Médecine de famille: pas d’équilibre dans la région cette année

Photo de Vincent Lambert
Par Vincent Lambert
Médecine de famille: pas d’équilibre dans la région cette année
Le président de l’Association des médecins omnipraticiens d'Yamaska (AMOY), Dr Jacques Bergeron. (Photo : Granby Express-archives)

MÉDECINE. Dans la région de Granby, un peu plus de 7 400 personnes étaient toujours en attente d’un médecin de famille au guichet d’accès en date du 15 mai. Même si deux nouveaux médecins viendront en renfort dès l’automne 2020, certains ont déjà annoncé leur départ à la retraite d’ici 2022.

«Ce qu’on va gagner en nouveaux effectifs, on va le reperdre en médecins qui prennent leur retraite, explique le Dr Jacques Bergeron, président de l’Association des médecins omnipraticiens d’Yamaska (AMOY). […] On voit qu’il n’y a pas d’équilibre. Ça ne sera pas cette année, je ne pense pas.»

La population de la région de Granby inscrite à un médecin de famille est de 88,4 % et son taux d’assiduité se situe à 92,3 %. Et malgré la situation de la pandémie, les personnes qui sont toujours en attente peuvent se tourner vers le sans rendez-vous.

«Je pense que tout le monde a repris pas mal une vitesse de croisière, estime Dr Bergeron. Les sans rendez-vous se sont ouverts aux clientèles non-inscrites, ce qui compense un peu pour les gens qui sont en attentes d’inscription […] mais qui n’ont pas nécessairement des besoins de suivis réguliers.»

Les patients qui vivent avec des conditions chroniques ou des choses plus aigës peuvent être orientés dans les cliniques de chacun des Centres de médecine familiale de Granby (GMF).

«On a des plages qui sont réservées sans rendez-vous pour ces clientèles qu’on peut appeler orphelines. Ça donne un certain accès. Ce n’est pas comme un suivi longitudinal, mais au moins tu as un outil qui est autre que la salle d’urgence.»

Un meilleur avenir

La répartition des postes en résidence tend à aller vers le 55 % pour la médecine de famille et le 45 % dans les autres spécialités, fait remarquer le Dr Bergeron.

«Il y a eu les deux ou trois dernières années où les postes n’étaient pas [pourvus] davantage qu’en spécialité, note le principal intéressé. Cette année, il y a quelques postes non comblés, mais c’est beaucoup moins marqué, cette lecture, qu’on avait [dans] les dernières années.»

«Pour les postes de résidence en 2021 par rapport à 2020, au total, il y avait 507 postes en médecine de famille et 417 pour les autres spécialités, poursuit le principal intéressé. La position gouvernementale était d’augmenter encore ce ratio-là en médecine de famille. […] il y a plus de postes non comblés dans les autres spécialités que dans les années précédentes par rapport à la médecine de famille. De ce côté-là, c’est un peu encourageant en termes de futurs effectifs. […] Ça s’annonce mieux pour les cohortes dans deux ans.»

Valoriser le métier

Un travail pour valoriser la médecine de famille avait été amorcé, mais la pandémie a mis un frein là-dessus. L’objectif était de regarder à quoi ressemblera l’avenir et de voir quelles mesures additionnelles pourraient être mises en place pour convaincre les étudiants de se diriger dans ce secteur.

«Je pense qu’il y a une question d’organisation du travail, relate Jacques Bergeron.  Quand tu es en manque d’effectifs et que tout est lourd pour tout le monde, ça devient comme moins intéressant […]. Les nouveaux qui font leur demande pour [commencer] leur pratique, ils sont soumis à toutes sortes de règles de répartition régionale. C’est une façon de répartir la pauvreté et de faire en sorte que [les besoins] des régions les plus en demande puissent être comblés plus rapidement.»

Au niveau des inscriptions dans la région, Dr Bergeron indique «qu’on fait pas mal du surplace actuellement».

Partager cet article
S'inscrire
Me notifier des
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
Voir tous les commentaires