Costco ne suscite pas les craintes escomptées

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Par Jimmy Lajoie-Boucher
Costco ne suscite pas les craintes escomptées
Selon les données du NASDAQ, la capitalisation boursière du géant américain se chiffre à 259G$. (Photo : (Photo: Newspaper-Toolbox))

ACTUALITÉS. La perspective de voir un Costco s’implanter à -Granby a suscité de nombreuses réactions après la parution de l’article «Un Costco bientôt dans la région ?». Or, le Granby Express s’est donc tourné vers les commerçants locaux qui sont à même de subir les retombées économiques si, le cas échéant, le géant devait s’installer en ville. Contre toute attente, il en ressort un constat sans équivoque: les commerçants ont confiance en leurs produits et à l’essor de l’achat local qui connait un retour en force.

Si par le passé la seule mention du nom des magasins à grande surface tel que Costco suffisait à provoquer l’ire des commerces locaux, il apparaît que ce n’est plus le cas aujourd’hui. Les raisons de ce changement de perspective sont multifactorielles. Le développement de produits exclusifs que les grandes chaînes n’offrent pas sur leurs étagères, un retour en force de l’achat local et une fidélisation de la clientèle qui laisse envisager à plusieurs commerçants que la ville est suffisamment grande pour accueillir un Costco, tout en gardant le cachet local de l’économie.

S’adapter aux circonstances

La copropriétaire de Les Confiturières, Nathalie Daguzan, est très consciente que c’est « Goliath» qui pourrait arriver à Granby et que dans le contexte économique actuel, les gens seront forcément attirés par les rabais qu’offre la bannière américaine. Seulement, Mme Daguzan a confiance en ses produits qui ne se retrouveront pas dans l’offre plus générale du grossiste. «Nos produits sont très nichés et on ne retrouve pas de tels produits dans ces grandes surfaces». La commerçante va plus loin en affirmant même qu’elle y trouverait son compte. «Costco est le seul endroit qui nous offre le sucre à un bon prix!». Ainsi, loin d’y voir une concurrence féroce, ou encore, une menace, elle voit une forme d’adaptation, car selon ses dires, aux vues de la situation socio-économique actuelle, c’est vers là qu’on se dirige.

«Il faut s’adapter à la situation, car avec la flambée des prix que l’on connait actuellement, c’est sûr que les gens n’ont pas le choix de chercher à faire des économies. Pour la petite histoire, l’autre jour, je vais à l’épicerie et je vois une jeune maman prendre une marque de pâtes. Elle a regardé la marque économique et a choisi cette dernière plutôt que sa marque préférée. Les gens doivent économiser au détriment de leur plaisir. C’est donc à nous de nous adapter, car c’est la réalité dans laquelle nous sommes!», de conclure Nathalie Danguzan.

Pas naïf ni résilient, mais…

Loin d’être naïfs, les commerçants locaux ne sont pas dans une lubie où tout semble beau sans aucune crainte à l’horizon, mais il serait alarmiste de parler de résilience. Pour la plupart d’entre eux, la confiance en leur clientèle, qui va les visiter pour rechercher des produits plus spécifiques, leur restera fidèle. Le point de vue de la propriétaire de Travailleur plus, Myriame Carey, reflète bien le ressenti complexe exprimé par la majorité de ses compères.

«Je crois que ceux qui veulent aller chez Costco, y vont déjà à Drummondville, par exemple. Cependant, dans un contexte «post pandémique», nous connaissons une belle lancée d’achats locaux. Alors, il faudra continuer sur cette voie.»

Du côté de la boutique, Tirigolo, qui offre un large éventail de produits pour nourrissons ou jeunes enfants, la propriétaire, Sophie Patenaude, se montre plus nuancée, sans toutefois tomber dans le pessimisme.

«En tant que commerçante, je sais que les gens vont y aller, parce que c’est moins cher. Seulement, je crois qu’une certaine clientèle va nous rester fidèle, car nous offrons des produits exclusifs qui ne se retrouvent pas dans les grandes surfaces. Prenez par exemple la collection Tirogolo. C’est une gamme de produits que nous confectionnons nous-mêmes, donc qui n’est pas susceptible de se retrouver chez Costco. C’est cet aspect-là qui me rend plus confiante. Par contre, dans le contexte actuel des choses, je ne sais pas ce que l’avenir nous réserve.»

Les échos du Granby inc.

Chez Commerce Tourisme Granby et région (CTGR), la codirectrice, Fanny-Ysa Breton, a commenté le possible venu de Costco sous une perspective plus globale.

«Nous savons que l’arrivée d’un géant comme Costco suscite des inquiétudes au sein des commerçants. En revanche, par le passé, l’implantation de telles bannières dans d’autres municipalités a laissé entrevoir plus de positif que de négatif. Aussi, le fait d’aller chez Costco incite les consommateurs à acheter ailleurs dans divers secteurs. Sous cet angle, le fait d’avoir un Costco ici gardera notre clientèle ici.» Affirme la codirectrice de l’organisme, ce qui est en cohérence avec les témoignages recueillis auprès des différents acteurs du milieu.

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