Démystifier la dysphorie de genre dans les écoles pour sensibiliser 

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Par Abdennour Edjekouane
Démystifier la dysphorie de genre dans les écoles pour sensibiliser 
(Photo : exels-Lisett Kruusimäe.)

COMMUNAUTÉ. Si Divers-Gens, un organisme d’éducation, de sensibilisation, de démystification et d’entraide sur les enjeux LGBPTQIA2+, a décidé d’accueillir les moins de 14 ans dans son organisme, c’est parce que la demande des écoles, des parents et des jeunes pour des services d’accompagnement ne cesse d’augmenter. 

« Le besoin est venu, car les familles voulaient nous rencontrer, parce qu’ils avaient des enfants en bas de 14 ans qui voulaient être accompagnés. C’était vraiment un besoin exprimé par les parents, les jeunes et même les ados à l’école qui nous disaient qu’ils auraient aimé avoir ce genre de service étant plus jeune », indique Cédric Champagne, coordonnateur au sein de Divers-Gens. 

Une quinzaine d’ateliers ont déjà été donnés par Divers-Gens dans les écoles primaires, et une quinzaine d’autres le seront avant la fin de l’année dans le cadre du projet Hippocampe, une initiative « d’éducation et de sensibilisation qui cherche à contribuer au changement de la société en abordant les questions de stéréotypes de genre, d’égalité et de diversité sexuelle et de genre auprès des jeunes et des adultes. » 

La situation n’est pas toujours facile pour les membres de cet organisme qui travaillent avec les moins de 14 ans, car un consentement parental est souvent requis pour effectuer un suivi avec les jeunes de cette tranche d’âge. » La première chose qu’on fait quand des jeunes en bas de 14 ans nous sollicitent est de contacter les parents pour leur expliquer le besoin et la situation. Nous travaillons également avec les intervenants scolaires, qui font des rencontres individuelles avec les jeunes. » 

Malgré des cas de parents réticents, Cédric Champagne assure que dans la plupart des cas, les parents ont à cœurs le bien-être des enfants. « On ancre le message avec cette notion et on leur explique que nous ne sommes pas là pour convaincre les enfants d’être transes ou pas, mais plutôt de les accompagner pour se poser les bonnes questions et comprendre ce qu’ils veulent. C’est donc rare que les parents soient réfractaires, car ce qu’ils désirent c’est que leurs enfants soient bien et fassent les meilleurs choix dans leur vie. » 

Pour les enfants vivant cette réalité, les désagréments ne viennent pas que de l’entourage, mais également des camarades dans les cours d’école, ou une hausse des actes homophobes et transphobes a été constatée. « L’expérimentation n’est pas nécessairement facile dans ce milieu. Ce ne sont pas toujours des actes d’agressions, mais ça va souvent être des commentaires désagréables. Heureusement, la majorité des jeunes ont des réseaux d’amis qui les soutiennent », mentionne le coordonnateur.

Malgré qu’on se dirige vers la bonne direction avec la libération de la parole de ces dernières années, Cédric Champagne croit que beaucoup de choses restent encore à accomplir pour atteindre une certaine égalité, notamment faciliter l’accès aux soins de santé (hormonothérapie et chirurgie) et faciliter certains processus, comme celui qui permet de changer légalement le prénom et le pronom dans les écoles. « Il y a aussi toute la partie socialisation des jeunes, pour leur permettre de rencontrer d’autres jeunes qui vivent leur réalité. C’est pour ça que nous travaillons dans l’optique de mettre en place des groupes de discussion, sois virtuels ou présentiels en dehors de la structure de l’école. »

Pour les intervenants de Divers-Gens, il s’agit de continuer de démystifier le phénomène de dysphorie de genre et de continuer d’en parler pour sensibiliser. « On mise beaucoup sur l’éducation, on croit que quand une personne est éduquée, comprend mieux la réalité, elle va avoir moins tendance à juger et commettre des actes de discrimination. »

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