Lutte contre les violences armées: la Police de Granby et l’ERM Estrie se placent en mode veille

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Par Eric Patenaude
Lutte contre les violences armées: la Police de Granby et l’ERM Estrie se placent en mode veille
Le directeur du Service de police de Granby, Bruno Grondin. (Photo : GranbyExpress-Éric Patenaude)

FAITS DIVERS. Avec la flambée des crimes impliquant des armes à feu et des gangs de rue dans le Grand Montréal ces dernières semaines, un secteur comme Granby pourrait bien devenir un terrain de jeu de prédilection pour ces groupes criminalisés intéressés à étendre leurs activités en région. Pour se prémunir face à d’éventuels délits, l’Escouade régionale mixte Estrie (ERM) et les sûretés municipales de Granby, Bromont, Magog et de Sherbrooke unissent leurs efforts afin de mieux lutter contre le crime organisé. «Le message qu’on veut passer, c’est tolérance zéro en Estrie», a martelé le chef du Service de police de Granby (SPG), Bruno Grondin.

Bien qu’aucune fusillade n’ait été rapportée à Granby ou ailleurs en Estrie, le SPG et les autres organisations policières estriennes ne prennent pas le dossier des gangs de rue et des crimes avec armes à feu à la légère. D’ailleurs, des informations recueillies par les policiers laissent d’ailleurs croire que des individus liés de près ou de loin à des groupes criminels ont été vus ces dernières semaines notamment à Granby. 

«Granby est une ville très sécuritaire, mais je prends le phénomène des gangs de rue et des armes à feu très au sérieux», a mentionné le directeur du Service de police de Granby, Bruno Grondin. Le patron de l’organisation policière a fait cette déclaration en marge du lancement de l’opération CENTAURE (Coordination Efforts National Trafic Arme Unis Répression Enquête) annoncé récemment par la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault. 

Grâce à un financement supplémentaire accordé par Québec, les corps policiers municipaux et l’ERM Estrie pourront maintenir une pression constante contre le crime organisé (trafic d’armes et de stupéfiants, etc.) en menant des enquêtes et des frappes conjointes. Plus tôt cette semaine, l’ERM Estrie a frappé du côté de Farnham où deux suspects impliqués dans la vente de stupéfiants ont été arrêtés. Selon les policiers, l’homme et la femme d’une vingtaine d’années entretenaient des liens avec des individus de la région de Laval. Bilan de l’intervention: une arme à feu prohibée, des munitions et 1600 $ en argent comptant ont été saisis. 

À Granby, hier soir, des munitions ont été également retrouvées lors d’une opération antidrogue réalisée par le Service de police de Granby. 

«De Sherbrooke à Granby, la criminalité circule. Les gens criminalisés peuvent être vus un peu partout alors c’est important pour le renseignement criminel, l’échange d’informations et les opérations que tous les corps de police soient associés», a indiqué le chef Grondin. 

Des groupes émergents

Qui dit gangs de rue dit recrutement auprès de la jeunesse. À ce sujet, le Service de police de Granby affirme avoir travaillé en amont en sensibilisant les directions des écoles primaires et secondaires et les instances du Cégep au phénomène des groupes criminalisés.

«Le phénomène des gangs de rue se passe souvent dans les écoles secondaires que ce soit pour le recrutement ou autre chose. On est donc très présent au niveau de la prévention. On rencontre les jeunes sur une base individuelle ou en groupe pour leur parler de différents sujets (drogue, intimidation, cybercriminalité, etc.) et de là, on crée des liens avec certains jeunes et ça nous permet de récupérer des informations qu’on transmet à nos enquêteurs», a laissé entendre l’agent Marc Farand, du Service de police de Granby.

Sur le terrain, la présence d’individus membres de groupes émergents, qui feraient la navette entre Granby et Sherbrooke, a été observée au cours de l’été à Granby. Selon le chef Grondin, ces personnes connues (et identifiées) seraient principalement actives dans le marché des stupéfiants, de la fraude et du proxénétisme. Elles ne seraient toutefois pas affiliées à des groupes (les Rouges, les Bleus) présents à Montréal, a précisé le chef de police.

«On ne parle pas de couleurs présentement sur le territoire. Les gens identifiés sont reliés à la vente de stupéfiants, au taxage (…). On parle de groupes émergents qui ne sont pas structurés et qui ne sont pas rattachés aux couleurs comme à l’époque. Mais on est quand même sensible à ce que l’on voit.»

Plutôt discrets en raison de la fermeture des établissements licenciés durant la pandémie, qu’en est-il des motards criminalisés? «Je peux vous dire que les motards criminalisés, on les a vus sur notre territoire cet été. Je vous le confirme», a fait savoir le directeur Grondin. «Une chose est sûre, on n’a pas oublié le crime organisé et les motards.»

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