Des «écomatériaux» développés au CITÉ de Granby

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Par Eric Patenaude
Des «écomatériaux» développés au CITÉ de Granby
L'annonce d'une contribution au CITÉ de Granby s'est faite en présence de plusieurs représentants. Sur la photo, de gauche à droite, Mathieu Robert, directeur scientifique au CITÉ, Saïd Elkoun, professeur au département de génie mécanique à l'Université de Sherbrooke, Pierre Breton, député de Shefford, et Patrik Doucet, doyen de la Faculté de génie à l'Université de Sherbrooke. (Photo : GranbyExpress-Éric Patenaude)

RECHERCHE. Des écomatériaux à base de pelures de carottes et de polymères recyclés. C’est possible en 2018. Les deux centres de recherche et de transfert de technologies de l’Université de Sherbrooke, le 3IT de Sherbrooke et le Carrefour d’innovation en technologies écologiques (CITÉ) de Granby en font leurs spécialités grâce à leur savoir-faire. Une expertise reconnue qui leur a valu ce matin l’octroi d’une contribution de 600 000 $ de Développement économique Canada.

Avec ces fonds,  le 3IT (500 000 $) et le CITÉ (100 000 $) pourront poursuivre leurs études sur le développement d’écomatériaux et de bioplastiques. À Granby, les fonds reçus du fédéral serviront à faire l’acquisition d’équipements de pointe, le dernier maillon manquant à la chaîne de recherche du CITÉ.

«Cette extrudeuse (machine prochainement acquise), c’est un appareil avec deux vis qui tournent et qui permet d’élaborer, à parti de l’état fondu, des matériaux. Nous, on va sortir des mélanges de matériaux avec des propriétés un peu particulières», a expliqué Saïd Elkoun, directeur scientifique au CITÉ et professeur au département de génie mécanique à l’Université de Sherbrooke.

L’utilisation des déchets

Dans le domaine des technologies propres, les avancées scientifiques progressent et les percées technologiques du CITÉ en sont un bel exemple. «Ces matériaux vont être faits à partir de déchets de pommes de terre, de carottes, de fibres de lin, de fibres de chanvre ou d’asclépiade et mélangés à des polymères recyclés. Ces mélanges vont pouvoir être fournis aux entreprises qui vont mouler des pièces», a mentionné le professeur Elkoun.

Comme le CITÉ dispose déjà de la technologie issue des recherches des chercheurs et des étudiants en maîtrise et au doctorat, il ne lui manquait qu’un équipement de production à petite échelle pour matérialiser la matière première.

L’appareil convoité par le CITÉ devrait se retrouver dans les locaux du centre de recherche, de la rue Bernard, d’ici le 31 mars prochain.

Selon M. Elkoun, le développement d’écomatériaux profitera à bien des joueurs de l’industrie de la plasturgie, de l’emballage et de l’automobile. «L’emballage, c’est un très grand consommateur de matière plastique. On va pouvoir offrir des plastiques, des composites, mais avec une quantité de matériaux bioressourcés de plus en plus importante. Donc quelque chose qui est renouvelable et qui est issu de nos déchets.»

Actuellement, une dizaine d’étudiants s’affairent à développer des écomatériaux au CITÉ. Ce nombre pourrait grimper à une quinzaine dans un avenir rapproché, a indiqué le directeur scientifique du CITÉ.

Heureux de l’annonce, le député de Shefford, Pierre Breton, a réitéré les actions prises par son gouvernement en matière d’économie innovante lors du point de presse. «En aidant les PME à devenir plus novatrices et concurrentielles, nous préparons les Canadiens aux emplois d’aujourd’hui et de demain», a affirmé le parlementaire.

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