Jean Côté pas prêt d’accrocher ses pinceaux

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Par Vincent Lambert
Jean Côté pas prêt d’accrocher ses pinceaux
L'artiste Jean Côté a peint nombreuses œuvres dans son atelier de la rue Cowie à Granby. (Photo : Granby Express-Vincent Lambert)

ARTS. Quand il était enfant, l’artiste granbyen Jean Côté éprouvait «le bonheur total» lorsqu’arrivait l’heure du dessin à l’école. Au fil des années, sa passion, tout comme son talent, l’a mené à exposer ses sculptures et ses peintures un peu partout dans le monde. Bien qu’il soit âgé de 82 ans maintenant, ne pensez pas qu’il compte accrocher ses pinceaux, bien au contraire. Il expose présentement à l’Atelier d’art Knowlton avec le sculpteur Alain Stanké.

«Même si je suis rendu à un âge avancé […] il n’y a pas vraiment de retraite, a commenté l’artiste sympathique. Je ne pense pas accrocher mes pinceaux. Même [quand] le peintre sera parti dans un autre monde, je pense que ça va continuer.»

L’atelier de M. Côté est situé sur la rue Cowie depuis près de 25 ans et témoigne la passion de l’homme pour l’art. On retrouve des peintures et des sculptures installées ici et là dans la pièce qui se laisse bercer par de la musique classique d’un vieux radio. C’est là où l’artiste transpose son imagination sur des toiles ou des pierres qu’il personnalise.

«Ça fait longtemps que je suis ici, a rappelé celui qui est natif de la région du Lac-Saint-Jean. Je travaille selon  ce que je ressens. Il y a comme une communion entre l’artiste et le matériel que je trouve. [La façon de voir l’art] change toujours. Je travaille un peu dans l’abstrait et des fois, j’y ajoute du concret. Ça a toujours été une recherche constante pour chaque œuvre et sculpture.»

Au début de sa carrière, Jean Côté a réalisé bon nombre de tableaux et d’œuvres sur papier, mais il a plus tard découvert la sculpture, une approche artistique avec laquelle il a commencé à utiliser tout ce qui l’inspirait.

«C’était quand même fascinant parce que le travail manuel avec la sculpture t’apporte une dimension différente, a confié le principal intéressé, assis sur le sofa de son atelier. J’ai  travaillé la pierre, le métal. Ce que j’aime, c’est de continuer à peindre et à sculpter. C’est ma vie.  Il n’y a peut-être pas beaucoup de carrières qui ont cette chance […] de voir son art continuer à voyager.»

Une bonne étoile

Ce n’est pas toujours évident pour un artiste de voir son art reconnu dans son propre patelin, dans son pays et même à l’étranger. Jean Côté a réussi à exposer son talent à travers le monde en exposant, entre autres, au Musée des Beaux-Arts d’Hanoï et d’Hô-Chin-Minh au Vietnam.

«C’est un parcours, quand même, qui est fascinant, a remarqué le Granbyen. J’ai eu de la chance, une bonne étoile.»

Aujourd’hui, Jean Côté, en plus d’un nombre incalculable d’œuvres, peut se vanter d’avoir réalisé pas loin de 150 expositions dans différents endroits dans le monde. «J’aurais pu [exposer] juste au Québec et ç’aurait été magnifique, mais ce n’est pas ça que j’ai voulu. J’ai voulu aller dans d’autres pays.»

Durant son parcours artistique, M. Côté se réjouit d’avoir eu l’opportunité de faire plusieurs rencontres comme celle avec le célèbre peintre, Jean-Paul Riopel.

«J’ai eu la chance de rencontrer M. Riopel, a souligné l’artiste-peintre. Je l’ai connu comme ami et je l’ai fréquenté pendant 16 ans. C’est le plus grand peintre du Canada et du Québec quasiment. Il y a toujours eu des rencontres super intéressantes dans mon parcours. On dirait que j’étais motivé par ces rencontres-là [avec] des personnalités. Ça m’a amené à voyager et à aller plus loin.»

Une exposition bien spéciale

Jean Côté n’a pas assez de doigts pour compter toutes ses expositions, mais celle qui affectionne particulièrement est Non à la guerre, qui présente des éléments de guerre transformés en symbole de paix, et qui ont été exposés à Granby, au Centre France Arbour en 2016.

«Pour moi, c’est une des expositions les plus importantes de ma carrière. Ce n’est peut-être pas facile à vendre, mais je l’ai fait parce que ça m’interpelle. Il y a un message dans ça. Je veux que cette exposition-là voyage, peu importe l’endroit, ici ou outre-mer. Je ne veux pas qu’on l’ait vu une fois et que ce soit dans l’atelier.»

L’exposition Non à la guerre pourrait être nouvellement exposée, mais cette fois, du côté de Lévis, au musée Le Régiment de la Chaudière. Le tout reste cependant à confirmer.

Ce n’est pas les projets qui manquent ces temps-ci pour Jean Côté, qui carbure à la peinture et à la sculpture. D’ailleurs, «il y a quelque chose avec Granby, mais c’est à confirmer», a affirmé celui qui a grandi sur une ferme.

Jusqu’au 30 septembre, Jean Côté présente quelques-unes de ses toiles, lesquelles sont accompagnées des sculptures d’Alain Stanké, à l’Atelier d’art Knowlton. C’est Marie-Josée Choquette, alias MariemuZ, qui a proposé la réunion des deux artistes dans une même exposition, dont le titre est Côté/Stanké.

L’artiste de Granby espère présenter son matériel pendant encore plusieurs années. Il confie que ses œuvres sont comme ses enfants.

«C’est un peu ça la vie d’artiste, a-t-il noté. Je pense que les passionnés sont des gens un peu fous qui continuent tout le temps sans lâcher. C’est l’histoire de ma vie. Tout ce que je souhaite, c’est que les expositions continuent. Je vais vivre vieux parce que je suis déjà vieux», a-t-il lancé en riant.

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