La routine des athlètes changée par le confinement

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Par Vincent Lambert
La routine des athlètes changée par le confinement
Les Hirondelles de Granby ont adapté leur entraînement en utilisant une plateforme virtuelle. L'entraîneuse Kénia Bérard (à droite) peut ainsi poursuivre le suivi avec les athlètes. (Photo : Granby Express-archives)

SPORTS. S’entraîner en groupe faisait partie de la routine de bien des athlètes avant la pandémie. Chez les Hirondelles, on a opté pour des séances d’exercices en ligne durant le confinement alors que chez les Loutres, on a préféré reposer les nageurs.  Dans tous les cas, les organisations sportives ont hâte de renouer avec la compétition.

Quand le gouvernement a annoncé la fermeture des écoles et le confinement, le choc a été difficile à encaisser pour les gymnastes de l’équipe des Hirondelles. Pour ne pas trop ralentir leur progression, l’organisation a prêté de l’équipement, surtout au niveau compétitif, pour les aider à garder leur motivation.

Depuis, l’accompagnement s’est déroulé grâce à une plateforme virtuelle où l’entraîneuse en profite pour suivre ses athlètes et corriger leur posture par exemple. Les plus fortes s’exercent dix heures par semaine comparativement à seize avant le confinement alors que les plus jeunes s’activent trois fois par semaine.

«C’est beaucoup de préparation physique que les gymnastes vont faire en ligne et de la préparation spécifique à chaque appareil, a expliqué en entrevue téléphonique Kénia Bérard, qui affirme que la plateforme virtuelle permet de voir les gestes de tout le monde en même temps. On utilise un peu ce qu’on a à la maison. Et [on fait] beaucoup de visualisation aussi parce que le mental est fort en gymnastique.»

Engagée avant le confinement, une professionnelle de la France continue de donner des conseils techniques sur l’équilibre aux athlètes des groupes compétitifs. Déjà, Kénia Bérard confirme avoir vu une amélioration alors que des gymnastes peuvent maintenant tenir deux minutes sur les mains en équilibre.

Les Hirondelles effectuent aussi des concours à l’interne chaque semaine. «On garde le moral, on continue à motiver nos troupes, on essaie d’innover, d’essayer de trouver des solutions pour qu’elles puissent continuer à avoir la bonne humeur», a raconté Kénia Bérard.

Le confinement pourrait-il nuire lorsque la compétition reprendra? «Le fait que l’on continue les cours en ligne, l’impact va être moindre, a reconnu la pilote des Hirondelles. Quand tu n’es pas suivi, souvent, la paresse embarque. Je prévois un retour pas facile, mais selon moi, ça va peut-être prendre deux ou trois semaines avant de retrouver la forme.»

Les Hirondelles performeront le 6 juin lors d’une compétition en ligne et elle présentera également leur spectacle de fin d’année sur une plateforme numérique.

Beaucoup de repos pour les nageurs

Arrêtée complètement depuis le milieu du mois de mars, l’organisation des Loutres n’a pas continué ses activités ou ses entraînements de manière virtuelle comme dans d’autres sports. Elle a décidé de prendre une pause pour le bien-être de ses nageurs.

«On trouvait que c’était un moment déjà assez stressant au niveau de la vie en générale, a confié l’entraîneuse et ex-olympienne Nadine Rolland. On ne voulait pas nécessairement en rajouter à ça […] comme on n’avait pas de données sur où est-ce que ça s’en allait. Au début, on nous disait que jusqu’au 30 avril, il n’y aurait pas de compétition. On s’est dit qu’avant de prendre des décisions, on va prendre une pause parce que l’objectif numéro un, c’était de rester chez nous et surtout de rester en santé.»

Ainsi, le club de natation a préféré attendre les directives de la Fédération de natation du Québec et de ne pas en rajouter sur les épaules des athlètes qui vivaient déjà un certain stress avec la situation actuelle. Pendant ce temps, ils étaient invités à rester actifs et pouvaient consulter de petites vidéos publiées en ligne par Nadine Rolland sans qu’elle prescrive quoi que ce soit.

Au début du mois d’avril, les dirigeants des différents clubs ont eu une rencontre avec la Fédération qui leur demandait de ne pas entraîner les athlètes pour une question d’assurance.

«On nous a demandé de ne rien faire parce qu’au niveau des assurances, comme on ne voyait pas les athlètes, il pourrait y avoir une problématique, a relaté Nadine Rolland. On nous a demandé de rembourser nos membres.»

La pause n’a cependant pas été perçue négativement par le personnel des Loutres. Bien au contraire.

«Le repos a toujours fait partie de notre recette du succès, a rappelé l’entraîneuse. Donc, on n’a pas peur du repos. Ce n’est pas grave. On a parlé avec plusieurs parents et ce qui se passe avec le repos, les jeunes ont des poussées de croissances. Ils sont tous en train de grandir. C’est ce qu’on entend.»

Récemment, Nadine Rolland a appris que la Fédération permettait une alternative aux entraînements en utilisant une plateforme numérique pour bien suivre les jeunes.

«En ce moment, le club est à évaluer s’il y a une demande pour ça [auprès des jeunes], a noté la principale intéressée. Pour le moment, on n’a pas entraîné personne, ça a été notre position.»

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