Divers-Gens: nommer pour comprendre la diversité de genre

Par Boris Chassagne | Initiative de journalisme local
Divers-Gens: nommer pour comprendre la diversité de genre
Le coordonnateur de Divers-Gens, Cédric Champagne. (Photo : Gracieuseté-Divers-Gens)

SOCIÉTÉ. Changer notre regard sur les réalités liées à la diversité de genre et sur les enjeux trans, désamorcer les préjugés et informer, telle est la mission que s’est donnée l’organisme Divers-Gens.

Installé à Granby, Divers-Gens s’attèle à briser l’isolement vécu par les personnes gaies, pansexuelles et trans. L’organisme offre depuis plus de deux ans des formations en milieu scolaire surtout à Granby et depuis peu, dans Brome-Missisquoi. Cédric Champagne est le coordonnateur de Divers-Gens, dont le rôle est aussi se servir de poste d’écoute et de relais pour les jeunes en crise. Dans la missive qu’il nous envoie, Cédric Champagne s’identifie par le pronom «IL». Question, dit-il d’enlever tout mystère entourant l’identité de genre liée à la personne qui est devant nous. Ça a d’ailleurs été le point de départ de notre discussion. «Le langage est très politique. Souvent, on existe quand on parle. Et d’afficher notre étiquette, nous permet parfois d’exister, de ne pas se sentir seul dans notre réalité.»

Divers-Gens intervient surtout auprès des jeunes de 14-25 ans et leurs proches. C’est le seul organisme en Haute-Yamaska à offrir des formations et des ateliers sur la diversité de genre. Chaque année, l’équipe de Divers-Gens se déplace dans les six écoles de Granby. Elle s’arrête à l’école Joseph-Hermas-Leclerc, l’Envolée, Haute-Ville, au Collège du Mont-Sacré-Cœur et au Verbe Divin. Aussi, depuis peu, dans la région de Brome-Missisquoi. «Il n’y a aucun sujet tabou dans nos animations.» Divers-Gens ne dit jamais non, en dépit du fait qu’il souffre comme tant d’autres, d’un financement anémique. «On fait beaucoup de sensibilisation en milieu scolaire, mais ça nous fait toujours plaisir d’être invités dans des municipalités, des entreprises, des organismes communautaires qui veulent approfondir leurs connaissances sur les personnes de la diversité en général», explique Cédric Champagne.

Divers-Gens va bientôt offrir une formation sur les femmes lesbiennes, trans et queer dans un CALAC. Et quand les jeunes veulent comprendre ce qu’ils sont en train de vivre, ils peuvent aussi bénéficier d’un suivi individuel. Divers-Gens sert alors de guide et de boussole. L’accès aux services destinés aux différentes communautés reste difficile.

Et une multitude d’outils s’offrent aux gens qui veulent mieux comprendre les enjeux liés à l’identité de genre et sexuelle. On nous suggère la lecture du guide, produit par le Conseil québécois LGBT. Il peut servir de point de départ à la réflexion et aux discussions entourant la diversité de genres et aux réalités vécues par la communauté LGBTQ+.

«Pour mieux écouter, mieux comprendre comment adapter nos comportements, sans se dénaturer. Essayer d’être plus inclusif», explique Cédric Champagne.

L’écueil des réseaux sociaux

Avec le virtuel, c’est plus facile de se sentir protégé en tant qu’intimidateur, de tenir des propos qu’on ne tiendrait pas en personne. Il y a cette difficulté et aussi celle des nouvelles étiquettes de la bisexualité, de la pansexualité et des personnes non binaires. Il y a encore beaucoup d’incompréhension autour de ça. Heureusement, la curiosité désamorce bien des préjugés, suggère Cédric Champagne.

«Juste poser des questions, d’avoir des gens de divers horizons dans son entourage pour ne pas être dans une chambre d’écho. On apprend tellement de choses sur les gens de cette manière-là. Ce sont là les premiers pas que l’on peut tous faire», sous-entend Cédric Champagne. Poser des questions. Et avec elles, les attitudes changent au fil du temps. «Ça fait 15 ans que j’ai terminé mon secondaire. Jamais je n’aurais pu à l’époque lever ma main pendant une animation de Divers-Gens en disant, — je suis gai —. J’ai des jeunes qui ont levé la main pendant l’animation. Il n’y a eu aucune réaction. C’est une très grande progression. Et même si tout n’est pas encore gagné l’acceptation au sein des jeunes est relativement bonne, il y a une belle posture d’écoute et d’ouverture.»

 

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