Divorce entre les mentors et la chambre de commerce

Par Ugo Giguere

MENTORAT. L’union aura duré 13 ans. Créée en 2001 par la Chambre de commerce Haute-Yamaska et région (CCHYR), la cellule de mentorat tourne le dos à l’organisme. À la suite d’un vote des mentors, le Réseau M, auquel ils sont affiliés, a mis fin à son entente avec la CCHYR, a appris GranbyExpress.com.

Au dire de la chef mentor Marie-Claire Goyette, le principal point de divergence serait l’obligation des mentorés à détenir une carte de membre de la chambre de commerce. «On est la seule cellule au Québec qui oblige les mentorés à être membres d’un organisme pour bénéficier des services. Pour nous, il faut une plus grande accessibilité», dénonce-t-elle.

Une préoccupation de longue date de la cellule mentorale qui ne trouverait pas d’écho à la chambre. «Il n’y avait pas beaucoup d’ouverture», résume Mme Goyette.

Une position que ne nie pas la directrice générale Céline Gagnon. «On considère que les mentorés sont souvent en démarrage d’entreprise, ils ont besoin de formation, de services et d’occasions de réseautage. On considère que la chambre est le meilleur endroit pour favoriser les affaires et c’est pour ça qu’on oblige les mentorés à être membres», justifie-t-elle.

Ex-chef mentor et ex-président de la Chambre de commerce, Michel Rouillard croit que l’obligation ne rend pas service. «Ce n’est pas évident pour quelqu’un qui se lance en affaire de payer une cotisation en plus des frais pour le mentorat», ajoute-t-il. Une facture annuelle d’environ 400$ pour une petite entreprise.

Trois conditions

Selon des copies de courriels obtenus par GranbyExpress.com d’une source qui tient à ne pas être identifiée, il semble que d’autres facteurs auraient pesé dans la balance.

Dans une missive adressée à Me Julien Cabannac, président ex-officio de la CCHYR, les mentors citent trois conditions essentielles dont deux touchent «l’autonomie de la cellule» et le rôle de la coordonnatrice du mentorat.

Des notes de réunion et des courriels échangés entre mentors font état d’une mésentente sur la hiérarchie à respecter et les rôles de chacun. Il semblerait que l’ingérence de la directrice générale et de la coordonnatrice embauchée par la chambre de commerce ne plaise pas aux mentors.

«Depuis le 1er janvier, il y a une nouvelle coordonnatrice et une nouvelle chef mentor. Il semblerait que la Chambre de commerce ait profité de ces changements pour changer les règles du jeu», confirme Michel Rouillard.

Pourtant, le Réseau M et la CCHYR ont renouvelé leur entente pas plus tard qu’en avril dernier. À peine quelques semaines plus tard, le climat s’est détérioré. À la suite d’une réunion des deux parties tenue le 23 mai, une proposition conjointe visant à régler le conflit a été adoptée.

Cette proposition a cependant été rejetée par le conseil d’administration de la Chambre. «Dans mon for intérieur, je souhaitais que la Chambre de commerce fasse les compromis nécessaires pour qu’on puisse rester. Le conseil d’administration a choisi de façon démocratique de ne pas broncher sur ses positions», confie un Michel Rouillard déchiré entre les deux organismes qu’il a présidés.

Entente avec le CLD?

Des informations obtenues par GranbyExpress.com indiquent que le nouvel organisme porteur auquel se joindrait la cellule de mentorat serait le Centre local de développement de la Haute-Yamaska. Une nouvelle que n’a pas voulu confirmer la chef mentor Marie-Claire Goyette.

«On veut aider les entreprises de la région, alors c’est sûr qu’on va rester sur le territoire de Granby. On a une bonne idée de l’organisme avec lequel on veut travailler, mais je ne peux rien annoncer pour le moment», a-t-elle commenté.

Service de mentorat maintenu

Malgré le départ de plusieurs mentors seniors et la perte de son accréditation avec le Réseau M, la Chambre de commerce maintient son service de mentorat. «On va poursuivre avec ceux qui veulent rester. Il y a toujours des blessures dans un divorce et on veut repartir sur une base positive», souligne Céline Gagnon.

Une quinzaine de mentors auraient signifié leur désir de demeurer avec la CCHYR. «C’est un service qui nous tient à cœur et on ne laissera pas tomber les entrepreneurs», ajoute-t-elle.

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