Après deux ans… déjà des livres à l’étranger

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Par Vincent Lambert
Après deux ans… déjà des livres à l’étranger
Sur la photo: Virginia Houle et Karine Cotnoir, copropriétaires et libraires par choix à la librairie Le Repère. (Photo : Granby Express-Vincent Lambert)

ENTREPRENEURIAT. Virginia Houle et Karine Cotnoir ont gagné leur pari il y a deux ans en lançant leur librairie jeunesse, Le Repère, sur la rue Principale à Granby. Bien qu’elles se soient lancées dans un « vide calculé», les copropriétaires ne se doutaient pas que leurs livres trouveraient preneurs aussi rapidement à l’étranger.

La librairie Le Repère a récemment célébré  son deuxième anniversaire.  Depuis son inauguration, le nombre de livres jeunesse qui a franchi les portes est énorme; tous les mois, de 1 000 à 1 500 bouquins s’ajoutent à l’inventaire déjà en place.

«On a un gros inventaire de livres jeunesse de près de 10 000 titres, se réjouit  Mme Cotnoir. On ne retrouve pas ça partout. C’est allé vite. Ça fait juste deux ans, mais il s’est passé tellement de choses.  C’est passionnant les livres pour enfants. Jamais on ne va pouvoir s’ennuyer; ils sont beaux et on voulait leur faire une place en région.»

Membre de la coopérative des Librairies indépendantes du Québec, la librairie Le Repère bénéficie d’une plateforme en ligne où elle peut joindre son inventaire à celui des autres libraires indépendants du Québec. Cet outil lui a permis récemment de trouver preneurs, oui au Québec, mais aussi, entre autres, à Vancouver, à Toronto, au Mexique et au Vermont.

Pour Virginia Houle et Karine Cotnoir, qui ont choisi d’être libraires par choix, il s’agit d’une belle visibilité pour leur entreprise. «C’est toujours une belle surprise, avouent les deux partenaires d’affaires.  De plus en plus de gens veulent encourager un magasin local avec des produits québécois.»

Les personnes qui achètent des livres de l’étranger sont parfois originaires de la région ou bien ont de la famille dans le coin. Une chose est certaine: la librairie Le Repère a déjà franchi les objectifs qu’elle s’était précédemment fixés.

«Présentement, toutes nos prévisions ne sont plus bonnes parce qu’elles sont déjà atteintes, même celles de l’année prochaine, commente Mme Cotnoir. Ça va bien et plus qu’on pensait!»

Une grande passion

Quand elles ont décidé de se lancer en affaires avec une librairie jeunesse, Virginia Houle et Karine Cotnoir savaient dans quoi elles s’embarquaient. Avant même de savoir s’il y avait une demande dans la région, elles étaient passionnées par la littérature jeunesse.

Si au début des années 2010 plusieurs librairies ont dû fermer leurs portes au Québec, ce n’est pas ce qui a empêché les deux collègues de suivre leur rêve. «Il y a toujours eu un risque, peu importe l’entreprise, admet Mme Houle. Quand j’ai discuté avec la directrice générale de l’Association des libraires, elle me disait que si l’inventaire était bien géré, tout allait bien aller.»

Selon leur étude de marché, Virginia Houle et Karine Cotnoir ont conclu que dans les librairies indépendantes du Québec, un livre sur trois qui est vendu touche la jeunesse. C’est d’ailleurs ce qui a convaincu les copropriétaires de s’installer sur la rue Principale.

«Le chemin s’est fait naturellement, soulignent-elles. On s’est lancées dans un vide, mais un vide calculé. On a clairement une grande passion pour ce qu’on fait et on aime la communiquer. On a montré notre sérieux, notre vision claire, mais on est agréablement surprises de l’essor de notre magasin.»

Et quand est-il de l’arrivée du numérique? Nuit-elle au livre papier? «Le rapport au livre papier, principalement en jeunesse, est vraiment très fort, estiment mesdames Cotnoir et Houle. Les statistiques ne sont pas super favorables aux livres numériques et les parents veulent que leurs enfants lâchent la tablette. En littérature jeunesse, ce n’est pas quelque chose qui nous affecte autant. Il y a eu plusieurs tests pour le livre électronique jeunesse; c’est des flops monumentaux.»

Si certaines libraires n’offraient pas «un service adéquat» quand Virginia Houle et Karine Cotnoir allaient magasiner des livres, les femmes d’affaires ont voulu assurer une expérience rehaussée pour leur clientèle. Elles ont voulu apporter leur propre couleur pour offrir un service personnalisé, et selon elles, c’est ce qui explique notamment leur succès.

«Le client est au cœur de tout. Les enfants ont le droit de se promener et de toucher à des livres. On met la famille au cœur de l’expérience client. On prend soin de notre monde.»

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