Monoxyde de carbone: l’ennemi silencieux dans la mire des pompiers à Granby

Photo de Eric Patenaude
Par Eric Patenaude
Monoxyde de carbone: l’ennemi silencieux dans la mire des pompiers à Granby
Tout juste avant de donner le feu vert à une opération de dynamitage dans un rayon de 100 mètres, un préventionniste fait la tournée des résidences pour vérifier la présence d'un détecteur de monoxyde de carbone fonctionnel. Un petit appareil d'une quarantaine de dollars qui peut faire toute la différence, soutient Claude Royer, chef de la chef de la division prévention au Service de sécurité incendie de Granby. (Photo : GranbyExpress-Éric Patenaude)

PRÉVENTION. Ne lance pas qui veut des travaux de dynamitage sur le territoire de la ville de Granby. Depuis 2018, tout entrepreneur doit montrer patte blanche au Service des incendies de Granby (SIG) lors d’une demande de dynamitage afin de prévoir les émanations de monoxyde de carbone; un gaz toxique à haut risque pour la santé. Une nouvelle procédure qui a valu récemment une nomination au Prix Triangle Vert de l’Association des techniciens en prévention incendie du Québec.

«On a eu un appel dans le passé (en 2017) sur la rue Lansdowne pour lequel on a été appelé à travailler avec le service d’ingénierie et un entrepreneur pour une accumulation de monoxyde de carbone dans des résidences à la suite de travaux de dynamitage. Et à partir de là, je me suis dit à l’époque qu’il fallait élaborer une procédure pour contrôler les risques», a expliqué Claude Royer, chef de la division prévention au SIG.

Et depuis un peu plus d’un an, le SIG est désormais informé et paré à intervenir en tout temps dans une zone de dynamitage. Une requête déposée 48 heures avant le déploiement, les coordonnées de l’entrepreneur, l’inspection des résidences dans un rayon de 100 mètres pour s’assurer que les citoyens disposent d’un détecteur de monoxyde de carbone fonctionnel et la distribution d’un feuillet d’information «Danger explosif» aux résidents concernés. Cette nomenclature d’étapes n’est qu’un bref aperçu du protocole à suivre lors d’une session de dynamitage.

«Du moment qu’une compagnie, par exemple, veut faire une réfection de rue nécessitant du dynamitage, les gens nous contactent directement et doivent suivre nos procédures lorsqu’elles leur sont remises lors des rencontres de chantier», a mentionné le chef Royer.

Des villes s’y intéressent

Depuis l’implantation du protocole des pratiques préventives en lien avec les opérations de dynamitage, aucune intervention ou relocalisation de résidents n’a été comptabilisée jusqu’à ce jour.

«Ce qui est important de retenir, c’est que tout le travail se fait en amont avant le début des travaux. De cette façon, on sauve des coûts et des vies», a indiqué Claude Royer.

Même d’autres services incendies de la province s’intéressent de près au mode de gestion des travaux de dynamitage élaboré par le SIG. «Plus il y aura d’organisations qui vont savoir comment intervenir, plus il y aura de citoyens qui vont mieux se porter.»

Rappelons que le SIG a participé au Prix Triangle Vert à l’initiative du directeur du service, Simon Boutin. C’est finalement le Service de sécurité incendie de la Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu qui a remporté les grands honneurs  pour son outil d’analyse des incidents.

Partager cet article

Laisser un commentaire

avatar
  S'inscrire  
Me notifier des