Eva s’envole à l’aéroport Pierre-Eliott-Trudeau

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Par Vincent Lambert
Eva s’envole à l’aéroport Pierre-Eliott-Trudeau
Le nouveau service offert par Eva est lancé aujourd'hui, au grand bonheur de Dardan Isufi et de son équipe. (Photo : Gracieuseté-Eva)

ENTREPRENEURIAT. Après plus de 15 000 membres passagers et quelque 400 membres conducteurs, Eva poursuit son envol, mais cette fois-ci, à l’aéroport Pierre-Elliott-Trudeau. La coopérative a décidé d’offrir des véhicules dédiés aux passagers voulant sortir ou se rendre sur le site accueillant bon nombre d’aéronefs.

«On est vraiment heureux parce qu’on lance, en partenariat avec l’aéroport de Montréal, une offre de services qui est québécoise et qui est à ce jour inexistence depuis le départ de Téo taxi», se réjouit le Granbyen Dardan Isufi, cofondateur d’Eva avec Raphaël Gaudreault.

Ce projet avec l’aéroport Pierre-Elliott-Trudeau, lancé aujourd’hui, permet donc de combler plusieurs besoins comme la congestion routière, le manque de stationnements et d’offrir un service supplémentaire aux voyageurs puisque Montréal est «une des rares métropoles occidentales à ne pas avoir un réseau de transport public connecté directement à son aéroport», explique M. Isufi.

«On a non seulement une aire d’embarquement et de débarquement aux portes sept et huit dans la section des arrivées, mais également, on a un espace de stationnement pour nos membres conducteurs afin d’offrir un service dans le délai d’une à deux minutes pour les gens qui arrivent», ajoute le chef d’orchestre opérationnel de la coopérative.

L’équipe d’Eva, qui compte à ce jour une dizaine d’employés, tiendra également un kiosque à l’intérieur même de l’aéroport pour «charmer les gens des régions». «Auparavant, notre offre de service était plus orientée vers les citadins de Montréal, reconnaît Dardan Isufi. Or maintenant, on veut vraiment aller chercher des membres passagers provenant déjà des régions et leur offrir une alternative locale, sociale et rapide. C’est vraiment d’avoir une approche humaine, d’aller chercher ces gens-là et de les prendre sous notre aile pour les embarquer dans notre véhicule.»

Le nouveau service de mobilité local et social à l’aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau vient donc s’ajouter aux différents services offerts de taxi, de location de véhicules, de transport en commun et d’Uber, présent également dans cet écosystème.

Selon Dardan Isufi, l’application permettra d’innover le service à la clientèle de l’aéroport et de réduire les émissions de gaz à effet de serre tout comme le nombre d’autos-solo. Précisons que les membres d’Eva peuvent mettre à jour leur application mobile dès maintenant afin de profiter du nouveau service en question.

«On veut faire mieux»

Depuis le lancement d’Eva il y a quelques mois, le nombre de courses a connu une croissance constante. Bien que le nombre de membres passagers ait déjà atteint les 15 000 personnes et que le nombre de membres conducteurs se chiffre à environ 400 (en plus des 500 en cours d’inscription), M. Isufi et son équipe souhaitent encore améliorer le produit.

«On est vraiment dans nos chiffres, assure le principal intéressé. C’est sûr qu’on veut faire mieux, on veut faire plus. Je pense que tout entrepreneur […] veut toujours avoir plus qu’espéré. [Il y a] beaucoup de défis devant nous. C’est un marché qui est ultra compétitif.»

Éventuellement, Eva aimerait s’implanter dans les régions, mais pour le moment, «le projet pilote dans lequel on opère nous l’interdit», fait remarquer Dardan Isufi.

«Le projet de loi 17 (projet de loi concernant le transport rémunéré de personnes par automobile) est en train de le permettre, mais il n’est pas encore adopté. C’est sûr qu’on veut le faire. Il y a plusieurs raisons à ça; la première étant qu’Uber n’y est pas. La deuxième étant qu’il y a moins de problèmes que dans les grandes villes, [où il y a] de la congestion et également beaucoup de fraudes par carte de crédit. En région, c’est beaucoup plus absent.»

Même si le marché dans lequel évolue Eva est «quand même complexe», Dardan Isufi affirme que son équipe et lui réussissent malgré tout à tirer leur épingle du jeu.

«Jusqu’à présent, on y arrive, note-t-il. Je pense que c’est vraiment [grâce] au modèle coopératif d’Eva. On a des membres conducteurs qui travaillent fort et qui prennent vraiment la peine d’offrir un service hors pair. La plupart des membres passagers sont des gens qui utilisent Eva en raison des valeurs que dégage Eva. Ce sont des gens qui veulent acheter et consommer local. C’est vraiment ça qui nous propulse présentement.»

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