La popote roulante a sa propre cuisine

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Par Vincent Lambert
La popote roulante a sa propre cuisine
Permettre à la popote roulante d’avoir sa propre cuisine était un projet qui «trottait depuis longtemps» dans la tête des membres du conseil d’administration du Centre d’action bénévole de Granby (CABG). Après deux ans de travail, l’organisme peut maintenant préparer lui-même les repas et offrir un meilleur rendement à sa clientèle. (Photo: Granby Express-archives) (Photo : Granby Express-archives)

COMMUNAUTAIRE. Permettre à la popote roulante d’avoir sa propre cuisine était un projet qui «trottait depuis longtemps» dans la tête des membres du conseil d’administration du Centre d’action bénévole de Granby (CABG). Après deux ans de travail, l’organisme peut maintenant préparer lui-même les repas et offrir un meilleur rendement à sa clientèle.

«C’est un service auquel on pensait depuis longtemps, a commenté Nathalie Roberge, directrice générale du CABG, lors du dévoilement des installations, lundi dernier. On est content que, finalement, ça se concrétise. Les objectifs étaient bien sûr d’avoir un meilleur contrôle sur les coûts, mais surtout, sur la qualité parce qu’on a à cœur de donner un service de qualité à nos aînés.»

Parce que les installations du Centre ne pouvaient permettre la préparation des repas – et même encore aujourd’hui- aux personnes âgées et en convalescence, ceux-ci étaient, jusqu’à la fin de 2018, concoctés par d’autres.

Malgré une augmentation de la population vieillissante, le CABG avait noté au cours des dernières années une baisse dans le nombre de repas livrés. Grâce au bouche-à-oreille, l’organisme observe une hausse de 34 % par rapport à la même période l’an dernier.

«Un moment donné, on a eu des problèmes avec un fournisseur et là, ça a baissé, a indiqué Nathalie Roberge. On s’est dit que ce n’était pas normal avec le vieillissement de la population et c’est pour ça qu’on a décidé de reprendre le contrôle. »

Après plusieurs démarches, le Centre d’action bénévole de Granby a finalement ouvert en janvier 2019 sa cuisine, sise sur la rue Saint-Jean-Baptiste. Depuis, presque 10 000 repas ont déjà été cuisinés.

«Les choses vont bien, a confirmé Mme Roberge. On voulait pour notre première année [faire] entre 10 000 et 11 000 [repas]. On va dépasser l’objectif qu’on s’était donné. On voulait roder notre affaire avant d’annoncer at large. Les gens sont contents.»

Une implication importante

La présence des bénévoles au sein de la popote roulante permet d’assurer le bon déroulement de la préparation des repas, mais aussi de leur distribution. «Sans eux, ça ne pourrait pas marcher», a lancé la présidente du CABG, Mireille Giguère.

Au total, plus de 70 personnes «donnent un coup de main» à la popote roulante et permettent de livrer de 60 à 70 repas par jour, tout en assurant un suivi avec les personnes âgées ou en convalescence.

«Selon une étude récente qui a été faite au Canada sur les personnes âgées, les gens qui vivent seuls à domicile, c’est 50 % qui sont à risque  nutritionnel, a illustré Nathalie Roberge. C’est la moitié des gens, c’est très important. »

La popote roulante est bien plus qu’un simple repas aux yeux de Mme Roberge. Elle permet de faire un suivi avec sa clientèle via les bénévoles et de prendre les mesures nécessaires pour que la famille intervienne si quelque chose cloche.

Des restaurateurs impliqués

Pour la première fois au Québec, des restaurateurs granbyens ont décidé de s’impliquer dans le projet de la popote roulante de la ville en préparant des menus pour des événements festifs comme l’Action de grâce, Noël, la Saint-Valentin, et la liste s’étire encore.

Impliqué dans le projet, Philippe Payen, de c’est Belge, a recruté cinq autres restaurants pour qu’ils se joignent à lui dans l’aventure: le Marmiton, l’Attelier Archibald, le Bistro Kapzak, La Table à Mo et l’Oblon.

«C’était un projet qui me tenait à cœur en tant que restaurateur [parce que] ce n’est pas parce qu’on vieillit qu’on ne peut plus bien manger, a insisté Philippe Payen, qui a agi comme consultant bénévole pour le projet de la popote roulante. On avait goûté des menus que les personnes [âgées] recevaient, honnêtement, c’était difficilement mangeable. Ça m’a choqué, ça m’a touché, c’est là que j’ai dit il faut qu’on bouge.»

«Manger compte parmi les plus grands plaisirs de la vie, a-t-il ajouté. Ça n’a pas été difficile pour moi de convaincre tous ces restaurateurs au grand cœur de s’impliquer dans un projet innovateur et je reste convaincu que d’autres grands chefs et leur équipe viendront bientôt rejoindre la popote roulante de Granby qui [avec] son dévouement et son ouverture d’esprit ne peut qu’inciter d’autres régions à s’inspirer de cette association entre popote roulante et restaurateurs locaux. »

La directrice générale Nathalie Roberge ne s’en cache pas: «on est content d’avoir cet élément-là qui nous distingue des autres popotes justement», a-t-elle affirmé, en rappelant que les repas seront insérés dans des contenants composables et recyclables.

Rappelons que la Caisse Desjardins de Granby-Haute-Yamaska et la MRC de La Haute-Yamaska ont contribué au projet de la popote roulante, respectivement, à la hauteur de 75 000 $ et de 50 000 $.

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