L’art de la diction en confinement avec Martin Gougeon

Photo de Eric Patenaude
Par Eric Patenaude
L’art de la diction en confinement avec Martin Gougeon
Depuis les dernières semaines, Martin Gougeon prend un malin plaisir à produire des capsules linguistiques «Articulons avec Gougeon» sur sa page Facebook. «Ça fonctionne et c'est drôle alors je m'amuse comme ça au gré de ma fantaisie», avoue le directeur artistique du théâtre de l'Ancien Presbytère. (Photo : Gracieuseté-Martin Gougeon)

CULTURE. À défaut de pouvoir mettre en scène sa prochaine pièce de théâtre, le comédien et directeur artistique de l’Ancien presbytère, Martin Gougeon, passe le temps en se distrayant avec les mots et les particularités de la langue française. Comme bien d’autres artistes, il publie des capsules humoristiques et ludiques sur les réseaux sociaux. Son sujet de prédilection: la diction.

«Pétrissons la pâte à pain et parcourons le poulailler avec une poignée de moulée pour permettre aux poules de picorer». Qui n’a pas essayé au moins une fois d’énoncer rapidement une succession de consonnes sans faire d’erreurs? Ou bien comment doit-on prononcer les mots «CHSLD», «épidémiologiste» et «sauce Worcestershire»? Pour le savoir, Martin Gougeon convie le public et ses abonnés Facebook à le suivre à travers ses courtes capsules Articulons avec Gougeon.

«C’est le prof en moi qui ressort. Ça fait 24 ans que j’enseigne le théâtre et j’ai toujours été un féru de diction et d’articulation. C’est toujours quelque chose qui m’a intéressé.»

«J’ai entendu cette expression (CHSLD) et de là m’est venue l’idée, justement, de m’occuper pendant cette pandémie. Alors j’ai posté cette première capsule et la réponse a été fascinante. Je dois être rendu à 2500 vues; chose qu’on n’a même pas pour nos spectacles d’été», raconte Martin Gougeon.

Chose certaine. Les abonnés du professeur Gougeon en redemandent et vont jusqu’à lui suggérer des virelangues (phrases construites avec une consonne employée à répétition) et des mots à décortiquer comme du steak haché comme il se plaît à le dire dans l’une de ses vidéos.

«J’en ai fait une première puis une deuxième capsule. Ça fonctionne et c’est drôle alors je m’amuse comme ça au gré de ma fantaisie», confie l’homme de théâtre.

La COVID et la culture

Forcé d’annuler les activités de l’Ancien presbytère (théâtre d’été, cours) pour l’été et contraint de suspendre ses engagements avec l’Orchestre symphonique de Montréal, Martin Gougeon ne l’a pas eu facile depuis la mi-mars comme la plupart des artisans du milieu culturel. Retranché dans ses quartiers, le Granbyen avoue avoir vécu une forme de deuil au début la pandémie.

«J’ai finalement accepté qu’on ne jouait pas au cet été (à l’Ancien Presbytère)», admet-il.

Après avoir absorbé la déception, la machine à idées de Martin Gougeon s’est rapidement remise en marche.

«J’ai un surplus de créativité quotidienne que je me dois d’utiliser sinon je ne me sens pas bien. Il faut que j’écrive, il faut que je fasse un petit film, il faut que je bricole (…). Pour moi, c’est l’équivalent du sportif qui a besoin d’aller courir autrement il ne va pas bien.»

Créatif de nature, l’homme de scène confesse d’ailleurs profiter de la crise pour dépoussiérer de vieux projets. Projet d’un autre livre jeunesse, idée d’un show jeunesse en chantier.

«Ça donne du temps. Maintenant, il faut voir comment on va le meubler. Je pense qu’on va avoir le temps parce qu’avec tout ce qu’on lit partout, c’est clair que les salles de spectacles vont être les dernières rouvertes.»

Et les arts de la scène après la COVID? Petite ou grande salle bondée? Avec ou sans restrictions. Selon Martin Gougeon, la réflexion sur la façon de rejoindre les gens ne fait que commencer.

«On se questionne beaucoup dans le milieu parce que notre job en est une de rassemblement. C’est un métier où l’on vit un moment unique ensemble et après ça, c’est fini», conclut l’artiste.

 

 

Partager cet article

Laisser un commentaire

avatar
  S'inscrire  
Me notifier des