Combattre la maladie un pas à la fois

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Par Vincent Lambert
Combattre la maladie un pas à la fois
Sur la photo: Jessika Allaire, (à droite) en compagnie de sa mère Johanne Douville, survivante du cancer. (Photo : Granby Express-Vincent Lambert)

COMMUNAUTÉ. Touchée par la maladie depuis plusieurs années, la Granbyenne Johanne Douville doit se battre chaque jour pour continuer de s’accrocher à la vie. Pour mieux la soutenir dans sa bataille, sa fille Jessika Allaire est venue s’établir dans la région. Souhaitant faire une différence positive, celle-ci a décidé d’enfiler les kilomètres pour sa mère avec la Virée Rose, mais aussi, pour toutes les personnes qui luttent pour leur survie.

«Épauler quelqu’un qui passe à travers ce genre de chose peut être à la fois difficile et rempli d’apprentissages parce qu’on voit à quel point l’être humain peut se battre, explique Jessika Allaire. Ça m’a donné le goût de faire une différence à cause de tout ce qu’on a parcouru ensemble à travers la maladie.»

La mère de Jessika Allaire a d’abord été diagnostiquée d’un cancer du sein il y a quelques années. Celui-ci s’est ensuite propagé dans les ganglions; elle est présentement en rémission. Johanne Douville a dû affronter plus tard le cancer du poumon gauche, pour lequel elle s’est fait enlever une partie du lobe. Aujourd’hui, son poumon droit est sous surveillance médicale.

«On s’est souvent dit que 24h, c’est trop, souligne avec émotions Mme Allaire. On le prend une heure à la fois. Oui, au début, ma mère est passée à travers une phase où elle ne voulait pas se battre. On ne s’en cachera pas, les traitements derrière le cancer sont extrêmement douloureux et épuisants pour la personne malade.»

Outre le cancer, Mme Douville doit aussi gérer d’autres maladies qui font partie de son quotidien et qui «causent beaucoup de mal».

«J’ai baissé les bras un moment donné, confie-t-elle. [Le soutien], c’est sûr que ça fait une grosse différence, mais il faut que tu aies le désir profond de vouloir te battre aussi. C’est une épée de Damoclès; tu l’as toujours au-dessus de la tête. Automatiquement, tu vis 24h à la fois. C’est la seule façon de la gérer [la maladie].»

Jessika Allaire a quitté sa vie en Ontario pour en commencer une nouvelle avec son garçon, à Granby, afin de soutenir sa mère à travers les traitements. Un geste que Mme Douville apprécie grandement.

Bouger et faire une différence

Pour une deuxième année consécutive, Mme Allaire participe à la Virée Rose, qui est la plus importante activité de collecte de dons annuelle de la Fondation du cancer du sein du Québec.

Ce mouvement collectif et sportif invite les Québécois à bouger depuis le premier mai, et ce, jusqu’au 29 septembre en parcourant les kilomètres à vélo, à pieds ou de toute autre façon.

Jessika Allaire a encore une fois répondu à l’invitation puisqu’elle souhaite faire une différence positive dans son quotidien et soutenir sa mère ainsi que toutes les personnes qui doivent combattre le cancer du sein, entre autres.

«Je suis tombée [là-dessus] par hasard, admet la principale intéressée. En fait, ça a commencé l’année dernière quand j’ai en tout et partout décidé de courir pour mon bien-être, pour me remettre en forme et pour diverses autres raisons.»

«Je voulais faire une différence avec le temps que j’avais sans être obligé de solliciter tout le monde à me supporter avec des dons, poursuit-elle. Ça rentrait pas mal dans tout ce que je recherchais; ça me rejoignait.»

Cette année, la Granbyenne s’est fixé comme objectif de parcourir 250 kilomètres et d’amasser 100 $ pour la Fondation du cancer du sein du Québec.

«Depuis que je suis plus jeune, ma mère a eu des visites à l’hôpital pour différentes raisons. J’ai acquis beaucoup de connaissances. En observant les gens: la maladie, la douleur; elles sont partout. Il y a tellement de façons aujourd’hui de s’entraider dans une société qui est rendue très individualiste. Faire du bien pour les gens, ça a toujours été quelque chose qui faisait partie de mes valeurs», précise celle qui invite la population à faire comme elle.

Un soutien apprécié

Johanne Douville est très émotive quand elle parle de tout ce que sa fille fait pour elle, mais aussi de son implication à la Virée Rose.

« [La présence des gens pour livrer une bataille], c’est très important. Il faut foncer et se décentraliser de soi-même. Quand tu es atteinte du cancer, un moment donné, c’est sûr que tu es axée sur toi, sur ta douleur, sur le fait que tu sais ce qui se passe en dedans de ton corps et ça te gruge. Voir que ma fille fait ça pour moi, c’est sûr que c’est une fierté et c’est sûr que j’ai de l’admiration pour ça.»

Mme Douville aurait bien aimé accompagner sa fille dans la Virée Rose, mais elle consacre plutôt son énergie et ses efforts pour retourner au travail.

«Il ne faut jamais lâcher la clé de l’espoir, note-t-elle. Il y a toujours de l’espoir. La bataille est là, il faut la faire et il faut la gagner. On verra jusqu’où la maladie va évoluer. Si elle évolue, là on fera face à ça à ce moment-là, mais je sais que je vais avoir toujours du support de ma fille. Ça, je le sais.»

Pour plus de détails concernant la participation à la Virée Rose de Jessika Allaire, il est possible de cliquer ici.

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