Objectif automne 2020 pour le Petit abattoir

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Par Eric Patenaude
Objectif automne 2020 pour le Petit abattoir
«Ce qu'on veut faire, c'est un abattoir vraiment à l'échelle artisanale pour desservir les particuliers qui font quelques volailles dans leur basse-cour et les petits producteurs», laisse entendre Fermande Ouellet, de la ferme Rusé comme un canard. (Photo : Granby Express-Éric Patenaude)

PROJET. Dans les cartons depuis juin dernier, le Petit abattoir; ce projet de coopérative de solidarité consacrée à l’abattage de volailles à échelle humaine, progresse rapidement. Si tous les astres s’alignent, le nouvel établissement pourrait entreprendre ses activités quelque part à l’automne prochain à Granby. C’est du moins le souhait de l’une des membres initiatrices,  Fernande Ouellet.

À ce jour, la coop de solidarité, qui chapeauterait les opérations du micro-abattoir, compte sur l’appui d’une trentaine de membres qui comprend des éleveurs, des restaurateurs, des bouchers. Impliquée à fond dans le projet, Fernande Ouellet s’attarde actuellement à finaliser la quête de financement et de subventions. D’ailleurs, la semaine dernière, la MRC de La Haute-Yamaska a fait sa part en accordant une aide financière de près de 4700 $ aux promoteurs de la coop dans le cadre du Fonds de développement des communautés.

«Ce qu’on veut faire, c’est un abattoir vraiment à l’échelle artisanale pour desservir les particuliers qui font quelques volailles dans leur basse-cour et les petits producteurs. Notre but, c’est de solidariser tous les utilisateurs de viandes au sein de ce projet-là», laisse entendre Fermande Ouellet, qui est aussi à la tête de la ferme d’élevage d’oies et de canards, Rusé comme un canard.

Chiffré à plus de 500 000 $, le démarrage de la coop de solidarité suit son cours, assure Mme Ouellet qui est entourée de Simon Mathis (chef du restaurant Manitoba à Montréal), Martin Campbell (anciennement propriétaire d’abattoir, maintenant enseignant en boucherie au Centre de formation professionnelle Brome-Missisquoi), Marc Séguin (propriétaire d’une fermette en autoconsommation à Hemmingford et réalisateur du documentaire La ferme et son État et Carole Verreault (experte en financement d’entreprises collectives et anciennement gestionnaire à la Caisse d’Économie Solidaire de Québec) dans le cadre de ce projet.

Site recherché

Une fois les deniers en poche, Fermande Ouellet, assure que le projet va débouler. À ce stade-ci, les promoteurs de la coop travaillent notamment à dénicher un site en vue de l’établissement du micro-abattoir dans le parc industriel de Granby en collaboration avec Granby Industriel.

Quant aux opérations d’abattage, elles se tiendront dans des conteneurs maritimes aménagés en une seule unité qui répondra aux normes de salubrité.

«Ça se fait et ça fonctionne. C’est de plus en plus répandu. Simplement qu’ici on ne le voit pas ici. Mais en Europe, il y a maintenant plein de compagnies qui font des abattoirs en conteneurs», fait remarquer Mme Ouellet.

D’ici le feu vert au projet, le montage financier devra toutefois être complété. Une étape qui devrait se clore prochainement, estime Fernande Ouellet. Outre le soutien de la MRC, une campagne de sociofinancement lancée en automne dernier sur la plateforme La Ruche Montréal a généré à elle seule des recettes de plus de 25 000 $ (objectif initial: 20 000 $).

«Ça avance bien.» «On entend des réponses d’organismes subventionnaires. Ils nous restent une subvention à décrocher et montage financier va être pratiquement complet.»

Offrir une alternative

Dans l’esprit de Fernande Ouellet, il est inconcevable de faire voyager des oies et canards dans des cages sur des centaines de kilomètres jusqu’à l’Île d’Orléans où s’y trouve l’unique abattoir d’oies. L’idée de mettre sur pied un abattoir coopératif est donc née d’un besoin.

«Nous, ce qu’on veut, c’est proposer autre chose pour que ça se passe à un plus petit rythme avec une certaine proximité avec les animaux et réduire les distances parcourues. Juste ça, ça serait énorme.»

Selon la productrice de volailles, les petites fermes du Québec, qui produisent des faibles lots pour la plupart, n’arrivent plus à répondre aux exigences des gros abattoirs industriels.

«On ne peut pas juste être là à ne jamais réfléchir à des solutions. Moi, ça me fatigue. Juste des problèmes, ça ne m’intéresse pas tant. Un problème devient intéressant quand on peut lui trouver des solutions»

Le concept de micro-abattoir pourrait également s’appliquer aux productions de viande rouge. «C’est déjà dans mes cartons», a confié Mme Ouellet.

Ciblé par des activistes

Serrure enduite de colle, message menaçant laissé dans une boîte aux lettres. Deux restaurants montréalais, le Joe Beef et le Manitoba, ont été visés par des actions menées par activistes pro-animaux et véganes, le mois dernier. Rappelons que le chef du Manitoba, Simon Mathis, a été notamment ciblé par ces individus qui l’ont accusé d’avoir «du sang sur les mains». M. Mathis est membre du conseil d’administration du Petit abattoir.

Impliquée par ricochet dans cette histoire, Fernande Ouellet a mentionné que la tempête était passée et qu’elle ne souhaitait pas attiser les tensions entre son groupe et les activistes.

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