passion. Dessiner pour un livre, ç’a été un honneur et c’était génial», affirme le Granbyen.

Si le dessinateur de Chester contre le yéti se dit heureux du produit final, les apprentis romanciers le sont tout autant.

«C’est mon tout premier livre. Je suis fier de moi et de nous tous. J’ai bien aimé colorier les images de Jonathan. C’était un peu difficile. Je me suis bien concentré et j’ai réussi», déclare Nataniel, 7 ans.

«Moi, j’ai apporté beaucoup d’idées», explique Alexis, 6 ans. «Je suis heureux de l’avoir fait. J’aimerais faire le cinquième livre de Chester», laisse entendre Damien, 9 ans.

Pour l’enseignante de la classe INDIGO, Caroline Van Winden, c’est mission accomplie. «J’en suis à ma neuvième année ici et c’est la première année que mes élèves travaillent sur un aussi gros projet en équipe. Pour nos élèves, le travail d’équipe, c’est ce qui est le plus difficile. Je suis tellement fière du travail qu’ils ont accompli.»

 

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