Stationnement à durée limitée: une commerçante du centre-ville de Granby n’en peut plus

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Par Eric Patenaude
Stationnement à durée limitée: une commerçante du centre-ville de Granby n’en peut plus
La commerçante Megan Proulx s'insurge contre le modus operandi des stationnements au centre-ville de Granby. «Je gère mon commerce toute seule de A à Z. Je ne peux quand même pas mettre mes clients dehors parce que je dois aller tasser mon auto.» (Photo : GranbyExpress-Éric Patenaude)

MUNICIPAL. Megan Proulx ne décolère pas. La propriétaire de la boutique «Pignon sur rue» en a ras-le-bol du fonctionnement des stationnements au centre-ville de Granby. Forcée de déplacer son véhicule à tout bout de champ pour éviter d’être en infraction, la femme d’affaires a tout de même reçu pour plus de 2000 $ d’amende pour stationnement illégal depuis janvier dernier. Une situation qui ne donne pas le goût de brasser des affaires sur la rue Principale, allègue la commerçante.

«Je gère mon commerce toute seule de A à Z. Je ne peux quand même pas mettre mes clients dehors parce que je dois aller tasser mon auto.» «Quand il n’y a pas d’école, je’n’ai aucun problème à me trouver un stationnement pour toute la journée. Mais quand c’est jour d’école, on oublie ça. Après 8h, c’est plein», a renchéri la commerçante.

Des délais supplémentaires pour dénicher une case dans la zone «deux heures», le recours aux alertes sur son téléphone intelligent pour lui faire penser d’aller bouger sa voiture et la monnaie pour le parcomètre. Megan Proulx n’en peut plus d’avoir à partager son temps entre son commerce et les stationnements de la Ville. «Quand je n’ai pas de place, je me stationne sur la rue Principale. Ça me coûte de 2 $ pour deux heures et en cours de journée, je rajoute des 2 $ et encore des 2 $», ironise-t-elle.

À ce contexte s’ajoute le travail des préposés aux stationnements qui, selon Mme Proulx, ne font pas toujours preuve de compassion envers les commerçants du centre-ville. «À une occasion, je sortais des trucs de ma voiture. Ma portière était ouverte et il (préposé aux stationnements) m’a remis un ticket. Pourquoi? «Ce n’est pas marqué «livraison» sur ton char», m’a-t-il répondu.»

Selon Megan Proulx, des représentants commerciaux et même des habitués de la rue Principale hésiteraient à venir au centre-ville de peur de se faire coller une contravention.

«Les clients ne veulent plus être stressés par les stationnements. Ne vous demandez pas pourquoi le stationnement du centre d’achat est plein alors qu’ici, c’est vide», fait observer la commerçante.

Exaspérée de payer des contraventions, l’entrepreneure a même songé à déménager son entreprise. «Pour moi, 2000 $, c’est beaucoup. (…) Fermer sa boutique pour aller mettre de la monnaie dans le parcomètre, je trouve que c’est assez ordinaire.»

Des solutions?

Et à moins d’un an du lancement de la première portion des travaux de revitalisation au centre-ville, Megan Proulx dit craindre le pire, entre autres, avec le retrait éventuel de places de stationnement. Pour pallier à ses pertes, la jeune femme d’affaires propose d’offrir une vignette de stationnement aux commerçants qui opèrent une entité au  centre-ville. «Ça coûterait quoi à la Ville de remettre une place de stationnement réservé par commerce», se questionne-t-elle.

Du côté de Commerce Tourisme Granby et Région (CTGR), on assure être aux faits des irritants liés aux stationnements. «Nous avons fait une enquête sur la situation des stationnements et actuellement, ce dossier est dans la cour de la Ville dans le cadre du projet de revitalisation du centre-ville», a laissé entendre la codirectrice de CTGR, Fanny-Ysa Breton.

Quelles seront les alternatives lors des travaux? Comment se déploiera la gestion des stationnements à l’issue du chantier? Tout est à l’étude à l’heure actuelle, soutient le responsable du bureau de projet de la Ville de Granby, Daniel Surprenant.

«Oui, ça sera réétudié l’utilisation des différents stationnements.» «Peut-être qu’éventuellement, l’une des solutions à analyser sera de voir si certains commerçants ne pourraient pas avoir des vignettes qui leur empêcheraient d’avoir des constats ou qui leur permettraient de se stationner à plus long terme.»

«Par contre, il faut voir l’impact de cette décision dans un objectif d’un centre-ville accessible pour les clients et les résidents. Quand on donne à un, on enlève à l’autre. C’est pour cela qu’on fait beaucoup de promotions sur la mobilité active pour que les gens puissent se rendre au centre-ville par d’autres moyens pour le désengorger», a rappelé M. Surprenant.

Pour les commerçants et les travailleurs du centre-ville qui se sentiraient lésés, Daniel Surprenant les invite à communiquer avec le comité de circulation de la Ville. «Si la dame (Megan Proulx) considère qu’il y aurait des améliorations à faire, elle peut toujours s’adresser à la Ville», conclut Daniel Surprenant.

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