COVID-19: des fourmis dans les jambes chez les Hirondelles

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Par Eric Patenaude
COVID-19: des fourmis dans les jambes chez les Hirondelles
Armés de leurs pancartes au message sans équivoque, des parents et des gymnastes des Hirondelles de Granby et de Dunham sont allés manifester récemment à deux mètres de distance devant les bureaux de la ministre déléguée aux Sports et aux Loisirs, Isabelle Charest, à Cowansville. (Photo : Gracieuseté-Les Hirondelles)

SPORTS. Le golf, le baseball, le tennis, le soccer. Quelle sera la prochaine discipline sportive à obtenir son billet de relance émis par Québec?  Au club de gymnastique Les Hirondelles et chez Gymnastique Québec, on trépigne d’impatience d’entendre le mot «gymnastique» être prononcé par la ministre déléguée aux Sports et aux Loisirs, Isabelle Charest.

Lettres ouvertes dans les médias, publication d’un plan de relance sur les réseaux sociaux, lancement du hashtag #noussommesprêts. Le milieu de la gymnastique entend continuer à faire pression sur les instances gouvernementales. Ce qu’ils réclament? La réouverture des sites d’entraînement.

Du côté de Gymnastique Québec, on se dit paré à reprendre l’entraînement, selon les consignes de la Santé publique dès demain matin. Le seul hic? Aucune date n’a encore été mentionnée par le gouvernement.

«Quelle est la fenêtre de réouverture? C’est ce qu’on aimerait savoir. Nous, notre plan de relance est complété depuis un mois et ça fait un mois qu’on fait des rencontres avec les clubs pour s’assurer que toutes les procédures et les protocoles vont être mis en place pour le retour», explique Serge Castonguay, directeur général de Gymnastique Québec.

Des gymnastes des Hirondelles de Granby et de Dunham sont même allés jusqu’à manifester récemment devant les bureaux de la ministre déléguée aux Sports et aux Loisirs, Isabelle Charest, à Cowansville, pour plaider leur cause.

«Il faut séparer le problème en deux: le récréatif et le compétitif. Au récréatif, les gymnastes ont hâte. Par contre, pour le côté compétitif, c’est un tout autre discours. Pour ces gymnastes, on parle d’un entraînement entre 8 et 16 heures par semaine et ce n’est pas beaucoup, car un club de niveau national va jusqu’à 30 heures par semaine», expose Marie-Claude Vallée, directrice générale du Club Les Hirondelles.

Aux dires de la DG des Hirondelles, un arrêt prolongé pourrait être lourd de conséquences pour la suite du développement des athlètes de niveau élite.

«Le corps humain ne peut pas passer de 16 heures d’entraînement par semaine à zéro. Bien que nos gymnastes se soient entraînées durant tout le temps de la pandémie, elles ne peuvent rester bien longtemps à ne rien faire. Prendre un été off et revenir à la gym en septembre; les risques de blessures sont trop élevés», soutient Mme Vallée.

Sauf au Québec et en Alberta

Serge Castonguay, directeur général de Gymnastique Québec. Photo: Gracieuseté-Gymnastique Québec

Ailleurs au pays, tous les entraînements des clubs de gymnastique ont repris à l’exception du Québec et de l’Alberta. Une situation jugée aberrante par le directeur général de Gymnastique Québec.

«Il y a 3000 entraîneurs qui sont en attente de savoir ce qu’ils vont faire cet été. Et pour ces entraîneurs, ce qui est difficile, c’est de ne pas savoir ce qui s’en vient. De ne pas avoir une idée d’une fenêtre d’ouverture. Est-ce au mois de juin, en juillet, en août ou en septembre?»

L’impatience grimpe et l’absence de réponses de Québec inquiète les décideurs du secteur de la gymnastique.

«C’est pas très compliqué d’avoir une distanciation sociale et le partage des équipements n’est pas un enjeu de notre côté. On va juste ajuster le nombre de gymnastes par appareil (…). On nous dit de patienter, mais ce qu’on craint, c’est de se retrouver avec du décrochage sportif», avance Serge Castonguay.

Avec 20 000 pieds carrés d’aire d’entraînement aux installations de Granby et de Dunham, les Hirondelles disposent amplement d’espace pour s’entraîner sécuritairement, croit Marie-Claude Vallée.

«Nous, on ne fait pas de politique. On laisse ce volet à nos instances. Mais ce que nos filles veulent, c’est de recommencer à s’entraîner. Pour plusieurs d’entre elles, c’est une deuxième famille.»

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