Hydro-Québec consulte la population pour sa ligne entre Granby et Waterloo

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Par Xavier Demers
Hydro-Québec consulte la population pour sa ligne entre Granby et Waterloo
Plusieurs citoyens ont pris part à la consultation d’Hydro-Québec concernant le projet de conversion de la ligne Cleveland-Waterloo, qui longe l’autoroute 10. (Photo : Granby Express - Xavier Demers)

ÉLECTRICITÉ. Hydro-Québec tenait mercredi des portes ouvertes à Bromont concernant le projet de conversion de la ligne de 120 kV de Cleveland-Waterloo, qui part du poste Cleveland à Granby, en ligne de 230 kV.

«On a présentement une ligne 120 kV sur portique de bois, qui va être augmentée à 230 kV, mais exploité à 120 kV, l’objectif étant de répondre aux besoins futurs et avoir les installations adéquates pour ne pas avoir à revenir dans 10, 15 ou 20 ans, a expliqué la conseillère en relation avec le milieu pour l’Estrie et la Montérégie, Mélanie Destrempes. Il y a quand même un besoin en ce moment d’intervenir parce que le réseau est à pleine capacité et les installations sont désuètes.»

«Pour la conversion du réseau, c’est important d’avoir un axe central fort, a ajouté l’ingénieure de projets, Monique Houde. L’axe entre le poste Cleveland, qui est à la sortie 74 de l’autoroute 10 à Granby, et Magog, c’est important qu’il soit fort pour pouvoir alimenter les futurs postes à 120 kV. Le plan de conversion est déjà débuté avec le poste d’Adamsville, à Bromont, avec sa ligne qui vient du poste Cleveland. On est à la deuxième étape.»

Si la majorité de la nouvelle ligne utilisera l’emprise existante d’Hydro-Québec, trois tracés avec des points d’angle différents sont proposés pour le secteur où se trouve le Fougueux, à la sortie 78 à Bromont.

«Dans un projet comme celui-là, au point de vue environnemental, d’utiliser l’emprise déjà existante, c’était la solution de moindre impact, a indiqué la chargée de projet en environnement, Annie Prince. Dans le coin du rond-point, on a regardé si on pouvait la passer dans un autre secteur, mais il y a beaucoup d’espèces à statut particulier, d’aires fréquentées par le cerf de Virginie puis la piste cyclable, donc ça devenait extrêmement contraignant.»

Ailleurs, l’emprise sera élargie de 1,75 m de chaque côté avec environ un pylône pour deux portiques de bois.

Hydro-Québec est également parvenue à réduire la hauteur des différents pylônes afin de minimiser l’impact visuel.

«On a réussi à les compacter, on a fait un gros travail pour les pylônes d’alignement et on a poursuivi les efforts sur les pylônes d’angle, a rapporté l’ingénieur Jean-François Gravel. On a un gain quand même appréciable. Les pylônes seront toujours plus bas que 40 m.»

La cinquantaine de propriétaires touchés seront indemnisés par Hydro-Québec selon l’impact de la conversion. Plusieurs ont déjà été rencontrés par la société d’État.

«Que ce soit en milieu rural, cultivé ou forestier, on a une entente intervenue depuis plusieurs années avec l’UPA, a souligné Louis Lesage, agronome en expertise immobilière. On a des secteurs boisés, on paie le fond de terre une fois et demi sa valeur, on paie les pertes de récoltes futures, on ajoute des dommages aussi, une bande de 5 m pas déboisée en entier.»

Un plateau était également réservé aux gens qui pouvaient être préoccupés par l’impact des champs électromagnétiques de la conversion de la ligne.

«Souvent, les gens se préoccupent des champs magnétiques parce que ça a fait l’objet de beaucoup d’études, a rapporté le spécialiste en électromagnétique, Jean-Pierre Tardif. Avec le nouveau projet, les champs des gens qui habitent à proximité, les niveaux vont baisser.»

«Les conducteurs vont être beaucoup plus haut que ceux actuels, a ajouté le Dr Michel Plante, lui aussi spécialiste en électromagnétique. La distance est un gros facteur. Quand on double la distance, on réduit environ de trois à quatre fois le champ. Donc, le fait de monter et le fait que deux circuits en sens contraire vont annuler plus le champ, il devrait en avoir moins. Ce n’est pas intuitif pour les gens, ça peut être de nature à les rassurer.»

La consultation se poursuit également en ligne. La population peut transmettre son avis au ligne-cleveland-waterloo.metroquest.ca.

«Il y a des gens qui ne pouvaient pas venir en personne, ils travaillent, ils n’ont pas de gardienne ou d’autre chose, mais il y a une consultation en ligne, a fait savoir le conseiller stratégique en participation publique, Hugo Mimee. Ça permet aux gens de donner leur opinion sur des variantes de tracés, des simulations visuelles, des points d’intérêt, des zones sensibles qu’ils peuvent nous indiquer sur une carte.»

Selon l’échéancier de la société d’État, le projet de la ligne Cleveland-Waterloo sera construit d’ici 2020 avec une mise en service en 2021. Hydro-Québec devrait présenter la solution retenue au cours de l’automne.

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