49 entreprises industrielles en besoin urgent de relève

Par Ugo Giguere

Sur les 331 entreprises industrielles du territoire couvert par l’organisme Granby Industriel, 96 sont dirigées par des gens âgés de 56 ans et plus. Du lot, 49 de ces compagnies n’ont encore aucune relève identifiée. Une situation urgente qui rappelle à quel point le manque de relève en entreprise est criant.

Le directeur général de Granby Industriel, Patrick St-Laurent, préfère utiliser le terme «préoccupant» pour qualifier le portrait obtenu par sondage. «Et c’est pour ça qu’on s’en occupe!», ajoute-t-il avec conviction.

De toute évidence, les données compilées après enquête auprès des industriels de Granby, Waterloo, Saint-Alphonse, Roxton Pond, Shefford, Sainte-Cécile-de-Milton et Saint-Joachim-de-Shefford ont de quoi inquiéter.

Au total, 74% des entreprises n’ont pas de relève identifiée et pire encore, 81% des entreprises admettent n’avoir même pas prévu de plan de relève. Dans le cas des dirigeants et propriétaires âgés entre 25 et 45 ans, la situation peut sembler anodine, mais lorsque ces mêmes entrepreneurs atteignent la cinquantaine, ça se corse.

D’après les chiffres présentés aux médias, 60% des entreprises industrielles de la Haute-Yamaska sont gérées par des gens de plus de 45 ans. Parmi ceux-ci, 128 sociétés sur 199 ne comptent pas encore de relève identifiée.

«Ils se croient invincibles, observe Patrick St-Laurent, mais les gens d’affaires sont humains. Ils ne sont pas à l’abri d’un accident ou d’une maladie qui les rendrait inaptes.» Celui-ci fait d’ailleurs le parallèle avec le testament que bon nombre de gens négligent de rédiger.

Au-delà de l’insécurité qui plane en cas de décès, la commissaire industrielle, Marie-Claude Dauray, craint un laisser-aller des gestionnaires. «Quand ils arrivent à un certain âge, plusieurs arrêtent d’investir dans leurs entreprises. Ils se disent qu’ils en ont assez fait», souligne-t-elle. S’en suit une lente agonie du joyau qu’ils ont travaillé à bâtir.

Programme d’accompagnement personnalisé

Évidemment, devant ce constat, l’équipe de Granby Industriel se mobilise. En collaboration avec Emploi Québec et le ministère des Finances et de l’Économie (MFÉ), un programme d’accompagnement personnalisé a été mis sur pied.

Ce programme offre des services-conseils pour gérer les aspects humains, financiers et légaux d’un transfert de possession. Le tout financé à 50% par Emploi Québec et à 20% par le MFÉ.

Il faut savoir que le processus de passation des pouvoirs peut prendre jusqu’à cinq ans et même plus. «Certains sont en processus depuis six ans déjà et ça continue. Tout l’aspect légal est très complexe», précise Louise Hébert, d’Emploi Québec.

Patrick St-Laurent insiste aussi sur l’importance de «mobiliser le milieu» afin qu’un entrepreneur, qui n’est pas en mesure de céder sa compagnie à un membre de sa famille, puisse trouver preneur ailleurs.

À ce propos, la commissaire Marie-Claude Dauray dit recevoir «souvent» des appels d’investisseurs à la recherche d’entreprises à vendre. Elle tient d’ailleurs à rappeler aux jeunes gens d’affaires que «reprendre une entreprise déjà établie, c’est aussi de l’entrepreneuriat».

Releveurs d’entreprises recherchés en Haute-Yamaska – 244 entreprises industrielles n’ont pas de relève identifiée – 96 compagnies industrielles sont dirigées par des gens de plus de 55 ans – 49 entreprises, dont les dirigeants ont plus de 55 ans, n’ont pas de relève – 68% des entrepreneurs de plus de 55 ans n’ont pas de plan de relève

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