Jessy Brown: l’art de se réinventer en pleine pandémie

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Par Sarah Villemaire
Jessy Brown: l’art de se réinventer en pleine pandémie
Après plus de 20 ans de carrière en tant qu'éclairagiste, Jessy Brown se consacre présentement à la production vidéo le temps que l'industrie du spectacle reprenne des forces. (Photo : Gracieuseté_Jessy Brown)

CULTURE. Depuis mars dernier, le monde du spectacle a été chamboulé par la crise sanitaire actuelle. Culture au ralenti, les artisans doivent mettre leur carrière sur pause dans l’attente des nouvelles directives sanitaires. Parmi quelques privilégiés, l’éclairagiste Jessy Brown a su tout de même tirer son épingle du jeu en misant ses efforts dans le domaine de la production vidéo.

Depuis le mois d’août, Jessy Brown se consacre à temps plein à cette nouvelle carrière. Éclairagiste de renom, il a dû mettre de côté ses nombreux projets afin de revenir à ses premiers amours, soit la photographie et la production vidéo. «Comme j’ai étudié en photo et en vidéo et que j’en fais depuis longtemps, je m’y suis lancé là-dedans», explique l’artisan de la scène.Une décision qui n’a pourtant pas été facile à prendre en période pandémique. «Jusqu’en août, j’étais complètement paniqué. J’ai essayé de faire toutes sortes de projets, mais il n’y avait rien qui fonctionnait, car dans mon domaine, tout était sur pause», souligne le photographe. Une décision qu’il ne regrette pas pour l’instant puisque son agenda est garni de contrats. Tout au long de l’été, il a eu la chance de se promener un peu partout au Québec pour des contrats avec des entreprises et organismes de toutes sortes. Plus près de chez nous, le vidéaste de formation a contribué au projet du nouvel itinéraire «Sur les traces du père Noël» au centre-ville de Granby.Avec cette nouvelle réalité, il compte travailler ainsi à son compte pour les cinq prochaines années, le temps que les choses se replacent un peu dans l’industrie et laisser sa place à ses collègues en pleine recherche de travail. Ayant participé à de nombreuses tournées européennes les dernières années, il met tranquillement de côté ce domaine pour se concentrer sur la vidéo. «Ce n’est pas parce que je suis tanné, c’est tout simplement parce que j’ai besoin de nouveaux défis», lance-t-il.

Pas la même chance pour tous

Bien que Jessy Brown s’en sort plutôt bien, la situation n’est pas la même pour plusieurs de ses collègues. «Quand le gouvernement nous a dit de nous réinventer, moi j’avais la chance d’avoir déjà mon équipement, mon studio et d’avoir fait mes études dans ce domaine. Il y a plein de mes <@Ri>chums<@$p> dont ça fait 25 ans qu’ils font le métier de technicien de scène et ils ne connaissent rien d’autre», souligne-t-il. À ce jour, plusieurs  se sont replacés ailleurs dans différents domaines. Une grande perte pour l’industrie qui aura de la difficulté à réembaucher des employés lorsque la situation s’améliorera, selon Jessy Brown. «Quand ça va recommencer, on va perdre la moitié de tous ceux qui étaient là avant, car ils se sont trouvé d’autres choses», mentionne l’éclairagiste. Nostalgique par moment, il espère que le monde du spectacle se portera mieux dans les prochains mois en particulier pour ces collègues qui n’ont pas eu la chance de se retourner aussi rapidement que lui.

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