Un invité poilu s’invite au camp de jour

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Par Vincent Lambert
Un invité poilu s’invite au camp de jour
Sur la photo: le groupe de Sherlock en compagnie du chien Zeus, qui se familiarise de plus en plus à l'environnement bondé d'enfants. (Photo : Granby Express-Vincent Lambert)

CAMP DE JOUR. Quelques jours par semaine, un invité poilu tout spécial se joint dans le groupe d’enfants dont est responsable l’animatrice du Club vacances jeunesse, Sherlock. Zeus, qui est âgé à peine de 7 mois, se familiarise depuis le début de l’été avec l’environnement qui l’entoure à l’école secondaire du Verbe Divin. Lorsqu’il aura un an, il ira suivre sa formation pour devenir un chien Mira.

L’animatrice du Club vacances jeunesse et son conjoint ont décidé de devenir une famille d’accueil pour Zeus pendant un an. Leur rôle est principalement de montrer au toutou poilu les rudiments de base de la vie quotidienne comme le maintien d’une bonne santé, le développement d’un comportement adéquat et la socialisation.

«Zeus est comme un chiot qu’on aurait à la maison, explique la principale intéressée. C’est vraiment une expérience et c’est aussi un peu un don de soi parce qu’on s’occupe de lui. On fait comme le bout le plus difficile et après ça, on l’envoie où il aura sa formation [de chien Mira] à un an.»

Sur la photo: l’animatrice Sherlock, accompagnée de Zeus, qui visite les enfants quelques jours par semaine. (photo: Granby Express-Vincent Lambert)

Lorsqu’elle a passé son entrevue pour travailler au Club vacances jeunesse, Sherlock a mentionné à l’organisation qu’elle s’occupait d’un chien Mira et la réaction a été positive. «On a regardé si c’était possible que Sherlock, comme animatrice, ait son chien avec les enfants, indique Laurie Murray, coordonnatrice pour le Club vacances jeunesse. On s’est assis en équipe et on a décidé qu’on allait aller de l’avant vers ce projet-là et qu’on réévaluerait au courant de l’été. Pour l’instant, tout va bien.»

Pour le Club vacances jeunesse, la visite de Zeus auprès des enfants n’était pas vue comme un problème puisque déjà quelques tout-petits atteints d’autisme amenaient leur propre chien Mira. «Ça devient souvent un beau repère pour les enfants; ça les sécurise involontairement, sans qu’ils s’en rendent compte vraiment, affirme Mme Murray. Ce n’est pas une contrainte en soi. C’est un ajout qu’on a décidé de faire et ça fonctionne.»

Puisque Sherlock a été placée au Verbe Divin pour travailler comme animatrice, c’est cet établissement qui reçoit ainsi la visite de Zeus quelques jours par semaine, au grand bonheur des enfants. «On n’avait pas de préférence selon les parcs, mais c’est sûr qu’ici, c’est encore plus agréable parce qu’on a un grand espace», souligne Laurie Murray.

Une intégration plus facile

La présence de Zeus au Verbe Divin facilite l’intégration de certains enfants du Club vacances jeunesse. En effet, quelques-uns plus réservés sont portés à sortir de leur zone de confort pour se joindre au groupe.

«Certains enfants sont plus renfermés ou ont plus de difficulté à s’intégrer dans un groupe, note Sherlock. Quand le chien est là, ils vont venir et être plus contents. Ce qui fait en sorte qu’ils ont plus de facilité aussi à s’intégrer. [Un chien comme celui-là] peut les amener à aller plus vers le jeu ou l’animateur qui est là.»

Zeus n’est pas le seul chien Mira en devenir qui visite les enfants dans un camp de jour puisqu’un membre de sa famille d’accueil y travaille. «C’est sûr que ce n’est pas nécessairement quelque chose de commun, admet Sherlock. Je sais qu’il y  a une autre famille d’accueil au Québec, dont la fille qui a le chien est aussi en camp de jour.»

Bien que Zeus ne reçoive pas encore sa formation de chien Mira, Sherlock doit tout de même appliquer certaines règles au Club vacances jeunesse pour assurer le bon comportement de l’animal.

«C’est sûr qu’on a des règles à respecter, mais la majorité de celles-ci sont plus à la maison, explique-t-elle. [Zeus] n’a pas le droit par exemple de monter sur le divan ou sur le lit, mais ici [au camp de jour], ce n’est pas quelque chose qu’on a à gérer. Il faut également qu’il mange seulement ses croquettes et rien d’autre.»

Parce que plusieurs objets comme des ballons traînent ici et là au camp de jour, Sherlock doit assurer une surveillance pour ne pas qu’il mette par exemple tout ce qu’il voit dans sa bouche. «C’est beaucoup de gestion quand même parce qu’il n’a pas eu encore sa formation de chien guide ou de chien d’assistance.Il n’est pas au point et c’est normal.»

Une ouverture pour l’expérience

La présence de Zeus au Verbe Divin lui permet de s’habituer aux comportements des enfants  si jamais il est choisi pour accompagner des jeunes vivant avec le trouble du spectre de l’autisme.

«Il commence à connaître les enfants, confirme Sherlock. Par exemple, si un enfant veut le flatter, il se couche tout de suite par terre et on s’organise pour ne pas qu’il soit trop énervé. C’est sûr qu’on a établi des règles comme quoi les jeunes n’ont pas le droit de le flatter sans le demander. La majorité des [enfants] sont excités.»

Faisant partie du groupe de Sherlock, Britanny n’hésite pas à dire qu’elle aime pouvoir côtoyer Zeus quand elle se rend au camp de jour. «Je suis contente, dit-elle. Il est gentil et il est beau. C’est l’animal que je préfère.»

Bien qu’apporter Zeus à son travail nécessite plus de gestion pour Sherlock, elle confie aimer son aventure. Comme organisation, le Club vacances jeunesse pourrait même être tenté de répéter l’expérience, encore une fois, avec seulement un chien Mira.

«On nous amène des suggestions; on les essaie et après ça, on regarde ce qu’on peut faire, affirme Mme Murray. Clairement, pour nous, ce n’est pas devenu une contrainte, donc si quelqu’un me rapporte cette idée-là, absolument, je vais la refaire. On est ouvert à ça.»

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