Employés à mobilité réduite à la recherche d’inclusion

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Par Sarah Villemaire
Employés à mobilité réduite à la recherche d’inclusion
Mère de trois enfants, Sylvie Lamontagne travaille depuis maintenant onze ans chez Amibus. (Photo : Gracieuseté: Sylvie Lamontagne)

COMMUNAUTÉ. L’inclusivité. Ce mot de plus en plus mis de l’avant  à la table de discussions dans le domaine de l’emploi prend d’autant plus son sens auprès des personnes ayant un handicap physique ces derniers jours. Octobre marque le Mois national de la sensibilisation à l’emploi des personnes  handicapées. Pour l’occasion, l’Office des personnes handicapées (OPHQ) lance une campagne de sensibilisation et de formation visant à favoriser l’intégration et le maintien en emploi des personnes à mobilité réduite, une situation pas toujours acquise dans la région.

Entraînant des changements significatifs dans le domaine de l’emploi, la pandémie a poussé les entreprises à remettre en question certains modèles traditionnels reliés au travail. De plus, le phénomène de rareté de main-d’œuvre demeure significatif dans plusieurs secteurs. Selon l’OPHQ, une nouvelle porte s’ouvre donc aux personnes handicapées qui souhaitent intégrer le monde du travail. Pourtant, il reste encore du chemin à faire afin d’offrir des milieux de travail inclusifs. D’où l’importance pour cet organisme de sensibiliser et informer la population et les entreprises à inclure davantage les personnes handicapées au sein des entreprises québécoises.

Encore du chemin à faire

Plus près de chez nous, la Dynamique des handicapés de Granby et région promeut et défend les droits collectifs ainsi que les intérêts des personnes handicapées depuis près de 30 ans. Prônant l’accessibilité au marché du travail auprès des personnes handicapées depuis bon nombre d’années, la coordonnatrice de l’organisme, Marie-Christine Hon souhaite un modèle plus inclusif de la part des entreprises. Un combat qui est loin d’être terminé en raison de la pandémie qui a secoué l’économie québécoise. «Ce sera encore plus difficile lorsque la pandémie sera passée, car plusieurs personnes ont perdu leur emploi dans divers domaines et ces gens-là vont se placer en premier», souligne Mme Hon. Cette problématique est le fruit de plusieurs enjeux qui persistent depuis longtemps. Ceci peut s’expliquer d’une part par un plus faible taux de diplomation des handicapés  physiques  dans la région. N’ayant parfois pas toujours les moyens ou les transports adaptés pour se rendre aux établissements scolaires, certains abandonnent leurs études ce qui limite parfois leurs perspectives d’emploi. Un autre enjeu est bien sûr l’adaptation des locaux en milieu de travail. «C’est toujours les efforts à faire qui constituent le premier pas et par conséquent, le plus difficile et c’est pour ça que l’on se bat», mentionne la coordonnatrice de la Dynamique. Ici, ascenseurs, rampes d’appoint et salles de bains adaptés doivent parfois être implantés pour la sécurité de l’employé ayant un handicap physique. Bien que le gouvernement encourage les entreprises à préconiser l’inclusion en offrant des programmes de subventions aux entreprises adaptés, «les choses ont du mal à changer», réitère Mme Hon.

Une source de persévérance

Mère de trois enfants, Sylvie Lamontagne est coordonnatrice à la répartition chez Amibus. Localisée à Granby, cette entreprise offre le service adapté pour clientèle à mobilité réduite. Belle coïncidence alors que Mme Lamontagne est elle-même handicapée physique. Depuis plusieurs années, elle vit son quotidien à l’aide de son fauteuil roulant. Une situation qui ne l’a pourtant pas empêché d’avoir une vie active. La clé de cette réussite? La persévérance de mener à terme tous ses projets. «Je ne me suis jamais rien empêché, j’ai toujours voyagé, j’ai voulu des enfants, dans ma vie, j’ai toujours vu des solutions». Des solutions qui peuvent être parfois impensables pour certaines entreprises. Comme plusieurs de ses confrères, notre interlocutrice s’est souvent fait montrer rapidement la porte lors de ses entretiens d’embauche. «Ça l’a été ardu pour moi parce que je voulais travailler et les gens ne me donnaient pas la chance. J’ai souvent eu des entrevues qui ont duré seulement deux minutes», rapporte cette mère de famille. Consciente de son handicap, elle a poursuivi ses études en secrétariat, un domaine qui favorise la sédentarité dans le milieu de travail. Après plusieurs échecs d’entrevues, une opportunité d’emploi  chez Amibus s’est offerte pour elle. C’est par ses compétences et ses connaissances sur les transports adaptés qu’elle fut engagée sur-le-champ. Dès ses premières journées, elle fut très bien accueillie par ses collèges. Pandémie oblige, elle travaille présentement de la maison. Avant la crise sanitaire, elle se rendait tout de même au travail, un endroit sécuritaire et conforme pour sa condition, le tout à bord de sa voiture adaptée. Depuis maintenant onze ans que cette coordonnatrice s’épanouit au travail dans un environnement sain et stimulant. Dans le cadre du Mois national de la sensibilisation à l’emploi des personnes  handicapées, Sylvie Lamontagne souhaite une meilleure compréhension des enjeux reliés à un handicap physique et les solutions qui s’y découlent. «Si les gens ne connaissent pas une personne qui est à mobilité réduite, ils ne comprennent pas les nécessités», remarque cette ancienne patineuse artistique.

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