Desserte d’Internet: «Maître chez-nous» prône le maire Pascal Bonin

Desserte d’Internet: «Maître chez-nous» prône le maire Pascal Bonin
Le maire de Granby, Pascal Bonin. (Photo : GranbyExpress-Éric Patenaude)

RÉGIONS. Évoquant le slogan «Maitres chez nous» de Jean Lesage qui a mené à la nationalisation de l’électricité lors de la Révolution tranquille, le maire de Granby propose à François Legault de faire de même pour internet afin relancer l’économie. Un immense projet collectif encore plus nécessaire dans le cadre de cette pandémie qui a propulsé à vitesse grand V le télétravail et la prestation de services en lignes pour plusieurs organismes publics selon Pascal Bonin. Des tendances qui n’iront pas en diminuant est-il persuadé.

«En plus d’être une nation haute vitesse au complet, en nationalisant, on va réguler le prix. Au Québec, c’est ici que l’on paye le plus cher à travers le monde pour nos réseaux cellulaires et nos données internet. En Europe, il y a des municipalités et des équivalents de nos MRC qui sont propriétaires de leur réseau et cela se rentabilise assez rapidement merci! Là, ce qu’on a fait, c’est qu’on a donné tout le gravy au privé, ce qui est rentable, et le gouvernement prend à sa charge les milieux isolés. Ça ne fait aucun sens», déplore le maire de Granby. «On deviendrait propriétaire. Là, on est locataire. C’était ça aussi la nationalisation de l’électricité, c’était d’être maîtres chez-nous! Là, c’est encore les grandes compagnies qui nous contrôlent. Faut toujours se rappeler que des données internet, c’est du vent. On paye cher notre vent», constate-t-il.

Pour ceux qui s’inquiéterait du coût des achats des compagnies par l’État et d’étendre l’accès à Internet haute vitesse à travers le Québec, Pascal Bonin rappelle qu’il y aurait des économies d’échelle. «Et je pense que personne ne regrette au Québec d’avoir nationalisé l’électricité», dit-il en mettant l’accent sur le moteur puissant de développement économique qu’a été cette mesure pour des régions dites isolées.

Autre élément à prendre à considération, avec la pandémie qui a particulièrement affecté la grande région de Montréal, on peut penser que de plus en plus de gens vont être tentés par un déménagement dans des milieux moins peuplés. Mais pour attirer des professionnels à venir vivre en campagne ou dans de plus petites villes, l’accès à internet à grande vitesse est une condition sine qua non pour effectuer son travail de la maison. «En diminuant les déplacements, cela a beaucoup d’avantages au niveau de l’environnement», précise par ailleurs le maire de Granby.

Le satellitaire plutôt que la fibre optique

Ce grand bond pour le Québec, Pascal Bonin ne l’envisage cependant pas en utilisant la fibre optique.

«Il ne se construit plus beaucoup de nouveaux réseaux de fibres optiques parce que les amortissements sont trop courts. Le Québec, c’est comme la Norvège, c’est très grand avec une faible densité de population. Ce qui reste de non branché, c’est le non rentable. La fibre optique n’est pas la solution. C’est une technologie de transition. C’est également beaucoup trop fragile au changement climatique. L’avenir de l’internet, c’est le non-physique, c’est le satellitaire. C’est ce que le gouvernement devrait choisir», croit-il en mettant de l’avant, à nouveau, que la nationalisation d’internet soit un projet aussi structurant pour le Québec qu’a pu l’être celle de l’électricité dans les années 1960.

La nationalisation de l’électricité

Le 1er mai 1963, le gouvernement du Québec achète les onze compagnies privées de production et de distribution d’électricité pour les fusionner à Hydro-Québec. C’est la plus impressionnante opération financière de l’histoire du Québec. En 1962, à l’extérieur de Montréal, les tarifs des compagnies privées sont élevés et le service à la clientèle est souvent déficient. René Lévesque, ministre des Ressources naturelles dans le gouvernement libéral du premier ministre Jean Lesage, n’apprécie pas. Il décide de s’attaquer aux compagnies privées. Son combat l’oppose à onze compagnies, dont la plus puissante est la Shawinigan Water and Power Company, qui règne en maître sur une grande partie du Québec.

Poussé par son ministre des Ressources naturelles et par une bonne partie de l’opinion publique, le premier ministre Jean Lesage passe à l’action. Après seulement deux ans au pouvoir, il déclenche des élections axées sur la nationalisation de l’électricité. Les libéraux obtiennent la victoire avec une forte majorité. Hydro-Québec prend possession le 1er mai 1963 des onze compagnies et entreprend d’unifier et de moderniser les différents réseaux. (Source: Hydro-Québec)

 

 

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