Couloirs de la violence amoureuse: «C’est extrêmement réaliste»_ Ingrid Falaise

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Par Vincent Lambert
Couloirs de la violence amoureuse: «C’est extrêmement réaliste»_ Ingrid Falaise
Ingrid Falaise a livré un témoignage touchant aux gens présents lors de la conférence de presse. (Photo : Granby Express-Vincent Lambert)

SENSIBILISATION. La comédienne et auteure, Ingrid Falaise, ne sait pas si un jour la violence conjugale sera enrayée parce qu’«il y a tellement de travail à faire». Cependant, des outils comme les Couloirs de la violence amoureuse peuvent grandement y contribuer puisqu’elle juge que «c’est nécessaire et primordial».

«Si j’avais été dans les Couloirs de la violence amoureuse, je n’aurais peut-être pas vécu mon histoire de la même façon, confie celle qui a été victime de violence conjugale il y a une vingtaine d’années. Je m’en serais peut-être sortie plus rapidement.»

Frappée par le réalisme de l’activité, la nouvelle porte-parole a vécu toute une gamme d’émotions en sillonnant les Couloirs de la violence amoureuse, lundi après-midi, au centre Jean-Paul Régimbal de Granby, où prennent place les installations.

«J’ai été happée par une grande émotion parce que ce que je viens de vivre là, c’était ma réalité, souligne la principale intéressée. Ça m’a vraiment déstabilisée. Je ne m’attendais pas à ça. C’est extrêmement réaliste.»

Les Couloirs de la violence amoureuse, conçus d’abord au Saguenay-Lac-Saint-Jean, seront présentés par la Table de concertation pour contrer la violence faite aux femmes de la Haute-Yamaska et de Brome-Missisquoi, et ce, du 18 novembre au 30 janvier.

Quelque 2000 élèves de la Commission scolaire du Val-des-Cerfs, de la Commission scolaire d’Eastern Township et du Collège Mont-Sacré-Cœur se déplaceront sur place pour découvrir le labyrinthe multimédia de 12 mètres par 8 mètres, qui illustre les signes précurseurs de la violence amoureuse, son cycle, son évolution, et la liste s’étire encore.

«Je rêverais que ces couloirs-là soient obligatoires parce qu’on tombe tous amoureux dans notre vie, fait remarquer Ingrid Falaise. On ne peut pas fuir l’amour et chaque histoire de violence conjugale commence par une histoire d’amour malheureusement. Et c’est ça, la problématique, c’est ça qui est complètement fou.»

Informer et outiller

Présentés en Haute-Yamaska (troisième édition) et dans Brome-Missisquoi (2e édition), les Couloirs de la violence amoureuse ont pour objectif de prévenir et diminuer les cas de violence conjugale dès l’adolescence grâce, entre autres, à une quarantaine d’animateurs impliqués du milieu communautaire, du réseau de la santé et des services sociaux et du milieu scolaire et policier.

«Le pourcentage de femmes victimes de violence est trois fois plus élevé que celui des hommes, indique Cathie Sombert, directrice générale de la Maison Horizon pour Elle. Selon les statistiques présentées par la Sécurité publique du Québec, le pourcentage des hommes victimes de violence conjugale est de 22 % et celui des femmes est de 78%.»

«Il est difficile de chiffrer l’impact d’une telle activité de prévention, ajoute Carmen Paquin, directrice générale de la Maison Alice Desmarais. Par contre, on peut dire que les jeunes qui ont visité les couloirs en sont sortis plus informés, plus outillés pour en parler […]»

Pour le Service de police de Granby, tout comme la Sûreté du Québec et le Service de police de Bromont, la mise sur pied d’un projet comme celui de la Table de concertation pour contrer la violence faite aux femmes de la Haute-Yamaska et de Brome-Missiquoi est nécessaire pour que la situation change.

«Ce projet-là prend toute son importance parce qu’on aimerait ça agir en amont, lance Caroline Garand, de la police de Granby. On aimerait ça que nos garçons et nos filles soient capables d’avoir de bons comportements amoureux pour éviter des interventions de ce genre-là. Le message qu’on veut porter à nos jeunes est que c’est important d’agir et c’est important de dénoncer, mais on aimerait éviter que les situations continuent.»

«Il faut qu’on fasse bouger les choses ensemble, insiste Ingrid Falaise, qui conseille aux jeunes d’écouter leur petite voix intérieure. Est-ce qu’on peut l’enrayer un jour [la violence conjugale]? Je pense que les outils sont là. Je pense qu’il faut sensibiliser nos jeunes. Ces comportements-là ne sont pas sains; ils sont toxiques. Ils ne devraient pas être acceptés. J’ai donné mon cœur et ma voix à cette mission-là de mettre en lumière la violence conjugale de toutes les façons possibles.»

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