L’alliaire officinale repérée en Haute-Yamaska

Par borischassagne
L’alliaire officinale repérée en Haute-Yamaska
L’alliaire officinale pousse partout notamment le long des routes et des sentiers.Elle est l’une des rares espèces exotiques envahissantes à bien tolérer l’ombre et donc à menacer des forêts entières. (Photo : Gracieuseté-CIME Haut-Richelieu)

ENVIRONNEMENT. La Fondation de la sauvegarde des écosystèmes de la Haute-Yamaska (SÉTHY) s’est placée en mode surveillance, après avoir pour la première fois repéré la présence d’une nouvelle plante envahissante, l’alliaire officinale.

La plante que l’on surnomme aussi herbe à l’ail et Garlic Mustard est peu connue des Québécois. Elle a été détectée dans le secteur du mont Shefford et quand elle s’implante, elle gagne rapidement du terrain, explique Vicky Marcoux, chargée de projets en conservation à la Fondation SÉTHY.

«La présence de l’alliaire officinale a été détectée sur le chemin Saxby à Shefford. C’est la première fois qu’on a une mention en Haute-Yamaska». On ne sait pas encore si l’alliaire s’est répandue en dehors du secteur observé.»

Car elle pousse partout. Le long des routes et des sentiers. De plus, elle est l’une des rares espèces exotiques envahissantes (EEE) à bien tolérer l’ombre et donc à menacer des forêts entières. L’alliaire représente notamment une menace pour la santé des sols forestiers. «Les scientifiques commencent à en réaliser l’impact», indique Mme Marcoux.

La Fondation SÉTHY travaille à sa surveillance et à son éradication. Elle collabore en ce sens avec Conservation espace nature Shefford (CENS), la municipalité du Canton de Shefford et le Biodôme de Montréal. «On s’est divisé les tâches. La municipalité a arraché les plants présents sur l’emprise municipale. La Fondation en a aussi repéré sur des terrains privés. On a rencontré les propriétaires concernés pour les inviter à participer au contrôle de la plante. Le mont Shefford n’est pas loin. On sait que c’est un lieu important pour la biodiversité et on voudrait éviter que ça se propage», affirme Vicky Marcoux. «On sait qu’il y en a là, mais il serait bon d’ouvrir l’œil.» La Fondation contribue aussi au contrôle d’autres espèces envahissantes comme la renouée Japonaise, la salicaire pourpre et le nerprun bourdaine.

La contrôler

Chaque plant d’alliaire peut produire des milliers de graines, particulièrement en juillet, qui peuvent rester en dormance pendant plus de 10 ans. Il faut idéalement l’arracher avec ses racines entre mai et juin et la déposer dans des sacs poubelles noirs, qu’on laisse au soleil 30 jours. On peut ensuite les mettre aux ordures. Il ne faut surtout pas composter cette plante ni laisser des individus au sol, précise la Fondation SÉTHY.

L’invasion de l’herbe à l’ail est à ce point redoutée, que des corvées ont été organisées en Ontario et au Québec. Des interventions ont été menées au Parc du Mont-Royal et au Boisé-des-Douze, à Saint-Hyacinthe. Aussi, à Saint-Armand, où Valérie Deschênes, biologiste au Centre d’interprétation du milieu écologique du Haut-Richelieu (CIME), affirme avoir arraché 1 075 lb d’alliaire officinale, l’an dernier. On peut signaler la présence de l’alliaire officinale via l’application Sentinelle du MELCC et participer à des corvées en contactant le CIME Haut-Richelieu.

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