L’art de la récupération

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Par Eric Patenaude
L’art de la récupération
"C'est ma passion et quand je réussis à faire le bonheur des gens avec une pièce, ça fait mon affaire", a indiqué Sylvain Fortin qui s'amuse à confectionner ses créations dans son atelier. (Photo : Gracieuseté)

ARTS. À partir de quelques pièces métalliques récupérées ici et là, Sylvain Fortin crée de nouvelles oeuvres  qui font l’envie des collectionneurs et des amateurs d’art friands d’originalité. Pour ce technicien en soins animaliers au Zoo de Granby, la pratique de l’art de la récupération est une deuxième vocation qui lui permet de s’évader. Incursion dans l’atelier de cet artiste récupérateur.

Tout commence lors d’un voyage à Myrtle Beach. C’est en observant un artiste qui réalisait des pièces avec des objets récupérés que le déclic survient. Le Granbyen ressent alors le désir de créer des oeuvres à son tour. Transformation du garage en atelier, achat d’outillage, recherche de matériaux et de pièces métalliques de toutes sortes. Sylvain Fortin saute à pieds joints dans l’univers de la création pour le plaisir. Quelques années plus tard, le voilà qu’il se présente pour la première fois avec ses créations à un rassemblement d’artistes récupérateurs; le Festival Kaput qui s’est tenu dernièrement du côté de Beloeil. Surprise. L’artiste de 58 ans décroche le prix Coup de coeur du public. 

«Je n’allais pas là pour un prix, mais je savais que mes chances étaient bonnes sans être prétentieux. Pour moi, le Festival Kaput, c’était une occasion pour faire connaître mes oeuvres.»

«Je ne fais aucun croquis. Je vois l’oeuvre dans ma tête et parfois je la commence et au fur et à mesure, je vois autre chose. Chaque oeuvre a son nom et est unique. Ça ne m’intéresse pas de faire une oeuvre deux fois», raconte Sylvain Fortin.

Des heures et des heures

Un masque de gardien de but fait à partir d’une saucière, une chouette conçue avec des pièces d’une machine à coudre, une caméra de cinéma créée avec un vieil appareil photo. Tout est possible ou presque lorsqu’une pléiade de pièces tombe entre les mains du créateur récupérateur. «C’est carrément une passion. Et je n’ai jamais calculé mes heures et je ne veux pas commencer à les calculer», affirme-t-il. Dès qu’il met les pieds dans son atelier, il s’adonne à son art avec un grand A. Oui, le Granbyen s’amuse dans son garage à donner une deuxième utilité aux objets qui s’empilent dans nos sous-sols et nos remises.

Le Coyote, le Roadrunner, Caliméro, une souris, un gramophone. Depuis cinq ans, près d’une cinquantaine de créations ont été imagées et fabriquées grâce à l’imagination de Sylvain Fortin. 

À l’emploi du Zoo de Granby depuis 36 ans, Sylvain Fortin entend bien se consacrer à l’art de la récupération lorsque l’heure de la retraite viendra. 

«Ça va être mon projet de retraite et aussi bien en profiter pendant que je suis encore habile de mes mains (…). C’est ma passion et quand je réussis à faire le bonheur des gens avec une pièce, ça fait mon affaire. »»

Pour découvrir le talent de Sylvain Fortin: sylvainfortin.wordpress.com.

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